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Analyse sociale et politique
   Accueil            21.03.2014 - Les embrouilles du Dr Couillard

Les embrouilles du Dr Couillard

Le bon Dr Couillard martèle “ad neauseam“ sur le clou d’un possible référendum: il se complaît à y croire. Incapable d’offrir une vision dynamique, incapable de dépasser les clichés, incapable de nous définir un Québec emballant, le bon Dr Couillard ne peut que reprendre les vieilles rengaines de John James Charest à la sauce du jour: à soir, on fait peur au monde !  C’est la preuve que les puissants de ce monde et d’ici, en faisant de l’économie une obsession, ont atteint leur objectif de nous faire vivre dans la peur et de nous faire tenir tranquille“. (note 1)  C’est une recette qui a fait ses preuves.

Pour s’assurer que son avenir sera garant de son passé, sa troupe est là ENSEMBLE pour le maintien de leurs bonnes vieilles méthodes de faire de la politique.

De belles promesses enrobées dans un statu quo constitutionnel. Le bon docteur n’a-t-il pas affirmé qu’il ne voyait pas la raison de quitter le Canada: un si beau, un si grand et si bon pays ? N’a-t-il pas proposer de recommencer la valse des négociations constitutionnelles ?  Pour lui, c’est un pas en avant, deux pas en arrière. Nous sommes à des années-lumière du “Maîtres chez-nous“ de Jean Lesage ou des cinq  modifications proposées par Robert Bourassa.

La valse hésitation de ce bon docteur sur le projet de loi sur la laïcité, sur ses silences sur la promotion et la défense de la langue française,  sur sa volonté  de reconnaître la loi constitutionnelle de 1982 sont des éléments qui nous laissent entrevoir une autre période de grande noirceur pour le Québec.  Il reprend à son compte la célèbre phrase des chauffeurs d’autobus d’antan:  “Avancez en arrière“. Ce n’est plus la cage de homards de Jacques Parizeau, c’est la boîte de sardines de “Flip-flop“ Couillard. 

Après avoir subi les années d’immobilité chronique et patentée sous le règne de John James qui a amené le Québec sur le bord du précipice,  ce bon Dr Couillard  nous propose  de  faire  un pas, en avant de préférence.

Jean Lesage, regretté chef du Parti libéral du Québec,  a créé “l’État du Québec“ en 1960.  Si son fantôme  revenait en 2014, il ne pourrait que redire ce qu’il a déjà dit le 30 septembre 1962:  “Comme peuple adulte, nous ne pouvons plus supporter de croupir dans l’immobilisme forcé, immobilisme imposé par une clique politique à qui il plaît que notre province demeure une source de matière première, un réservoir de main-d’œuvre à bon marché ou un pays vieillot que l’on visite en touriste“.  En livrant ce discours en 1962, Jean Lesage avait aussi le poing levé.  Lesage exprimait une volonté, non de s’accommoder, de composer ou d’améliorer, mais de trancher dans le vif, de construire du neuf, (note 2) tout comme Pierre-Karl Péladeau. 

Dans les deux prochaines semaines, nous allons au Québec vivre des moments historiques. Je ne parle pas tant de la campagne électorale proprement dite que de l’occasion que cette campagne donnera à tous et à chacun des citoyens du Québec de décider du sort de la nation, du devenir de nous-mêmes : une boutique spécialisée dans le centre commercial canadien ou un PAYS en devenir.   Pour Philippe Couillard, la réponse est simple,  le Québec est une province comme les autres.  Le Parti libéral Québec a fait de grandes choses, mais pour ce  faire, ça prend un grand chef.  Comme l’a dejà souligné  le journaliste Michel C. Auger : “en politique, les contrôles de qualité ne sont plus ce qu’ils étaient, les critères sont à la baisse“.

Il y a un dicton qui nous dit que nous avons les hommes et femmes politiques que nous méritons ? Aujourd’hui, le bon Dr Couillard nous sert un  manque d’ambition, une résignation ou un fatalisme. Les Québécois, sont nés pour un petit pain, disions-nous à une certaine époque. C’est ce qui  saura confirmé ou non le 7 avril prochain à la population du Québec.

Demain, nous appartient (note 3) disait René Lévesque en 1976, slogan de la campagne électorale qui porta le Parti Québécois au pouvoir.

De Jean Lesage, René Lévesque à Philippe Couillard : c’est vrai que les contrôles de la qualité ne sont plus ce qu’ils étaient : ils ratatinent avec le temps. (B.F. – Le 21 mars 2014)

Note 1 : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/401952/a-soir-on-fait-peur-au-monde

Note 2 : http://www.lactualite.com/blogue-de-jean-francois-lisee/quaurait-dit-jean-lesage-le-jour-de-la-terre-2012/

Note 3: http://www.youtube.com/watch?v=4gikf7oQOwI