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Analyse sociale et politique
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2.10.2010 - La Bordurie, la Syldavie, la Molvanie et les autres

À la fin des années 1930, à travers ses aventures, Tintin nous a fait découvrir deux pays imaginaires : la Bordurie et la Syldavie.  Plus près de nous, en 2006, trois auteurs nous ont fait connaître la Molvanie, pays situé quelque part, ailleurs au  milieu de nulle part.    Aucune compagnie aérienne assure le vol Montréal-Lutenblag, capitale de la Molvanie.  Vous pourrez toujours découvrir ce pays en naviguant sur Internet.

Par contre, à travers l’actualité d’ici et d’ailleurs, nous pouvons voir la transformation de pays réels.  Des pays qui prennent maintenant les allures d’une bande dessinée et qui deviennent des caricatures d’eux-mêmes.

Depuis mai 2007, la France se forge un pseudonyme :  la Sarkozie. Sous l’impulsion de son président, qui s’est autoproclamé empereur, la France une république naguère influente et lumineuse n’est plus l’ombre d’elle-même. Les Français ont fait la Révolution il y a plus de deux siècles pour assainir leur paysage politique.  La patrie des droits de l’homme et des citoyens s’embourbe dans une multitude de dossiers et de scandales qui la rendent ridicule aux yeux de ses partenaires.  Pourra-t-elle se sortir  de ce bourbier ? 

Il n’y a pas seulement nos “cousins“ français qui s’enlisent dans la déconstruction de leur pays. Au Canada, jadis le “plusss meilleur du monde“, depuis janvier 2006 nous vivons sous l’emprise d’un premier ministre issu du Reform Party, petit cousin du Front national en France, qui sous le nom cajoleur de Parti conservateur, voit à la création du “Harperland“. Nouveau pays se modifiant à partir des valeurs d’une droite religieuse réactionnaire et rétrograde qui a fait des ravages et qui fait encore des ravages chez nos voisins du sud.  Force est de constater que les dirigeants de la Sarkozie et du Harperland s’entendent comme larrons en foire.

Encore plus près de nous, et depuis plus longtemps, la Belle Province devient la “Charesterie“. Province ou pays, comme vous voudrez, où le premier ministre depuis avril 2003 se prend pour la réincarnation du Roi-Soleil : c’est notre Louis XIV, version 21e siècle.  Lui aussi partage sensiblement les mêmes vues que l’empereur de la Sarkozie.  Notre John James Charest transforme “son royaume“ en espèce de paradis où la suspicion et la basse partisanerie politique sont établies à demeure,  où éthique rime avec élastique.

Nos trois sbires ont la même devise : L’État, c’est moi. Ces politicailleurs de carrière ne visent que leur maintien au pouvoir et sont responsables en très grande partie de la chute importante de la participation citoyenne dans les affaires de l’État.

À la longue, ils ont fait perdre toute crédibilité à l’action politique et éloignent, pour ne pas dire autre chose, toutes personnes susceptibles de vouloir servir leurs concitoyens : ils sont devenus les éteignoirs de l’engagement politique. 

Pour éliminer ce genre d’individu de la scène politique, il s’agirait tout simplement de limiter le nombre de mandats et d’années où ils pourraient sévir : ça existe ailleurs.  Le Canada et le Québec, à tout le moins, pourraient s’inspirer d’une telle disposition qui a permis à nos voisins du sud de se débarrasser de George W. 

Vous me direz qu’une telle disposition n’assure pas l’éradication définitive de cette race, nos voisins du sud en sont la preuve vivante : le “Tea Party“ et Sarah Palin pourraient y faire des ravages, mais au moins, ça donne le temps de respirer quelque peu.  (B.F. – Le 2 octobre 2010/La Voix de l’Est – Le 6 octobre 2010)