hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            20.03.2015 - Ça dérape...

Ça dérape…

Encore une fois, il faut rester dans les limites de la civilité. Il est de plus en plus difficile de conserver son calme lorsqu’on entend nos politiciens dérapés.

PKP a dit une connerie, tout comme l’avait fait Jacques Parizeau en 1995 en parlant de l’immigration et le Premier ministre du Québec est monté aux barricades en affirmant que les souverainistes faisait du nationalisme ethnique. Il a été rapide sur la gâchette à relever l’incartade de son adversaire. Le même Premier ministre est d’une super lenteur à corriger les gaffes de ses ministres. Comme le dit le dicton, Il est plus facile de voir la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien. À tout cela, il ne faut pas oublier l’idée farfelue de François Legault  qui veut  retourner dans son pays d’origine un immigrant qui ne réussirait pas un examen de français après quelques années au Québec et qui ne parlerait pas un français convenable.  Imaginons seulement le nombre d’anglophones qu’il serait dans l’obligation de retourner. 

Comme l’affirmait Michel David du quotidien Le Devoir : la dernière semaine fut pénible à vivre pour des politiciens tant à Québec qu’à Ottawa.

Dernièrement le Dr Yves Bolduc et Ministre de l’Éducation à Québec s’est fait montrer la sortie, mais notre Ministre de la santé et des services sociaux ne s’est pas encore fait montrer la même porte.   Question de temps, nous l’espérons pour le bien-être de tous les Québécois.

Sous ses airs de beau parleur et de petit faiseur,  le bon docteur Couillard raffole que son ministre agisse en pitbull. Il lui a réitéré sa confiance, premier pas vers une démission forcée ???  Parlez-en à n’importe quel instructeur d’une équipe sportive : un vote de confiance est le prélude à un congédiement.

Comme toile de fond de ce brouhaha, le Québec se dirige lentement vers un autre printemps chaud où les casseroles résonneront dans les rues de La Belle Province.  Les raisons pour ce nouveau tintamarre sont multiples.  Du démantèlement du réseau de la santé aux baisses des allocations du système à l’aide sociale en passant par les coupures des budgets dans les régions,  les mécontents ne manquent pas. Jamais nous pouvons voir une telle unanimité populaire : vieux, jeunes, élus, syndiqués, étudiants, assistés sociaux, Madame Gingras de la rue Montana sont à astiquer leurs casseroles et en avant la parade.

La France à ses guignols, l’Italie a ses polichinelles,  le Québec a ses….. (restons polis).  Si la commedia dell’arte se jouant sur la falaise du Cap Diamant est loin de nous faire rire nous pouvons toujours regarder le vaudeville qui se joue sur l’autre rive de la Rivière des Outaouais : notre Canadian Prime minister n’en manque pas une. Deux tristes spectacles que la population a portés à l’affiche.  C’est bonnet blanc, blanc bonnet.

Si Pépinot, Pantalon, Bedondaine, le Pirate Ma Boule, Franfreluche, Madame Bec-Sec ont fait rire les baby-boomers que nous étions à l’époque,  nos marionnettes actuelles ne font plus rire les papy-boomers et mamy-boomers que nous sommes devenus.

Parler de l’identité a toujours été un terrain glissant où l’émotivité peut faire dire n’importe quoi.  Le problème est que le Canada se vante d’être multiculturel et que le Québec valorise sa culture française. Deux visions identitaires qui depuis des lunes s’affrontent, entre autres,  au niveau de la langue, des valeurs et de l’ouverture sur le monde.

Les Péladeau, Couillard, Legault, dignes représentants de notre classe politique québécoise, semblent se prendre pour de nouveaux Elvis Gratton et ainsi faire passer tous les Québécois pour des bozos. 

Il serait opportun de nous et de leur  rappeler que Pierre Falardeau est décédé en 2009 et qu’il n’y a pas une suite  en préparation pour les films mettant en vedette Elvis Gratton.  De toutes façons, c’est Julien Poulin qui incarne le rôle de notre légendaire  Elvis Gratton.  Les Péladeau, Couillard, Legault peuvent aller se rhabiller, ils ne font pas le poids et ils peuvent passer à un prochain appel.

Sans faire de grands esclandres  nous pourrions dire : autre pays, autre coutume, autre valeurs, autres façons de vivre.  Ou reprendre les paroles de Saint-Augustin qui disait en son temps :   Si tu es à Rome, vis comme les Romains; si tu es ailleurs, vis comme on y vit. 

Historiquement, tous les Québécois sont des immigrants : nos ancêtres sont venus d’ailleurs et cette immigration a donné le Québec d’aujourd’hui avec ses défauts,  ses qualités, ses dérapages et ses hivers rigoureux. 

Mon ancêtre est arrivé en Nouvelle-France en 1667, le vôtre est arrivé hier, avant-hier, il y a quelques années ou arrivera demain, un autre après-demain.  Qu’importe :Bienvenue chez nous, bienvenue chez vous. (B.F. – Le 20 mars 2015)