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Analyse sociale et politique
   Accueil            20.05.2014 - Ben oui, ben oui Max...

Ben oui, ben oui Max….

Depuis quelques temps, il s’était fait discret.  Mais  comme les pissenlits au printemps, il est réapparu.  Encore une fois, il nous livre le fond de sa pensée. (note 1) Les Québécois, surtout les francophones du Québec, sont choyés et ils devraient être contents de faire partie d’un Canada bilingue royaliste.  Et si les Québécois sont des  quêteux et de perpétuels insatisfaits, c’est la faute des gouvernements qui se sont succédés; tous les gouvernements depuis Jean Lesage, en 1960,  avaient tout faux.  En ce trente-quatrième anniversaire du premier référendum où les Québécois se sont dits NON pour la première fois; (note 2) nous aurions dû, hier, fêter l’anniversaire de la Reine Victoria et non celle des Patriotes.  Pour lui les symboles britanniques font partie de l’identité québécoise. 

Tout comme son chef et maître à penser,  ce cher  Max se donne comme mission de  convaincre  les Québécois que notre conquête par les armes en 1760 fut ce qui nous sauva et fut le signal de la survivance française en Amérique.  Les Québécois devraient être reconnaissants et remercier le Seigneur, le Grand Manitou,  Allah et surtout le Général James Wolfe (note 3) de la grande mansuétude britannique. Plus de deux-cent ans plus tard, il y a encore des Québécois francophones qui survivent, mais ils devraient être tous bilingues et se reconnaître dans les symboles de la Couronne d’Élisabeth II  qui est la Cheffe Suprême de SON Canada, soi-disant indépendant:  “God save the Queen“.

Le gouvernement des Québécois est situé sur La Grande Allée à Québec et non sur l’autre rive de la Rivière des Outaouais et le modèle québécois mis en place par Jean Lesage ne plaît pas à Max.  Ce cher Max ne semble pas comprendre ou ne veut tout simplement pas comprendre,  que si le Canada est ce qu’il est, c’est la présence du Québec qui assure la spécificité canadienne.  Sans le Québec, “the rest of Canada“ ressemblerait à un gros Texas ou un petit Rhode Island.  Les “frenchies canadians“ ressembleraient aux Cajuns de la Louisiane.  Les Boisvert seraient devenus des Greenwood, les Leblanc des White: des nègres blancs d’Amérique comme l’écrivait Pierre Vallières en 1968. (note 4)

C’est une évidence que l’anglais a une place au Québec, mais c’est aussi une évidence que le Québec est francophone et qu’il est encerclé par plus de trois-cents millions d’anglophones. La province canadienne la plus bilingue du Canada  est le Québec. Le Québec est la seule province canadienne qui a enregistré une hausse soutenue du taux de bilinguisme dans les dix dernières années, 42,6% des Québécois se déclarent bilingues selon le recensement de 2011 de Statistique Canada. Seulement  17,5 % des canadiens ont déclaré parler français et anglais. (note 5)  Affirmer que le Canada est un pays bilingue frise la fausse représentation, c’est pour les dépliants touristiques.  Une fiction, tout au plus, comme Tintin a marché sur la Lune

Dans son rapport, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, parle d’une érosion subtile du bilinguisme au Canada. Il déplore aussi que les deux langues officielles ne soient pas toujours utilisées également dans les lieux de travail fédéraux ou dans les formules d’accueil et les communications au public.

Donc ce cher Max qui se prend pour le Don Quichotte des temps modernes devrait revoir son analyse et fouiller plus à fond la réalité canadienne.   

Combien de ses collègues ministres peuvent s’exprimer dans un français acceptable dans le gouvernement de SON pays bilingue ?  Combien de premiers ministres provinciaux peuvent s’exprimer dans un français compréhensible dans SON pays bilingue ?  Alors, il devrait remonter sur sa monture et parcourir les vastes espaces du Canada pour amener “the rest of Canada“ à respecter la loi sur le bilinguisme canadien.  Pour une fois, il ferait œuvre utile ; mais c’est plus facile de casser du sucre sur le dos du Québec.  Ainsi les anglos du Canada doivent l’applaudir dans les chaumières de Dewberry en Alberta et d’Alvena en Saskatchewan. (B.F. – Le 20 mai 2014)

Note 1 : http://www.ledevoir.com/politique/canada/408681/l-anglais-fait-partie-de-l-identite-quebecoise-dit-maxime-bernier

Note 2 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Référendum_de_1980_au_Québec

Note 3 : http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Wolfe

Note 4 :http://www.google.ca/?gfe_rd=cr&ei=jqZ7U-_FLceD8Qf6w4CoBQ#q=négres+blancs+d'amérique

Note 5 : http://www.rcinet.ca/fr/2014/05/18/quels-sont-les-effets-au-canada-de-la-fonte-des-glaces-en-antarctique/