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Analyse sociale et politique
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23.10.2010 - La droite libératrice, pour qui ?

Les partis de gauche, les méchants syndicats, les interventions de l’État, les fonctionnaires, entre autres, seraient les principaux responsables des déboires économiques et financiers que nous subissons présentement.  Selon les nouveaux apôtres et leurs disciples, la droite elle, saura faire beaucoup mieux.  La droite libèrera les pauvres citoyens que nous sommes des malédictions que nous vivons depuis trop longtemps.  Et le mouvement prend une ampleur qui frise la schizophrénie.

Plusieurs pays : l’Islande, la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, pour ne nommer que ceux-là, frôlent la faillite. La France s’embourbe dans une désorganisation bien organisée. L’Angleterre fait face à des mesures de compressions dignes des années Thatcher.  Les États-Unis surnagent plus mal que bien. 

À ce que je sache, ces pays ont  vécu plus souvent qu’autrement sous l’emprise et les dictats émanant de la droite bien pensante représentée par des banques magouilleuses, des financiers crapuleux, des industriels profiteurs, des politiciens véreux et des actionnaires obnubilés par des profits démentiels.  Tout ce beau monde formé ou influencé par la pensée unique du modèle capitaliste.

Tous ces représentants de la droite bien pensante capitaliste de Thatcher à Reagan en passant par les Enron, Madoff, Lacroix, Jones, Goldman Sachs de ce monde ont exploité des personnes et des états à partir du modèle capitaliste.  Tout ce beau monde n’émane pas des facultés des sciences sociales des universités et n’était pas des pelleteurs de nuages gauchisants.

Tout ce beau monde n’avait qu’une seule devise “après moi le déluge“.  Force est de reconnaître que le déluge s’est transformé en tsunami, qui à son tour  s’est transformé en des faillites retentissantes.  Tous ces gâchis inspirés par la pensée et l’idéologie de la droite bien pensante qui veut nous refaire le coup.

Claironner que les partis de gauche, que les méchants syndicats, que les interventions de l’État et que les fonctionnaires sont la cause des cataclysmes actuels, c’est entretenir une trompeuse illusion.  C’est prendre la population pour une bande de crétins.

L’argent est là, mal distribué.  Les ressources sont là, mal développées.  Les compétences sont là, mal dirigées.  Les connaissances sont là, mal planifiées.  L’information est là, mal diffusée.  Et les apôtres de tantôt veulent nous convaincre qu’en faisant plus avec moins nous atteindrons la sérénité absolue.  C’est cultiver l’ignorance et l’irresponsabilité.  C’est semer les germes de l’affrontement et de la dégradation du tissu social.  Ce qui fait en bout de ligne leurs affaires.

C’est une évidence qu’il y a des ratés dans l’évolution des sociétés modernes.  Mais s’imaginer que les vieilles recettes mises à jour sauront corriger ces mauvais fonctionnements, c’est leurrer la population, c’est du rafistolage. C’est appâter une population pour  mieux l’arnaquer plus tard.  Les démonstrations ne sont plus à faire, nous en vivons les conséquences depuis trop longtemps.

Pour régler un problème, il y  en a, il faut avant tout exposer clairement “la problématique“, convier tous les partenaires à participer à la démarche de réflexion qui aboutira ultimement à la solution,  Oui, ça prendra plus de temps et la réponse n’est peut-être pas celle prévue. 

Au Québec, pour nous en limiter à notre univers, rares sont les politiciens à l’exception de Lesage et Lévesque,  qui ont joué le jeu.  Selon certains penseurs, nos politiciens actuels sont trop paresseux pour s’inscrire dans une telle démarche. 

La lucidité c’est bien, mais en ajoutant une bonne dose de solidarité nous pouvons  définir une nouvelle façon de faire.  Mais le voulons-nous ?  (B.F. – Le 23 octobre 2010/ La Voix de l’Est – Le 25 octobre 2010)