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Analyse sociale et politique
   Accueil            23.06.2012 - Le 22 juin 1960 - “Je me souviens“

Le 22 juin 1960 - “Je me souviens“

J’étais jeune adolescent et un vent de changement a soufflé sur le Québec.  “C’est une victoire merveilleuse, une victoire pour les jeunes qui sont libérés du manque de sécurité face à l’avenir“.  Ce fut les premières paroles du nouveau premier ministre du Québec, celui qui est considéré comme le Père du Québec moderne, celui qui symbolise le début de l’ère du changement pour un Québec qui venait de subir  16 ans d’une Grande Noirceur.

Le 22 juin 1960, c’était l’arrivée au pouvoir de l’équipe du tonnerre disait  le slogan.  Équipe comprenant René Lévesque, Paul Guérin-Lajoie, Paul-Émile Lapalme, en plus de Jean Lesage qui lui avait fait son apprentissage dans le gouvernement de Louis Saint-Laurent à Ottawa : les “4 L“ disait aussi un autre slogan de la campagne électorale de 1960.

Durant les deux mandats des Gouvernements Lesage, le Québec a fait son entrée dans la modernité  marquée par la réforme de l’éducation, la nationalisation de l’électricité, la création d’une  économie purement québécoise, la création de l’État du Québec, la naissance du mouvement souverainiste, la création d’une fonction publique indépendante d’une “partisanerie politicailleuse“: l’époque où les Canadiens-français sont devenus des Québécois.  C’était il y a 50 ans…

Cet élan donné par les gouvernements Lesage fut bonifié au fil des années par certains autres gouvernements :  Daniel Johnson, père,  poursuivit les réformes; les gouvernements de René Lévesque fit naître le “Québec Inc.“ et la protection de la langue française. Sous les gouvernements de Robert Bourassa, les réformes de la santé et de la sécurité du revenu virent le jour.

Ces quelques premiers ministres ont inspiré une population.  Ils ont tracé une voie que certains aimeraient aujourd’hui rétrécir.  En cette période de la Fête Nationale du Québec, une remémoration de notre Histoire s’impose.  Lysiane Gagnon dans sa chronique du 23 juin 2012 dans La Presse lance un appel urgent à nous réapproprier notre Histoire qui au fil du temps a été éliminée des programmes scolaires, tout comme la littérature et la philosophie.  La culture, c’est maintenant Starbuck, Star Académie et autres facilités du genre. 

Depuis 50 ans, le Québec a su s’affirmer sur le plan social, culturel et économique.  Qu’il faille réajuster certains éléments de notre actif, ça ne fait pas de doutes.  Qu’il faille redéfinir certaines orientations, c’est une évidence.  Qu’il faille moderniser certaines structures, nous devons nous y consacrer temps, énergie et passion.  Pour se faire, il est indispensable de confier cette tâche à des personnes et des gouvernements qui s’inscriront dans l’Histoire, qui auront une vision dynamique de l’avenir.

Edmund Burke, parlementaire britannique, déclarait en 1791 à propos du Bas-Canada qui est le Québec d’aujourd’hui : “Toute tentative d’unir des peuples si différents par les lois, la langue et les manières est hautement absurde; et le fait d’unir les vainqueurs aux vaincus ne peut que susciter des sentiments désagréables et des distinctions fondées sur l’envie. Une telle mesure équivaut à semer les graines de la discorde”.

Tout comme Robert Bourrasa l’a dit dans son mémorable discours, nous pouvons conclure : “Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement“.

Pour y arriver et  maintenir le Québec comme société moderne, il faut éviter de confier la gouvernance de NOTRE ÉTAT à n’importe lequel charlatan, apprenti sorcier ou politicailleur.  Et surtout de relire notre Histoire pour ne pas sombrer dans une autre grande noirceur.  L’actuelle crise sociale nous en donne la possibilité et cela dépasse les simples droits de scolarité, si importants soient-ils.   (B.F. – Le 23 juin 2012/La Voix de l'Est - Le 28 juin 2012)