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Analyse sociale et politique
   Accueil            21.10.2008 - Bluff et escroqueries

21.10.2008 - Bluff et escroqueries 

Nous  sommes là.  Nos grands manitous de la pensée unique, du laisser-faire économique  et du toujours moins d'État nous ont plongé dans la pire crise financière et économique depuis la Grande Crise de 1929.  Trente, quarante, cinquante ans d'un crédo néo-libéral qui a emmené la planète dans un gouffre sans fond.  Toutes nos félicitations à ces chantres de la déréglementation, de la globalisation et du mirage des profits démesurés. Plus spécialement, une pensée amère aux Thatcher, Reagan, Bush père et fils, et à tous leurs "z'amis" qui ont, d'une main diabolique, permis ce naufrage : nous leur devons ce fiasco planétaire. Qui plus est, ces soi-disant visionnaires qui nous dirigent actuellement veulent adapter, réadapter ce modèle économique et financier pour lui donner un nouveau souffle, une nouvelle impulsion.

Le portrait de famille est alarmant : l'Islande est en faillite; des centaines de milliers de milliards de dollars pour sauver de la catastrophe, je ne sais plus combien de pays et d'institutions financières; une crise alimentaire grave qui touche plus d'un milliard d'individus; des millions de personnes  ont perdu leur maison, leurs économies, leur emploi.  Et les Bush, Sarkozy de ce monde souhaitent revamper le capitalisme sauvage que nous subissons depuis que des apprentis-sorciers dirigent la grande majorité des  pays dits développés. 

C'est encore "Monsieur et Madame Tout l'monde"  qui paient les hérésies que nos apôtres du libre marché, de la libre concurrence, de la surconsommation  au fil des ans ont vanté comme étant les plus grandes réussites de l'humanité depuis l'invention du bouton à quatre trous. Tous les charlatans de la pensée libérale tentent de nous expliquer depuis le début de la crise  que si des mécanismes de surveillance  avaient été établis, il n'y aurait pas eu  un tel dérapage.  Et pourquoi, n'y avait-il pas de mécanismes de surveillance ?  Pour ne pas mettre d'entraves aux spéculateurs, aux arrivistes, aux "z'amis"... peut-être ?

Mais en même temps des acteurs importants, responsables  de cette crise sans précédent réussissent à se voter, à se garantir des parachutes dorés  pour avoir mené leurs organisations à la faillite.  Le malheur enrichit.  Aucun des pays concernés ne trouve ces pratiques abusives : les films d'horreur sont innombrables, il s'agit de lire les quelques journaux ou hebdomadaires qui ne sont pas sous l'emprise de magnats de la finance qui forniquent avec les différents pouvoirs pour constater cette réalité.   

C'est encore "Monsieur et Madame Tout l'monde" avec leurs impôts, leurs taxes, leurs économies, s'ils en restent, leurs fonds de pension, s'ils existent encore qui épongent la facture.

C'est encore "Monsieur et Madame Tout l'monde" qui se font promettre des lendemains qui chantent lorsque la déconfiture sera passée.  Nos mêmes  "z'amis" qui nous ont précipité dans cette crise tente de nous convaincre que c'est la faute d'un capitalisme dévoyé, délinquant et qu'une application d'un capitalisme pur corrigera tous les maux.  Que de mots pour nous faire avaler des couleuvres.

Loin de moi  de ressusciter  la théorie marxiste tant décrier par nos "z'amis", quoique que depuis le début de la crise le bouquin de Karl Marx tente à reprendre une place importante dans le palmarès des libraires, mais le "moins d'État"  réclamé et acclamé par nos ténors du laisser-faire démontre clairement la faillite de cette idéologie politique.  Le dicton disant  "lorsque le chat dort, les souris dansent" prend toute sa logique,sa véracité et son gros bon sens.  Notre ancien-nouveau premier ministre saura-t-il y faire ?  La réponse est non garantie et à venir...  (B.F. – Le 21 octobre 2008/La Voix de l'Est - Le 21 octobre 2008)