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Analyse sociale et politique
   Accueil            20.05.2012 - Un réactionnaire est un somnambule qui marche à reculons

“Un réactionnaire est un somnambule qui marche à reculons“

C’est ainsi que nous pourrions décrire l’actuel premier ministre du Québec.  Cette citation est un propos tenu par Franklin Delano Roosevelt, considéré par les historiens comme le plus grand président à diriger les États-Unis. 

Contrairement au P.M. québécois de ce jour,  Franklin D. Roosevelt joua un rôle de premier plan dans la transformation du monde après la 2e guerre.  Il a laissé sa marque dans l’histoire de son pays et dans celle du monde. Il a su relever les défis de son époque comme peu de personnages politiques l’ont fait.   Au Québec, nous pouvons retenir deux noms qui ont créé un Québec moderne : Jean Lesage et René Lévesque.  Sous d’autres cieux, nous pourrions identifier de grands personnages qui ont laissé leurs marques au niveau politique.

Mais l’actualité fait en sorte que les projecteurs sont braqués sur notre P.M. bien à nous, celui qui est au pouvoir depuis 2003.  Celui qui nous disait “nous sommes prêts“ et qui, plus tard, nous promettait “d’avoir les deux mains sur le volant“. Quelques lunes plus tard, ce même personnage nous  plonge dans une crise sociale qui ne fait que s’amplifier au fil des jours et ça fait quatorze semaines qu’elle dure.   Ça dépasse la crise d’Octobre 1970 et la crise d’Oka.

Pour lui, cette situation est causée par la rigidité des leaders étudiants, l’emprise des syndicats sur le développement du Québec,  la rancœur de certains médias ou journalistes à son égard,  les positions complaisantes de certains partis de l’Opposition, e tutti quanti.

Pour lui, ses actions, ses projets, ses interventions ne visent qu’à assurer une plus grande prospérité et une plus grande sérénité au bon peuple qu’il représente.  Il nous sereine ce lénifiant discours depuis avril 2003.  Entre temps, il a essayé de nous passer dans la gorge la Centrale du Suroît, la privatisation du Mont Orford. Il s’est opposé très, très longtemps à une commission d’enquête sur les dérives dans la construction et l’octroi des contrats gouvernementaux.  Il ne jure que par le développement du  gaz de schiste, du pétrole de l’Île d’Anticosti et par son Plan Nord. Sans oublier qu’il nous avait promis de régler le problème des attentes dans les hôpitaux. Dans une autre vie, il nous avait concocté l’Accord de Charlottetown sans oublier son “love-in“ de 1995. Ce sont quelques éléments de son parcours politique  parsemé de squelettes, de coquilles vides et de rendez-vous manqués. 

À cette feuille de route, nous devons maintenant ajouter la Loi 78, loi permettant aux étudiants de recevoir l’enseignement dispensé par les établissements postsecondaires qu’ils fréquentent.  Une noble intention, pourrions-nous dire en temps normal mais qui, en plus,  durcit le droit d’association, qui limite le droit de manifester  et qui impose des amendes démesurées.

Il installe d’une façon sournoise une démocratie réactionnaire, disent certains spécialistes.  Il réconforte la grogne et les préjugés légendaires de monsieur Bernier de la rue Laurier et de madame Gingras de la rue Montana de Montréal.  Et il fait sûrement jouir notre premier ministre canadian. Ne sont-ils pas de la même école conservatrice réactionnaire ?

Nous devons, par contre, avouer que nos deux premiers ministres réussissent au-delà de toutes espérances à entretenir la désillusion et le désenchantement de la population envers la classe politique dans son ensemble. 

Sans espérer avoir un grand premier ministre comme Lesage ou Lévesque, sans rêver non plus d’avoir un Roosevelt à la tête du gouvernement, pourrions-nous au moins nous attendre à retrouver un politicien qui saurait inspirer une population qui sombre actuellement dans la désespérance.

Tout comme les Canadiens de Montréal, après avoir connu le pire, ça ne pourra  qu’aller mieux.  Souhaitons-nous un Marc Bergevin de la politique.  (B.F. – Le 20 mai 2012/La Voix de l'Est - Le 12 juin 2012)

N.B. Cette chronique publiée le 12 juin 2012 dans La Voix de l'Est a pour titre: Entretenir la désillusion et le désenchantement.