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Analyse sociale et politique
   Accueil            20.08.2008 - Harper émule de Duplessis...

20.08.2008 - Harper émule de Duplessis... ouf

Une mentalité, c'est l'ensemble des croyances et des habitudes d'esprit qui informent et commandent la pensée d'une collectivité ou d'un individu.  Dans ce sens, le Canada avait jusqu'à tout récemment une image de compassion, d'ouverture, de tolérance et faisait l'envie de nombreux pays.  Le Canada, tout en étant un allié des USA, se donnait des allures d'une moyenne puissance garantissant la libre expression, l'épanouissement des individus et des collectivités.  La majorité des autres pays considéraient le Canada comme étant un acteur important du développement mondial.  C'était avant l'arrivée au pouvoir du gouvernement minoritaire de Stephen Harper.  Gouvernement minoritaire qui se comporte avec l'arrogance et la prétention d'un gouvernement ayant la vérité absolue.  Ce qui fait qu'aujourd'hui nous sommes  une succursale de notre puissant voisin.

Sur le plan international, notre premier ministre canadien est devenu la caisse de résonance de l'ineffable George W.  Afghanistan, Kyoto, Zimbabwe, Chine, Iran, Kosovo, Georgie, etc... Le Canada modèle sa politique extérieure sur celle des USA.  Nous pourrions suggérer de retenir les services de Condoleezza Rice comme porte-parole canadien, ça nous économiserait des sous, nous éviterait certaines gaffes et  empêcherait  George W. de dicter la ligne de conduite à notre premier ministre.  D'une façon générale, le Canada a perdu toute la crédibilité accumulée au fil des années et réparer le tout prendra un temps fou à un éventuel successeur pour redorer le blason canadien.  Sur le plan des relations extérieures, les trente et un derniers mois, ont été catastrophiques.

Sur le plan national, notre premier ministre d'un gouvernement minoritaire nous ramènent à l'ère de la grande noirceur à l'époque de Maurice Duplessis.  Les arts, la culture, les films ne correspondent pas aux valeurs de notre premier ministre "abolition des budgets".  Les contestations de certains droits sur la langue ou la condition féminine  irritent notre premier ministre "abolition des budgets".  La loi sur les jeunes délinquants fait suer notre premier ministre, une nouvelle loi durcissant l'ancienne loi.  Le registre des armes à feu déplaît aux albertains, donc à notre premier ministre, "abolition du registre".  Le protocole de Kyoto dûment approuvé par le gouvernement précédent ennuie les albertains, donc notre premier ministre, reniement de l'engagement canadien et parodie d'un plan vert pâle.  Reniement aussi de l'entente sur les autochtones signée par le gouvernement Martin.  Refus de signer la convention de l'ONU sur les peuples autochtones, mais part à la défense des tibétains. Refus de reconnaître l'entente  sur le partage des revenus des gisements de pétrole sur les côtes de Terre-Neuve.  Le Centre d'injection supervisée INSITE de Vancouver ne s'inscrit pas dans le crédo néo-conservateur, abolition du programme.  Par contre, le gouvernement Charest souhaite ouvrir de tels centres au Québec : des nuages à l'horizon. Sans oublier l'affaire Omar Khadr et les possibles fraudes électorale du Parti Conservateur. Et nous pourrions continuer la liste des virages à droite de notre premier ministre et de son gouvernement minoritaire. 

Abolition, durcissement, reniement sont devenus les marques de commerce de notre premier ministre et font partis du vocabulaire quotidien de son gouvernement minoritaire.  Il nous avait promis transparence, intégrité, rigueur, c'était avant le 23 janvier 2006 

Sournoisement et d'une façon de moins en moins subliminale, le gouvernement canadien sous la gouverne de Stephen Harper nous propulse à des années lumière des valeurs fondamentales d'une grande majorité de canadiens et de québécois.  Depuis trente et un mois, nous avons droit à un vaudeville ou une tragi-comédie de mauvais goût. 

Aux dires des commentateurs de la scène fédérale, une élection serait le scénario le moins dommageable pour le Canada à l'heure actuelle, mais encore faudrait-il la possibilité d'avoir  un choix.  Nous sommes présentement devant l'alternative du moins pire.  Nous vivons actuellement un vide politique, c'est peut-être le prix à payer pour des lendemains qui chantent.  Nous avons connu Duplessis,  mais après il y a eu Lesage, Lévesque...   espérons la même chose pour le  Canada, après Harper ... ?  (B.F. – Le  20 août 2008/La Voix de l'Est - Le 20 août 2008)