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Analyse sociale et politique
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23.02.2004 - Est-ce qu'il y a un député dans la salle ? 

Il y a dix ans aujourd'hui, le 28 février, que la population de Shefford est orpheline. Il y a dix ans aujourd'hui que la population de Shefford est en attente d'un successeur à Roger Paré.  Il y a dix ans aujourd'hui que la population de Shefford se retrouve sans un porte-parole digne de ce nom à l'Assemblée nationale du Québec pour mener à bien tous les dossiers qui amélioreraient son mieux-être.  Il y a dix ans aujourd'hui que la population de Shefford est délaissée.  Bien triste anniversaire que le 28 février 2004 pour la population de Shefford.  Il n'y a pas de quoi s'envoyer en l'air.

En effet, c'est le 28 février 1994, que la population de Shefford pensait élire un député qui allait la représenter à l'Assemblée nationale. D'illusions en désillusions, 3652 jours plus tard,  nous sommes toujours en attente du grand jour: la grossesse perdure. Bien sûr, nous avons eu droit à une volée de promesses  qui sont semblables à la neige: la neige et les promesses  disparaissant toutes les deux au printemps.  Procéder à l'inventaire des promesses faites et non tenues serait ajouter à notre déprime collective.  Que d'illusions concernant le réseau routier, le développement du Zoo, l'agrandissement du centre hospitalier, le regroupement des organismes communautaires et tout le reste;  que de désillusions face aux pauvres résultats et ça fait 3652 jours que ça dure.  Nous sommes vraiment masochistes dans Shefford.

Notre député en devenir pouvait toujours prétendre qu'en étant relégué aux banquettes arrières de l'Opposition, il ne pouvait compter sur les oreilles compatissantes du parti au pouvoir, quoique certains autres députés de l'Opposition réussissaient très bien à enlever des gros lots.  Mais depuis bientôt un an, cet argument de siéger dans l'Opposition ne tient plus.  Par contre, notre député en devenir se retrouve toujours sur les banquettes arrières sauf qu'il a changé de coté de l'Assemblée: mais il est toujours sur les banquettes arrières et la population de Shefford est toujours en attente.  On reparlera un autre jour du réseau routier, et du Zoo, et du centre hospitalier, et des organismes communautaires et de tout le reste.   Mais notre député en devenir a eu tout le temps et l'énergie de faire le tour du Québec pensant se faire élire président de l'Assemblée nationale,  ça nous aurait fait une belle jambe.  Il faut constater que ses collègues députés sont moins masochistes que la population de Shefford. Mais ce qui est le plus désolant  en bout de ligne, c'est toujours la population de Shefford qui est en attente.

Pour suppléer à l'absence d'un vrai député défendant les intérêts de sa communauté nous pourrions peut-être utiliser la formule de "l'opting out".  Ce mécanisme existe entre le gouvernement fédéral et les provinces.  Lorsqu'une province ne veut pas utiliser ou s'inscrire dans un programme fédéral, Ottawa remet l'argent de ce programme à la province et cette dernière met sur pied un programme semblable mais répondant mieux à ses besoins. Or dans Shefford nous pourrions recevoir le budget qui revient normalement à un député: salaire et avantages plus le budget de fonctionnement et nous pourrions engager un très bon ou une très bonne secrétaire qui ferait la "job".  J'ai même un nom à proposer !!!  Tant qu'à avoir un député en devenir aussi bien avoir un ou une  secrétaire  qui défendrait pleinement les intérêts de la population de Shefford.  Cette formule inédite et novatrice s'inscrit très bien dans le plan de "réingénérie" de l'État de notre cher Premier ministre. 

Il y a quelques lunes, un certain Diogène à Athènes se promenait avec sa lanterne en plein jour et il répondait à ceux  qui l'interrogeaient: " Je cherche un homme"; nous pourrions aisément adapter cette situation à la réalité du comté de Shefford et nous mettre à la recherche d'un homme ou d'une femme qui saura nous représenter adéquatement.  Et l'Histoire recommence.

En terminant, je rappelle à notre député en devenir qu'il ne lui reste plus que 61 jours pour effectuer la première pelletée de terre au Centre hospitalier de Granby.  Je suis assuré que notre ami  Serge Nadeau  va se faire un plaisir presque sadique de lui rappeler sous peu.  61 jours pour tenir au moins une promesse, est-ce trop exiger en dix ans et 61 jours, monsieur le député en devenir ?  (B.F. – Le 23 février 2044/La Voix de l'Est - Le 23 février 2004)