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Analyse sociale et politique
   Accueil            24.07.2012 - “Démocratie pour rire“ - un nouveau festival

Démocratie pour rire : un nouveau festival

Tous les livres de sociologie décrivant la démocratie, système dans lequel nous vivons,  nous le disent.  La démocratie est contrôlée par le peuple : c’est-à-dire le commun des mortels que nous sommes. Par le vote que nous faisons, à période plus ou moins régulière, nous élisons nos représentants lors d’élections au suffrage universel.  Telle est la théorie. Des peuples, ailleurs sur la planète, se battent pour l’obtention d’une telle façon de faire.  Des milliers de personnes  se font tuer pour ce droit : l’actualité nous en fait la démonstration à tous les jours.

Si nous nous en limitons à la réalité canadienne ou québécoise, force est de constater que ce droit n’est plus une de nos grandes préoccupations. La désillusion et le désenchantement de la population envers la classe politique qui nous gouverne ont dénaturé notre confiance envers les élus qu’une MINORITÉ de la population se plait à élire.

Dans les 40 dernières années, le taux de participation aux différentes élections fédérales a dégringolé de 76,7% en 1972 à 58,85% en en 2008.  Au Québec, la chute est plus grande de 85,25% en 1976 à 57,43% en 2008. Au niveau municipal, les dix plus grandes villes du Québec n’ont pas dépassé un taux de 40% lors des dernières élections.  Les élections, au niveau scolaire, atteignent rarement les 8% et les élections dans le réseau de la santé et des services sociaux québécois chatouillent l’anémique 1%.

Se faisant, la population est gouvernée par un petit groupe d’individus qui s’amusent entre eux et dont les inégalités sociales sont le moindre de leurs préoccupations de tous les jours. 

La saison estivale, au Québec, c’est une multitude de festivals, dont le Festival de jazz, le Festival Juste pour rire à Montréal, le Festival d’été à Québec, le Festival Country du porc à l’Ange-Gardien, le Festival de la poutine à Drummondville, le Festival de la Galette de Sarrasin à Louiseville.

Pour l’Été 2012, un nouveau festival devrait voir le jour: le Festival électoral du Québec, planifié par notre premier ministre québécois.  Festival qui devrait durer plus ou moins cinq semaines  Nous pouvons présumer que cette nouvelle facétie ne fera rien pour augmenter le taux de participation de la population.   Pourtant les Québécois fréquentent passionnément la saison des festivals au Québec.   Mais le Festival électoral du Québec ne semble pas enchanter la population qui voit dans cette finasserie une tentative de camoufler un bilan peu reluisant et une opération plus démagogique que démocratique.  La démocratie ayant le dos large, c’est une nouvelle tentative de la trafiquer pour la caricaturer encore plus. La classe politique disqualifie depuis trop longtemps le processus électoral, le système démocratique.

Plusieurs personnes en sont rendues à croire que c’est ainsi que ça doit se dérouler.  Promesses et engagements farfelus, distribution de subventions à tout vent, nominations partisanes, un pont, un bout de route, un CHSLD, un re-nouveau CHUM et pourquoi pas une rivière pour le pont… nous voilà plongé dans le Festival  électoral du Québec. C’est la démocratie pour rire :  et c’est pas parce qu’on rit, que c’est drôle.

Durant ce temps, nous nous permettons de donner des leçons de démocratie en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie.  Et certaines personnes bien-pensantes s’offusquent que la jeune génération descende dans la rue et joue de la casserole. 

Écouter ces mêmes personnes bien-pensantes qui tentent de nous convaincre du bien-fondé démocratique du Festival électoral Été 2012 du Québec, “c’est reconnaître que la démocratie est un système qui garantit que nous ne soyons pas gouvernés mieux que nous le méritons“ a déjà dit George Bernard Shaw.  (B.F. – Le 24 juillet 2012/La Voix de l'Est - Le 30 juillet 2012)