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Analyse sociale et politique
   Accueil            24.08.2012 - La bêtise humaine n'a pas de limites

La bêtise humaine n’a pas de limites

Une affirmation avec laquelle nous pourrions décrire la présente campagne électorale québécoise.  Depuis le début de cette mascarade démocratique, c’est à celui ou celle qui feraient les déclarations les plus tonitruantes. Les médias se plaisent à nous les rapporter, à nous les montrer.

Mais sur une autre scène se joue un scénario encore plus loufoque.  Les grands bonzes du hockey professionnel nord-américain s’affrontent pour se disputer les centaines de millions de dollars que les amateurs dépensent pour le spectacle qui est souvent d’une qualité médiocre.

Que cela ne tienne, c’est à ceux qui nous feraient payer encore plus. En bout de ligne, c’est toujours l’amateur qui paie la note  en assistant à une partie ou en étant privé de cette drogue télévisuelle. Tous les sports professionnels nous ont fait le coup depuis que ces pauvres athlètes ou ces propriétaires trop gourmands s’arrachent les dollars des partisans.  Et ceci n’est pas seulement vrai chez nous.  Le soccer mondial nous en donne aussi une belle illustration.

Nous décrions régulièrement les écarts de revenus entre les simples travailleurs et les dirigeants des entreprises : écarts qui se creusent d’une façon démentielle.  Mais nous semblons trouver raisonnables ces écarts entre les gladiateurs sportifs : athlètes, propriétaires et les simples amateurs.  Nous décrions à l’occasion les salaires de certains professionnels de la santé. Mais qu’un "pousseux de puck" ou  "qu’un frappeur de home run" gagne 20, 30, 40, 50 fois le salaire d’un médecin ou du premier ministre. Bof…  Et que ces mêmes athlètes gagnent 200, 300, 400, 500 fois le salaire de leurs admirateurs.  Re-Bof… Notre échelle des valeurs est ainsi faite.

Les Québécois sont des inconditionnels du sport et de la politique. Ils étaient, il n’y a pas si longtemps, aussi des inconditionnels religieux, des extrémistes pourrions-nous dire. La religion fait maintenant partie du folklore et n’excite plus que quelques personnes.  La politique est devenue une grande tricherie et a créé la grande désillusion  des populations.  Le monde du sport s’auto–détruit et s’acharne à créer un semblable vide. 

Les Québécois auront alors perdu les trois sources de leurs traditionnels débats.  La religion et ses dérives resteront le sujet préféré d’un maire. L’éventuelle rivalité Québec-Montréal, au hockey, est le rêve d’un autre maire.  La politique restera la chasse gardée de certains charlatans et d’apprentis sorciers.  Il nous restera qu’à débattre des futiles affrontements d’un quelconque Star Académie ou des entrevues complaisantes de Tout l’monde en parle. En plus d’être malade, nous devenons séniles et nous continuerons à décrier la jeunesse revendicatrice qui met nos acquis en danger.

Le monde est malade, il est à la recherche constante de ses intérêts, de son plaisir et de sa satisfaction personnelle.  Il se croit le centre de l’univers : "Après moi, le déluge",  disait Madame de Pompadour.

Nous avons les connaissances pour aller sur la Lune, sur Mars.  Nous pouvons trouver la manière de construire des ordinateurs minuscules. Nous inventons des remèdes pour guérir des maladies mortelles.  Mais nous sommes incapables de limiter la bêtise humaine.  Notre incapacité à limiter nos sottises ne fait que confirmer la différence entre le génie et la bêtise, c’est que le génie a des limites.

Continuons à déblatérer contre les écarts grandissants entre les pauvres et les nantis.  Continuons à nous désillusionner de nos politiciens qui nous promettent tous des lendemains qui chantent. Mais que la saison de hockey soit au rendez-vous à l’automne.  Il en va de la santé mentale de toute une population. Notre ami Jules, ne disait-il pas "Du pain et des jeux". C’était un besoin fondamental pour les Romains dont nous sommes les descendants. (B.F. - Le 24 août 2012)