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Analyse sociale et politique
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21.08.2002 - Pastiche, potiche ou modèle authentique ?

Ça se passe en Israël...

Aborder le conflit entre les palestiniens et les juifs d'Israël est comme essayer de démontrer la quadrature du cercle.  Vous êtes un sympathisant des palestiniens, alors le puissant lobby juif vous accuse de révisionnisme et d'anti-sémitisme.  Vous êtes un sympathisant des juifs, alors vous subissez la vindicte des arabes.

N'empêche que depuis des lunes, les nouvelles télévisées, radiophoniques et écrites nous bombardent, c'est le cas de le dire, à tous les jours des pires calamités perpétrées par l'homme.  Nous avons été impressionnés et dégoûtés par les attaques du 11 septembre  2001 à New-York et à Washington : plus ou moins 3000 morts.  Par contre, depuis la reprise de l'Intifada 2 en Israël, depuis 18 mois, nous atteignons facilement le même nombre de morts et là, que fait notre gouvernement canadien : la tombe, muet, pas un son, pas une image.  Il y a quelques mois, nous avons dénoncé par notre gouvernement interposé, les attaques sauvages contre notre voisin du Sud.  Mais  au conflit israélo-palestinien, nos dignes représentants se taisent honteusement.

Se peut-il que la vie de palestiniens et d'israéliens n'ait pas la même valeur que la vie d'américains ?  Se peut-il que le Canada s'inscrive dans la ligne de pensée de George W. Bush, pdg des USA, et appuie inconditionnellement les "folies" de Sharon ?  Se peut-il que le Canada, grand défenseur de l'autorité universelle des Nations-Unies, fasse abstraction de toutes les résolutions votées par l'O.N.U. depuis 1967 condamnant les actions et les visées d'Israël envers le peuple palestinien ?  Se peut-il qu'il n'y ait pas un représentant digne de ce nom à la gouverne du Canada pour déclarer haut et fort qu'assez, c'est assez  ?  Force est d'admettre qu'il n'y a pas un politicien ou une politicienne au Canada pour s'insurger contre la démence du gouvernement israélien.Arafat a tous les torts et Sharon a la vérité absolue.  Aujourd'hui, nous sommes très loin de la déclaration faite par notre premier ministre, en avril 2000 lors de sa visite à Jérusalem, qui proposait que les palestiniens déclarent unilatéralement leur indépendance.  Autre temps, autres mœurs.

Alors madame Saint-Jacques, députée de Shefford à Ottawa, vous qui défendiez la veuve et l'orphelin en d'autres temps, qu'attendez-vous pour sommer votre gouvernement d'utiliser son influence, s'il en a, pour mettre fin au carnage ?  Vous vous êtes préoccupée du sort de d'autres pays mal en point, alors vous avez une cause à votre grandeur d'âme ! À quand une prise de position ?

Ça se passe au Canada...

Pas que j'aie une sympathie particulière pour les gays et les lesbiennes,  mais une cour supérieure de l'Ontario a rendu récemment un jugement reconnaissant la validité d'une union entre des personnes du même sexe.  Le jugement est clair et limpide.  Le Québec et la Nouvelle-Écosse reconnaissent cette réalité depuis un certain temps.  La suite des événements du jugement ontarien appartenait au Gouvernement canadien, à savoir si ce dernier allait contester ou non le jugement.  Alors rien de bien surprenant, notre gouvernement central incapable de prendre une décision, demande un avis supplémentaire au système judiciaire et porte ce jugement en appel.  Alors madame Saint-Jacques, députée de Shefford à Ottawa, à quoi sert-il d'avoir élu 301 député(e)s au Parlement à Ottawa si c'est pour, en tout temps, demander à la Cour Suprême de décider pour vous ?  Et ainsi vous lavez les mains de toutes décisions difficiles à prendre.

Il aurait été mieux de s'élire des juges pour décider ce qui est bon ou néfaste pour nous.  Les députés sont élus pour prendre des décisions, alors prenez-les et proposez des avenues novatrices à la population.

Ça se passe au Canada... bis...

Je veux bien croire que le Canada n'a pas l'influence des Etats-Unis, mais ce n'est pas une raison pour que le Canada se prosterne devant son influent voisin.  L'adoption du protocole de Kyoto illustre très bien notre à-plat-ventrisme devant l'hégémonie américaine : signe, signe pas, peut-être bien que oui, peut-être bien que non et la valse hésitation perdure.  Pourtant notre cher premier ministre s'était fait un ardent défenseur de ce protocole lorsque les feux de la rampe étaient sur lui.  Serait-ce qu'il ne voulait que bien paraître devant la galerie ?  À moins que les puissants lobbies de l'Ontario et de l'Alberta n'effraient à ce point notre premier ministre pour qu'il renie sa promesse passée ?  Alors madame Saint-Jacques, députée de Shefford à Ottawa, quand allez-vous rappeler à votre chef qu'il est temps d'honorer sa parole et de signer le protocole de Kyoto ?  Vous êtes députée d'un comté du Québec et l'Assemblée nationale dans un vote unanime à adopter le protocole de Kyoto.  Alors on attend quoi, on attend qui ?

Ce ne sont en bout de ligne que trois sujets d'actualité, trois sujets qui font les manchettes quotidiennement et que nos député(e)s à Ottawa semblent oublier au profit de la guérilla Chrétien-Martin.  Alors ces mêmes député(e)s dans un sursaut de clairvoyance sont toujours stupéfaits que l'action politique, le jeu politique diront certaines personnes, et ses acteurs de tous les jours soient toujours décriés et qu'ils se retrouvent au dernier rang du baromètre de la crédibilité populaire.  Même les vendeurs d'automobiles usagées sont plus populaires qu'eux.  C'est vous dire.

À tort ou à raison, le citoyen ordinaire ne se reconnaît plus dans ses hommes ou femmes politiques.  Ils sont trop... ou pas assez...Ils maquillent la réalité et la vérité, ils sont transparents comme un bloc de béton d'un mètre, ils ne sont que le caisses de résonance, ou pire encore, que les meneurs ou les meneuses de claques du pouvoir exécutif, c'est-à-dire, du premier ministre ou d'un prochain premier ministre. Et dans notre système parlementaire, ils suivent la ligne du parti : on lève la main, on parle et on sourit sur demande expresse.  Il ne faut pas transgresser les directives sinon vous êtes condamnés à mourir à petit feu sur les banquettes arrières.  À ce jeu, on se résigne, on s'essouffle ou on claque la porte.

Pourtant initialement, pour la très grande majorité des personnes entrant dans "l'arène politique", les motivations étaient nobles : servir l'intérêt général, mettre fin aux injustices, défendre ses idées et combien d'autres motivations avouables.  Nous passerons sous silence les motivations inavouables comme le goût du pouvoir, les plaisirs de la puissance ou la passion pour l'attente d'un événement qui vous fera passer à l'Histoire.

En fin de compte, nous ne pouvons qu'espérer que les motivations avouables referont surface et que nous aurons d'authentiques représentant(e)s faisant la promotion de l'intérêt général et que l'ère du pastiche, de la potiche soit révolue.  (B.F. - Correctement incorrect - La Nouvelle Revue - Le 21 août 2002)