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24.01.2010 - Bienvenue à Harperland

Mercredi le 20 janvier 2010, Rima Elkouri, journaliste à La Presse a écrit une chronique s’intitulant Bienvenue chez nous, mais restez chez vous.  Chronique dans laquelle est décrit l’incohérence et l’hypocrisie du gouvernement conservateur de monsieur Stephen Harper face aux mesures spéciales devant faciliter l’immigration des haïtiens qui souhaitent trouver refuge au Canada.   Après avoir vécu un tremblement de terre, ils devront subir la bureaucratie du ministère canadien de l’Immigration.  Deux séismes à affronter coup sur coup.  Ils ne méritent pas ça.

Les palabres de messieurs Harper, Cannon et Kenney ne font que démontrer l’énorme trou béant entre le verbe et l’action de ce gouvernement.    Ils promettent, lors d’un point de presse, un traitement prioritaire et accéléré, tout en conservant dans les faits les mêmes exigences d’une demande normale d’immigration.  Selon la journaliste, le ministre Kenney ne peut même pas dire dans combien de temps arrivera le premier haïtien bénéficiant de cette soi-disant autoroute. 

Le Canada, en d’autres temps, a ouvert ses portes aux plus démunis : que l’on pense aux “boat people“ du Vietnam des années 1970, aux réfugiés kosovars en 1999 ou  aux victimes du tsunami en 2004.  Comme nous le disons en latin, à ces époques, il y avait un “fast track“ pour faciliter l’accueil des victimes de ces tragédies humaines : accueillons et nous poserons les questions par la suite.  Mais pour les haïtiens, qui sont dans notre cours arrière, on s’en tient aux contrôles de sécurité, aux examens médicaux obligatoires et à toute la paperasserie bureaucratique; c’est ce que nous appelons parler des deux côtés de la bouche.  Et le titre de la chronique de la journaliste reflète très bien l’ouverture de ce gouvernement très conservateur.

Les canadiens et les québécois, par l’injection de deniers publics, notre argent quoi,  souscrivent   aux mesures d’urgence.  La population canadienne et québécoise, à titre privé, souscrivent des sommes massives pour venir en aide à la population haïtienne.  Des centaines de canadiens et de québécois, dans le quotidien, accompagnent les sinistrés haïtiens : ils donnent temps, énergie, émotions pour aider un peuple qui depuis plus de deux cents ans est escroqué et rançonné.

Durant ce temps, certains politiciens, qui ont sûrement échoué leur cours de “socio 101“  à la petite école, s’assoient sur la Loi, “bureaucratisent“ l’aide, se cachent derrière des problèmes de logistique.  Ils ne semblent pas comprendre la signification du mot URGENCE.  Comme le souligne plusieurs commentateurs et intervenants, lorsqu’il survient une situation exceptionnelle, ça nécessite des mesures exceptionnelles; mais pas à Harperland.

Souvenons-nous de la crise du verglas en 1998, qui n’avait aucune commune mesure avec la tragédie haïtienne actuelle, s’il avait fallu que monsieur Lucien Bouchard, alors premier ministre du Québec, se cache derrière la logistique, la bureaucratie et une loi quelconque, il est fort à parier que nous serions encore dans le noir.

Samedi le 23 janvier 2010, nous avons fêté un triste anniversaire.  En effet, ça faisait quatre lancinantes et pénibles années que nous subissions des gouvernements conservateurs minoritaires.  Gouvernements qui ont changé, pas pour le mieux, la face du Canada tant au niveau national qu’au niveau international.  Et pour fêter cet anniversaire, notre digne émule de George W., dans une allocution à son caucus des députés, vendredi le 22 janvier,  vantait comme réussite principale de ses années à la tête du pays d’avoir resserré les législations touchant la Loi et l’Ordre. 

La Loi et l’Ordre étant les dadas de notre premier ministre  “canadian“ on comprend mieux  sa promesse d’ouvrir une porte aux  sinistrés haïtiens tout en installant quelques pitbulls sur le portique.  Ainsi se comporte ce gouvernement néo-conservateur.  Ça ressemble à un chef et à un parti qui sévit sous d’autres cieux de la francophonie. La bêtise est universelle, Bienvenue chez nous, mais restez chez vous, comme l’écrit si bien Rima Elkouri.  (B.F. – Le 24 janvier 2010)

Source

http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/rima-elkouri/201001/20/01-940936-bienvenue-chez-nous-mais-restez-chez-vous.php

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http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/rima-elkouri/201001/22/01-941749-les-refugies-les-toutous-et-les-tatas.php