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Analyse sociale et politique
   Accueil            20.08.2012 - Nous avons le choix ?

Nous avons le choix ?

Nous nous le disons à chaque fois.  Une élection est le moment privilégiée pour choisir dans quelle sorte de société nous voulons vivre ?  Qu’est-ce qui est important pour notre avenir individuel et  collectif ? À quelles valeurs nous nous reconnaissons ?  Nous devons admettre que l’aspect collectif n’est pas notre préoccupation première : nous sommes encore à l’étape “Me, Myself and I“ : mon “char“, ma maison, mon cinéma-maison, ma piscine, mon voyage dans le Sud… et tout le reste.

Par contre, nous devons aussi  nous reconnaître certaines belles réussites. 1960 et1976 nous ont permis de nous inscrire dans la modernité.  Mais pour le reste, on ne passera pas à l’Histoire.

Dans quelques jours, nous aurons un choix à faire.  Quelques avenues s’offrent à nous.  Nous maintenons notre recul dans la continuité. Nous investissons dans l’improvisation proposée par un nouveau Messie. Nous confions le pays à construire, avec les soubresauts et les incertitudes prévisibles, à une femme.  Il y a bien quelques autres routes proposées, mais dans le débat actuel, elles sont secondaires.

Les récents sondages nous disent que les reculs dans la continuité ne semblent plus être retenus.  Les citoyens du Québec veulent du changement : une province comme les autres tournée vers des valeurs du passé ne satisfont plus les attentes de la majorité des citoyens.

Les improvisations du nouveau Messie sèment le doute et sont copiées à partir d’un scénario déjà connu.  Scénario populiste à une époque, mais qui n’a pas fait long feu et qui tente de réapparaître sous un nouveau nom : une formule améliorée, disent-ils.

Confier la gouvernance à une femme, le dernier choix ayant un potentiel, risque de heurter des esprits bigots.  Nous en avons eu une démonstration dans les derniers jours.  Ouvert sur le monde, plaisons-nous à nous dire… Ouais…

C’est sans compter que dans les prochains jours, nous nous ferons dire par les pouvoirs de l’argent, le choix que le bon peuple québécois devra faire pour assurer à ces pouvoirs, des lendemains enchanteurs.  Pour eux, la démocratie est synonyme de la limitation des pouvoirs de la population.

Le Québec est une boutique exotique dans le grand centre d’achats planétaire.  Il a survécu depuis la conquête de 1760. Des Patriotes de 1837 aux casseroles des mois derniers,  il a démontré une capacité de résistance hors du commun. 

Sa langue, sa culture, ses artisans rayonnent dans le vaste monde.  Avec ses 8 millions d’habitants, c’est plus ou moins la Suisse, la Suède, l’Autriche, la Belgique.  C’est plus que le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande et l’Islande.

C’est évident que certains Bonhommes 7 heures nous ramènerons des exemples de quelques pays sous-développés.  Mais comme boutique exotique, le Québec serait au 17e rang pour la superficie du territoire ; au 94e rang au chapitre de la population ; en 49e place pour le produit intérieur brut total; en 27e position pour le produit intérieur brut par habitant; au 44e  rang comme exportateur de biens et services sur les marchés internationaux.  Disons-nous que sur plus ou moins 200 pays, ce n’est pas si mal pour un pays sous-développé. 

Il est évident qu’en tant que simple citoyen, nous n’avons pas le pouvoir de l’argent.  Mais avec madame Gingras de la rue Mentana à Montréal, monsieur Bernier de la rue Laurier à Québec et madame Tremblay de Saguenay, ils nous restent un pays à faire.

Je ne sais trop quel philosophe disait que ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’il ne faut pas oser, c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles.  Reculs, improvisations ou pays à faire, nous avons le choix. (B.F. – Le 20 août 2012)