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Analyse sociale et politique
   Accueil            2.04.2011 - “La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe“

2.04.2011 - “La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe“

Ce proverbe est apparu au milieu du 19e siècle et s’employait pour rejeter une calomnie, une insulte méprisante, un propos médisant ou une attaque vicieuse.  Force est de reconnaître que nous devrons adapter ce proverbe à l’actualité du jour. 

Depuis quelques années et quelques campagnes électorales plus tard, tant chez nos voisins du Sud que dans “le plusss meilleur  pays du monde“ qu’a déjà été le Canada, nous constatons les dérives et les dérapages qui sont provoqués par certains partis politiques qui  utilisent sciemment ce que les spécialistes appellent des publicités négatives.  Ce sont les États-Unis, semble-t-il, qui seraient à l’origine de cette mode.  Mode qui a été exploité par tous les partis politiques mais dont le Parti conservateur est un fidèle, un fervent et constant utilisateur.  Messieurs Bouchard, Dion, Duceppe et Ignatieff, pour ne nommer que ceux-là, sont passés, chacun à son époque, dans la moulinette du Parti conservateur, ou de son ancêtre, le Parti réformiste du Canada, de triste mémoire.

En soi, c’est la bonne vieille technique médiatique d’attaquer le messager au lieu du message.  C’est de dénigrer la personne plutôt que de mettre de l’avant son propre programme.  La consolation, toujours selon les spécialistes, c’est que cette méthode se retourne normalement contre celui qui l’utilise : la publicité négative reflète en général, implicitement, les faiblesses du programme qu'elle est sensée défendre.

Que vous soyez le fils d’un émigrant, que vous ayez été actionnaire d’une entreprise hôtelière, que vous soyez gaie ou lesbienne, que vous soyez noir ou autochtone aux yeux bleus et cheveux blonds, en quoi cela peut-il nuire ou empêcher un engagement politique ?

N’y a-t-il pas un parti politique qui nous a promis jadis: intégrité, transparence et équité ?  N’y a-t-il pas un parti politique qui limite l’accès à l’information ? N’y a-t-il pas un parti politique qui achète à grand renfort de subventions ou de prêts garantis le vote des électeurs comme au bon vieux temps de Maurice  Duplessis ? Lui, c’était les “frigidaires“ et les bouts de routes en asphalte.  N’y a–t-il pas un parti politique qui renie à tour de bras les engagements internationaux déjà signés ?  N’y a-t-il pas un parti politique qui “pacte“ le Sénat de petits copains du régime aux idées obtus ? N’y a-t-il pas un parti politique qui a été accusé d’outrage au Parlement ?  N’y a-t-il pas un parti politique qui nous endette collectivement tout en décriant l’endettement individuel des citoyens ?  N’y a-t-il pas un parti politique qui  subventionne allègrement les grandes entreprises à coups de centaines de millions  et qui promet, pour le 32 mars 2015, quelques  “peppermints“ à la famille canadienne ?  Le tout enrobé par la peur et la dénégation.

Ces quelques dérives politico-électorales  portent beaucoup plus atteintes à la démocratie que le fait d’être le fils d’un émigrant, actionnaire d’une entreprise hôtelière,  gaie ou lesbienne,  noir ou autochtone aux yeux bleus et cheveux blonds.

Molière a créé une pièce en 1671 s’intitulant “Les Fourberies de Scapin“, c’était une comédie.  En 2011, nous sommes plutôt les témoins d’une très mauvaise adaptation de ce classique où nous avons sur la scène un beau parleur et fieffé coquin qui veut faire la pluie et le beau temps.  Mais ce “remake“  risque de se transformer en une dramatique qui ne fera plus rire personne. Il y a un vieux dicton qui dit : “Que l’on peut tromper son père tout le temps, du monde longtemps, mais pas tout le monde tout le temps“.  Nous saurons bientôt la véracité de ce dicton. (B.F.  – Le 2 avril 2011/La Voix de l’Est – Le 13 avril 2011)