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Analyse sociale et politique
   Accueil            23.03.2011 - Faites ce que je dis, et non ce que je fais

23.03.2011 - Faites ce que je dis, et non ce que je fais

C’est ainsi que nous pourrions décrire les  agissements de notre premier ministre “canadian“ et de son équipe depuis 2006. Il avait promis intégrité, rigueur, transparence.  Vous vous souvenez, du temps où il accusait les différents gouvernements libéraux, entre autres, de traficoter les fondements de la bonne gouvernance, de paqueter le Sénat de petits copains du régime, de commanditer n’importe quoi et n’importe qui, d’abuser des nominations partisanes.  LUI, une fois élu, saurait mettre fin à toutes ces pratiques douteuses et scandaleuses, il laverait plus blanc que blanc.  Que d’illusions perdues depuis : de Maxime Bernier à Bev Oda, il a plutôt démontré une facilité à cultiver la confusion, les embrouillaminis, les intrigues.  Il a transformé l’univers politique canadien  en un “one man show“ digne d’un burlesque de mauvais goût où il mélange la grandeur de la fonction avec la petitesse des actes. 

Morale et éthique sont des mots qui reviennent régulièrement dans la bouche de nos acteurs de la scène politique.  Nous pourrions affirmer, comme l’a déjà dit Michel C. Auger, que les contrôles de qualité ne sont plus ce qu’ils étaient jadis.  Les normes et les standards sont à la baisse sur la scène politique  fédérale, provinciale et municipale. 

Faut-il rappeler à notre premier ministre “canadian“ qui sera sur la scène électorale bientôt que la morale en politique, c’est d’abord une question d’intégrité des représentants élus du peuple.  Ils sont là parce que nous leur avons confié le soin d’exercer, en notre nom, le pouvoir de gouverner.  Ils sont nos mandataires.  Ils doivent agir avec probité, honnêteté, désintéressement, équité.  Il ne faut pas seulement retrouver ces caractéristiques dans les manuels de science politique, mais dans toutes les actions quotidiennes de nos élus.  Si nos apprentis politiciens sont incapables de jouer un tel rôle, ils n’ont qu’à passer leur tour et  laisser la place à d’autres.  À moins que nous soyons, comme société, rendus à confier cette noble responsabilité à des charlatans et à des bonimenteurs.

L’éthique est l’autre thème faisant les manchettes depuis trop longtemps et qui fait saliver la classe politique. Retenons une définition simple : l’éthique est un ensemble de règles et de devoirs qui doivent régir la bonne conduite des personnes qui exercent une fonction dans la société. C’est un ensemble de valeurs qui rendent la communauté humainement vivable.  L’éthique est la sœur jumelle de la morale.

Pour reprendre ce qu’un philosophe a déjà écrit : “la morale est ce que l’on fait par devoir et l’éthique est tout ce que l’on fait par amour“.

… Et ma nuit se termina tout doucement, enveloppé dans les bras de Morphée.  À mon réveil, je me suis dit que j’étais un idéaliste et un grand naïf : je persiste et je signe.  Je me dis qu’un jour ou l’autre, la situation se redressera : la nature ayant horreur du VIDE.

… Et en écoutant mon premier bulletin de nouvelles ce matin-là, j’apprenais que la scintillante “Équipe Harper“, donc le gouvernement qui nous représente et qui nous dirige était accusé d’outrage au Parlement.  Retenons que le dictionnaire nous donne la définition suivante du mot outrage : “ce qui outrepasse les bornes en fait d’offense, d’injure“ ou “délit par lequel on met en cause l’honneur  d’un personnage officiel dans l’exercice de ses fonctions“.  Machiavel a déjà dit que ce n’était pas le titre qui honorait l’homme, mais plutôt l’homme qui devait honorer le titre. 

Le VIDE disais-je : qui ne contient rien, où il n’y a personne, sans intérêt et qui est insignifiant.   Saurons-nous le combler un jour ?  (B.F. – Le 23 mars 2011/La Voix de l’Est – Le  25 mars 2011)