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Analyse sociale et politique
   Accueil            2.03.2010 - Nous n'en sommes pas à une réforme près

La présente chronique s’inspire d’une chronique publiée  le 10 avril 2009 et portant le titre : La MRCisation des services de Santé : un débat à faire

2.03.2010 - Nous n’en sommes pas à une réforme près

À l’exception du ministre Denis Lazure, à la fin des années 1970, et du ministre Marc-Yvan Côté, au début des années 1990, tous les autres ministres de la santé et des services sociaux, depuis trente-cinq ans, ont une part de responsabilités dans la détérioration du réseau des centres d’hébergement du Québec.  Et la  dernière réforme improvisée par le  bon docteur Couillard, celle  qui sévit présentement dans le réseau de la santé et des services sociaux et qui devait rapprocher services et population s’est transformée en derby de démolition. Pour une partie importante de la clientèle visée, les personnes âgées et les adultes en perte d’autonomie, les améliorations  promises  se  sont transformées en une détérioration des services.  

Depuis trop longtemps, toutes les décisions sont prises hors du pouvoir des communautés.  Ces décisions, mur à mur, reflètent très peu la réalité et les besoins des communautés et  ont toujours été concoctées par des niveaux échappant au pouvoir local.   C’est Québec, Montréal et Longueuil qui décident de ce qui devrait être bon pour un territoire local.  Ce qui peut-être satisfaisant pour Longueuil, Valleyfield ou Sorel, n’est pas obligatoirement  la réponse appropriée pour la Haute-Yamaska.

Pour remédier à cette détérioration, nous devons  valoriser et développer une approche territoriale au niveau des services pour la population âgée et en perte d’autonomie. Ces services doivent être définis, décidés et contrôlés localement.

En tenant compte des missions décrites ou sous-entendues par notre système : un hôpital doit répondre à une région donnée et depuis toujours, cette notion de région dépasse  un territoire de MRC. Les CLSC et les CHSLD ont toujours eu une mission territoriale, toujours identifiée à un territoire de MRC. 

Missions, responsabilités et rôles très différents, depuis toujours, que la dernière reforme a  ramené à une simplification comptable et administrative au détriment de la qualité des services.  Ce cul-de-sac est observable dans la plupart des régions du Québec, à l’exception de quelques régions éloignées ou ayant de très petites unités administratives.  Une recherche faite dans les années 1990 a démontré clairement que la seule chose à ne pas faire était justement de procéder à la fusion CH-CLSC-CHSLD.

L’hôpital est un service de deuxième ligne. Par son importance budgétaire et organisationnelle, il écrase à tout coup les services de première ligne que sont les CLSC et les CHSLD.  De plus, l’hôpital par son modèle médical, tout à fait logique par sa mission exporte ce modèle aux autres qui ont par définition un modèle social au niveau de l’action.

En bout de ligne, les besoins de la personne âgée sont évalués avec une lorgnette hospitalière et médicale alors que les besoins sont bio-psycho-sociaux.  C’est sans oublier une allocation budgétaire qui pénalise à tout coup les programmes d’hébergement pour les personnes âgées : la démonstration n’est plus à faire.

C’est évident qu’une nouvelle réorganisation suscitera des remous. Mais il y va du mieux-être d’une partie importante de la population des communautés locales. Les communautés locales  reposant sur la solidarité, l’interdépendance, la proximité de ses membres, les services aux personnes âgées s’inscrivent dans cette réalité. 

À l’intérieur de leur mandat, les municipalités interviennent au niveau du logement social, les HLM. Ajouter un volet hébergement   ne ferait que compléter  la mosaïque  des services à offrir à cette population grandissante.  Certaines municipalités  l’ont déjà fait.  (B.F. – Le 2 mars 2010/La Voix de l’est -, Le 2 mars 2010)