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Analyse sociale et politique
   Accueil            21.12.2009 - Victoire à la Pyrrhus

21.12.2009 - Victoire à la Pyrrhus

Monsieur Stephen Harper réécrit l’Histoire. Notre premier ministre “canadian“ et son ministre de l’environnement se réjouissent de la conclusion du sommet de Copenhague sur le climat.  Pour eux, ce sommet leur donne pleinement satisfaction : leur inaction et leurs élucubrations ont été retenues.  Ils pourront continuer à polluer et à saccager l’environnement. Pour eux, c’est une grande victoire  “dans le bon sens“.  Mais fondamentalement, c’est une victoire à la Pyrrhus : c’est une victoire ruineuse pour le vainqueur.

En bout de ligne, la quasi échec du Sommet de Copenhague représente plutôt pour le Canada et le Québec un scénario de perdant-perdant : prétendre le contraire, c’est faire montre d’arrogance, d’ignorance et d’insouciance. C’est prendre les enfants du bon dieu pour des canards de bois. Le recul des négociations sur le réchauffement climatique imposé par le gouvernement conservateur depuis 2006 ignore les intérêts et les valeurs de la majorité des provinces.

Toutes les provinces, à l’exception des trois provinces de l’Ouest et du gouvernement conservateur, retiennent l’année 1990 et au moins la norme minimum proposée par le protocole de Kyoto comme  point de référence pour réduire leurs émissions de GES (gaz à effet de serre).  Nos trois cowboys de l’Ouest ainsi que notre gouvernement fédéral s’en limitent à un maigre 3% en prenant l’année 2006 comme point de référence : et encore, aucune cible précise n’est soumise, ils se limitent à nous parler d’intensité.  L’objectif du Canada est l’un des moins ambitieux de tous les pays de la communauté internationale.  Dans ce sens, le Canada s’est vu décerner, pour une autre année, le prix “Fossile de l’année“ pour ses actions et sa position inacceptables dans sa lutte contre le réchauffement climatique.  Notre premier ministre “canadian“ rejoint ainsi le roi Pyrrhus pour se réjouir d’une victoire qui a toute les allures d’une défaite magistrale.

Monsieur Harper défend sa position et son immobilisme en affirmant qu’il ne veut pas mettre l’économie du Canada en danger, entendre plutôt l’économie de l’Alberta.  Le premier ministre de l’Alberta tente de nous convaincre que sa province donne beaucoup d’argent dans le jeu politique de la péréquation. La grosse presse insinue que nous nous appauvrirons et que des emplois disparaîtront s’il fallait donner suite à Kyoto.  Et tous les bonhommes sept heures s’en prennent aux groupes écologistes et à leurs porte-parole les accusant de vouloir détruire le système économique mondial et de là, le système capitaliste.  Que d’horreurs pour faire peur à tous les simples citoyens que nous sommes.  C’est la méthode Harper : la diversion.  Et durant la période des Fêtes de fin d’année, il est encore plus facile d’utiliser cette méthode, vieille comme le monde.

Entre la dinde, le magasinage, les chutes de neige et les défaites à répétition du Canadien de Montréal, qui se souciera du réchauffement climatique.  Religieusement, nous mettons notre bac bleu sur le bord de la rue, à toutes les deux semaines.  Nous récupérons nos feuilles mortes.  Le vélo n’a jamais été si populaire.  Nous contrôlons mieux notre consommation d’électricité.  Nous faisons globalement des petits efforts quotidiens pour limiter nos GES.

Mais messieurs Harper, Prentice et Stelmach ne rêvent qu’au développement des sables bitumineux.  Normal, notre premier ministre est député de Calgary-Sud-Ouest en Alberta, son ministre de l’environnement est député de Calgary-Centre-Nord en Alberta et Ed Stelmach est le premier ministre de l’Alberta.

L‘écrivain anglais James Freeman Clarke, au dix-neuvième siècle, énonçait ce qui suit : “Un politicien pense à la prochaine élection, l'homme d’État, à la prochaine génération“.  Alors… (B.F. – Le 21 décembre 2009/La Voix de l’Est – Le 22 décembre 2009))