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Analyse sociale et politique
   Accueil            21.02.2014 - Le mot à la mode au pays d'Astérix

Le mot à la mode au pays d’Astérix

Nous avons tous entendu l’expression “Silicon Valey“ qui regroupe des entreprises de pointe de la haute techonologie en Californie.  Cette région a inspiré bon nombre de technopoles à travers le monde. Bengalore (Inde) à son “International Tech Park“, Montréal (Québec-Canada) a son Technoparc et plusieurs autres villes ou régions ont aussi ce type d’industries sur un territoire donné pour promouvoir la recherche et le développement.  La France  possède de nombreuses technopoles, le problème n’est pas là.  C’est plutôt l’utilisation abusive d’un mot  qui n’a aucun bien fondé. Ils n’en sont pas à leur premier dérapage du genre.  La lecture des quotidiens, des hebdomadaires et des revues ainsi qu’à écouter les journaux télévisés nous démontrent leur complaisance linguistique face à la langue de Shakespeare.  Ça fait “cool“, “in“ mais ça fait aussi “very servile“.

Nos cousins français, ne reculant devant aucune incongruité linguistique en rajoutent, ils ont maintenant leur “Silver“ région et leur “Silver“ économie et leur “Silver Valley“, tout comme ils ont leurs hôtels de luxe “Sandals Resorts“.  On n’arrête pas le progrès, tout comme ils peuvent continuer de rire de l’accent des Belges, des Québécois.  C’est à se demander ce qu’ils attendent pour que les Champs Elysées ne deviennent “The Elysées Fields“ ou que Les Saintes-Maries-de-la-mer ne deviennent “The Holy Mary Sea“. Un petit effort “my dear cousins“,  le ridicule ne tue pas.

Des journalistes du Québec se sont plaints  durant les Jeux Olympiques à Sotchi que la langue française a été varlopée.  L’anglais et le russe étaient les langues d’usage et d’accueil. Pour le russe, nous pouvons comprendre. Pour l’anglais, c’est une des deux langues officielles du mouvement olympique. Mais l’autre langue officielle, le français était rarement utilisé sur les divers sites.  Les athlètes de France ont sûrement gagné des “gold medal“, des “silver medal“ et des “bronze medal“ et ils ont écouté leur “national anthem“ avec un large sourire.

La complaisance française face à cette lente assimilation est aussi rigolote que la frustration des téléspecteurs américains qui se plaignaient de l’utilisation du système métrique dans les compétitions olympiques.

À quoi bon se plaindre, tout comme nos voisins du Sud, nos cousins Français s’imaginent encore être  le centre de l’univers.  Ils sont historiquement les gardiens de la langue française, ils ont l’Académie française, ils parlent un française pointu qui n’est compris par de moins en moins de francophones.  Au Québec, il y a plusieurs années nous disions que nous parlions le “joual“, mais force est d’admettre que nos cousins français parlent maintenant un “sloppy french“.  Lors d’un prochain voyage dans l’Hexagone, je ne pensais jamais être dans l’obligation d’être bilingue pour visiter le pays de mes ancêtres.  À Toronto, Calgary ou Vancouver je veux bien.  À Paris, je ne pensais vraiment pas.  Tant qu’à pratiquer mon anglais, Boston, New York ou Chicago c’est moins loin.

Si jamais, je veux cotôyer mes cousins Français, il y a Saint-Pierre et Miquelon qui n’est qu’à 25 kilomètres du Canada, le dollard canadien y est accepté et la soupe de poissons y est excellente.

Les sociologues nous disent que les États-Unis sont en déclin.  Nos cousins Français devraient se souvenir de leurs ancêtres, les gaulois: assimilés, plus de sons, plus d’images. Nos cousins Français deviendront-ils des “Frenchies“ ?  (B.F. – Le 21 février 2014)