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Analyse sociale et politique
   Accueil            20.06.2013 - Serions-nous des François Pignon ?

Serions-nous des François Pignon ?

Dalton McGuinty, Bob Rae, Jean-Martin Aussant ont quitté la vie politique dans les derniers jours soit  pour des raisons familiales ou après avoir consacré de très nombreuses années à la vie politique.  D’une façon générale, ils ont fait un sans faute durant leur carrière.Nous pouvons être en accord ou pas avec les orientations qu’ils ont défendues, mais nous devons les remercier et les féliciter pour l’enthousiasme qu’ils ont démontré à servir.  Ils ne sont pas les premiers à se retirer, mais ces trois messieurs peuvent dire, mission accomplie.  Ils ne feront pas honte à leurs parents et amis.

D’autres individus quittent dans la honte et le déshonneur.  Ces autres aussi passeront à l’histoire, mais dans la colonne des canailles.  En plus d’avoir perdu toute crédibilité personnelle, ils auront entaché le poste que leur était confié ainsi que la réputation du  parti, de la ville ou de l’institution qu’ils devaient représenter.  Plus grave, ils sont responsables d’une plus grande perte de confiance que la population démontre envers TOUTE la classe politique. 

En nous limitant à notre réalité ; aux McGuinty, Rae, Aussant qui auront fait honneur à l’action politique combien de Duffy, Tremblay, Ford ou Applebaum déshonorent cette même action et font en sorte que l’engagement politique est en déclin : c’est maintenant le chacun pour soi et au plus fort la poche.  Faut-il se surprendre que la rue devienne le nouveau théâtre de l’expression populaire ?

Ce ras le bol semble universel.  Que l’on soit à Montréal, à Tunis, à Athènes ou à Istamboul, les populations crient leur révolte devant des classes politiques qui les ont abandonnées pour SE satisfaire ou pour SE mettre à la disposition des mieux nantis. Trop de politiciens sont perçus comme les thuriféraires du système économique en place.

Le système capitaliste appliqué depuis près de deux siècles a démontré ses lacunes et ses failles. Les crises économiques et financières à répétition en ont démontrées les limites et les extravagances : les riches sont plus riches et les pauvres sont plus pauvres.  Que l’on soit au Canada, en France ou dans les pays en voie de développement ; la pauvreté fait plus de victimes que bien des guerres.  Ajoutons à la pauvreté, les pays vivant sous une dictature quelconque et nous avons un cocktail plus que parfait qui engendre la grande majorité des conflits qui font l’actualité.

L’argent, le pouvoir corrompent les individus, c’est une réalité bien documentée.  Les libérateurs de peuples ne se bousculent pas au portillon.  Nous sommes plutôt les témoins crédules d’une grande manipulation.  Nous nous laissons convaincre assez facilement que le système en place veut notre bien, qu’il saura résoudre nos problèmes.  En plus de croire ces bonimenteurs, nous élisons ces personnes qui nous conduirons vers  une prochaine crise où  nous ferons encore les frais de toutes ces manigances : la routine quoi. Leurs solutions provoquent plus de problèmes quelles en résolvent.

À  voir parader nos dirigeants politiques  lors des sommets du G8 et du G20, nous continuons à rêver à de meilleurs lendemains.  Et comme le souligne inlassablement les commentateurs, ces sommets accouchent d’une souris. 

Les conflits perdurent, les guerres civiles se multiplient, les crises de toutes sortes s’additionnent et le commun des mortels espère que le prochain sommet saura répondre aux besoins des populations.  Le commun des mortels que nous sommes est plutôt la nouvelle vedette d’un “remake“ du film Le dîner de cons.  Nous sommes individuellement et collectivement le nouveau François Pignon de cette nouvelle comédie humaine.

Entre 1307 et 1321, Dante composait La Divine Comédie. Vers 1842, Honoré de Balzac publiait la Comédie humaine.  En 2013, les Harper, Cameron, Hollande, Barroso, Merkel et compagnie ajoutaient un autre chapitre peu glorieux à cette comédie. La prochaine mascarade se déroulera les 4 et 5 juin 2014 à Sotchi sous la présidence du valeureux Vladimir où une autre souris verra le jour.

Entre-temps, Montréal aura un maire plus intègre, c’est à souhaiter ; Option Nationale un nouveau chef ; le Canada le même Harper ; au Québec, on ne sait pas ; et pour le reste, c’est la routine.  Nous serons encore des François Pignon, c’est le rôle qui nous est donné.  (B.F. – Le 20 juin 2013/La Voix de l'Est - Le 22 juin 2013)