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Analyse sociale et politique
   Accueil            24.01.2012 - La Madame est sûrement contente aussi

La Madame est sûrement contente aussi

Monsieur François Bonnardel, le député ADQ-CAQ de Shefford à Québec est content.  Monsieur Gérard Deltell, ancien chef de l’ADQ est content.  Ils ne sont pas nombreux, mais 70% des membres de ce qu’était l’ADQ sont contents.  Les anciens députés de l’ADQ sont contents.  Les quelques autres députés transfuges, vire-capots et girouettes sont aussi contents. Monsieur François Legault, le chef de cette coalition hétéroclite est sûrement content aussi.  Il est maintenant le chef d’un parti aspirant au pouvoir : tout ça en l’espace de quelques lunes.  Il ne lui reste plus qu’à vendre son invention et cette tour de Babel aux Québécois. 

Comme les Québécois l’ont démontré, il n’y a pas si longtemps, ils sont imprévisibles et volatiles.  En plus ou moins 25 ans, ils ont été libéraux, bloquistes, progressistes conservateurs, péquistes, conservateurs, adéquistes, néo-démocrates.  Ils ont adulé Brian Mulroney, Jean Chrétien, Lucien Bouchard, René Lévesque, Robert Bourassa, Jean Charest, Mario Dumont, Jack Layton, Stephen Harper.  Ils détestent aussi intensément : Jean Charest, Stephen Harper, Stéphane Dion, Michael Ignatieff, Pauline Marois, passent ou sont passés dans la moulinette.

Mais revenons à Monsieur Bonnardel, notre député ADQ-CAQ à Québec,  qui déclarait à La Voix de l’Est, le 23 janvier dernier; “Pour moi, c’est une continuité et non une rupture“.  Faut-il nous et lui rappeler  qu’à son entrée en politique, il défendait bec et ongles l’abolition des commissions scolaires, la privatisation du réseau de la santé, un État moins interventionniste : c’était la belle époque de l’ADQ, LE parti populiste de droite.  Aujourd’hui, il se retrouve membre d’un parti du centre, que certains commentateurs font pencher quelque peu vers la gauche; où l’abolition des commissions scolaires, la privatisation du réseau de la santé et un État moins interventionniste ne sont pas à l’ordre du jour.  Au mieux, comme l’a déclaré à maintes reprises Monsieur Legault “… on verra“.

Faut-il lui rappeler la définition des mots.  La continuité : c’est le caractère de ce qui est ininterrompu, permanent, persistant, constant, régulier, c’est la continuation. La rupture : c’est  le fait de casser, cassure, déchirure, fracture.  Affirmer comme il l’a fait que son engagement politique s’inscrit dans la continuité; c’est dire n’importe quoi et son contraire.  Il semble naviguer  dans les doubles normes et dans le marchandage des convictions. Ses réelles convictions politiques et son engagement politique se conjuguent-ils au passé, au présent ou au futur ?  Qui est le vrai François Bonnardel  ?  Celui qui a été recruté par Mario Dumont ?  Celui qui a été l’allié et le lieutenant de Gilles Taillon ?  Celui qui a été le supporteur inconditionnel de Gérard Deltell ?  Ou celui qui se joint au parti de François Legault ?  Allez savoir…

Par contre, les électeurs du comté de Shefford ont connu ce style d’individu :  Libéral le jour de l’élection, Bloquiste plus tard. Ou encore, Progressiste-conservateur le jour de l’élection, Libéral plus tard.  Jamais deux sans trois, dit le dicton… nous y sommes.

Après ça, ces mêmes individus se demandent les causes de la désillusion grandissante des citoyens envers la classe politique. On ne peut refuser à un individu d’évoluer, de changer d’opinions, mais la rigueur intellectuelle demande de ne pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards de bois. 

Monsieur Legault qui se veut innovateur dans la solution des problèmes du Québec et qui souhaite insuffler un dynamisme à la politique québécoise devra surveiller de près ce courant populiste de droite qui risque de faire dérailler ses belles ambitions.  Les querelles idéologiques ne sont pas seulement la panacée du Parti Québécois.  Les prochains mois nous le démontreront.  (B.F. – Le 24 janvier 2012/La Voix de l'Est - Le 25 janvier 2012)