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Analyse sociale et politique
   Accueil            22.03.2014 - Le Bonhomme Sept Heures

Le Bonhomme Sept Heures

Le Bonhomme Sept Heures est un personnage fictif maléfique de la culture du Québec et du Canada francophone. Voilà pour l’histoire de cette légende qui remonte à la fin du 19e siècle.  Son but était et est de changer les rêves, les aspirations et les vœux  en peur et en cauchemars.  Cette légende a été adaptée en  1980 et 1995 par des politiciens fédéralistes pour effrayer la population québécoise advenant  la création d’un Québec souverain et indépendant.  Cette légende est aussi mise à la sauce du jour lors des campagnes électorales. 

Le dernier à utiliser cette vieille méthode est le bon Dr Couillard pour qui un référendum sur l’avenir du Québec serait un cataclysme.  Faut-il rappeler à ce bon docteur qu’un référendum est “un procédé de démocratie semi-direct par lequel l'ensemble des citoyens d'un territoire donné est appelé à exprimer une position sur une proposition qui leur est faite, concernant une mesure qu'une  autorité  envisage de prendre“. C’est la définition généralement retenue dans les dictionnaires. Cette façon est régulièrement utilisée aux pays des Helvètes pour connaître l’opinion de la population.  Il est plus sain pour une démocratie de faire appel à l’opinion d’une population que de s’en tenir aux idées tordues de quelques politicailleurs.

Il est vrai que ce bon docteur aime mieux décréter ce que sera LA ou SA nouvelle réalité. N’a-t-il pas décrété SA réforme de la santé et des services sociaux en 2003.  Sa perspective hospitalocentrique occulte un préalable de base: depuis la commission Castonguay, tous les rapports et toutes les études, n'ont eu de cesse de souligner l'importance de développer les services de première ligne pour qu'ils puissent générer un impact réel sur l'hébergement institutionnel, l'hospitalisation et les urgences“. (note 1

Que cela ne tienne, le bon docteur s’est amusé à jouer sur les structures.  Aujourd’hui, il veut remettre de l’ordre de le bordel qu’il a lui-même créé. La réforme décrétée  par Philippe Couillard en 2003 s'avèrent contre-productives.

Toujours est-il que si la présente campagne nous fait voir le vrai Philippe Couillard, advenant son élection comme Premier Ministre, en tenant compte en plus de la culture de sa formation politique, nous aurons droit à un “remake“ de Maurice Duplessis. Ou aurons-nous droit à une nouvelle adaptation de l’histoire du docteur Jekyll et de Monsieur Hyde ?  C’est le retour vers le passé.

Ses liens toujours actifs, en Arabie souadite, avec le prince Abdullah bin Abdulaziz Al-Rabeeah, ministre de la Santé du royaume, lui enseigne, peut-être, une manière inédite de gouverner ?  Peut-il faire les nuances entre une démocratie et une dictature ? Ce  royaume est loin d’être un exemple de démocratie.  Alors son obsession contre les référendums s’explique. 

Son passé nous laisse présupposer qu’il gouvernera par décret. Après Stephen Harper qui s’est donné comme mission de nous imposer ses valeurs,  nous aurons un éventuel Premier québécois qui voudra nous convaincre qu’en dehors de la Confédération canadienne, il n’y a point de salut ; rengaine déjà entendue.

De la légende du Bonhomme Sept heures aux épouvantails, le bon docteur devrait se souvenir qu’à force de crier au loup, peu de personnes ne le prendront au sérieux : il se discrédite tout en popularisant le thème qu’il veut combattre.  Tout comme son homologue fédéral, qui est un des meilleur propagandiste de la souveraineté du Québec, ce bon docteur, en voulant nous vendre son Canada,  devient un porte étendard d’un Québec indépendant.  Jamais n’avons-nous autant entendu parler d’indépendance du Québec et d’un éventuel référendum depuis que ce bon docteur alimente le débat.  Il devrait se souvenir de la citation : “Qu’on en parle en bien ou en mal, peu importe.  L’essentiel, c’est qu’on en parle“. Il ne se rend pas compte qu’à force d’en parler, il dédramatise la situation.  Il devrait aussi s’inspirer d’un ancien Premier ministre libéral et lire le discours qu’il prononça le 22 juin 1990 où il concluait en disant : … le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement“.  Pas mal plus inspirant que la légende du Bonhomme Sept Heures, nouvellement adaptée par Philippe Couillard.

Je pourrais paraphraser Monsieur Bourassa en disant : Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec se dirige inexorablement vers sa souveraineté et son indépendance.  Quand ? Lors d’un prochain référendum, laisssons le temps au temps.  Souvenons-nous de la fable du lièvre et de la tortue. On ne peut pas toujours refouler les rêves et les aspirations d’un peuple.  N’oublions pas que la Norvège a mis 60 ans à s’affranchir de la Suède.  La Norvège compte  un peu plus de 5 millions d’habitants et la Norvège est l’un des pays les plus prospère de la planète. (B.F. – Le 23 mars 2014)

Note 1 : http://www.ledevoir.com/non-classe/41435/la-reforme-couillard-sur-la-sante-l-illusion-de-la-structurite