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Analyse sociale et politique
   Accueil            2.02.2012 - Des drames ne justifient pas la connerie

Des drames ne justifient pas la connerie

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu déraille une autre fois.  Je ne sais trop qui il représente : lui-même assurément et quelques fanatiques nostalgiques de la Loi du talion.  C’est vrai qu’il a vécu des drames dans sa vie familiale, mais ce n’est pas une raison pour dire n’importe quoi, n’importe comment.  Pour lui, c’est le retour de la Loi du talion : œil pour œil, dent pour dent : rien de moins.

Cet individu, non élu,  a obtenu son poste de sénateur par le biais d'une nomination bassement partisane.  En plus, on le retrouve  comme membre du comité sénatorial chargé d'étudier le projet de loi qui prévoit des modifications au Code criminel pour durcir le traitement réservé aux criminels et aux jeunes contrevenants notamment en augmentant la durée des sentences et en resserrant les conditions de libération conditionnelle. Il semble être un fervent défenseur du système de la vendetta en lieu et place du système judiciaire et pénal canadien.  Il souhaite, à n’en pas douter, le retour du Code d’Hammourabi : nous ne retournons pas au 19e siècle, mais au temps de Babylone, c’était il y a plus ou moins 4000 ans, juste après les dinosaures.

Les dérapages réformistes présentés à la sauce conservatrice sont trop fréquents pour les énumérer. C’est un de plus en attendant le prochain. 

Notre système électoral fait en sorte que 23,9%  de l’électorat canadien a appuyé  (39% des personnes qui ont voté) cette façon de faire.  C’est dire que  plus de 75 % de la population canadienne et plus de 60% des électeurs ayant voté ne s’identifient aucunement à l’idéologie de ce gouvernement qui est selon la règle : majoritaire.  En se gardant une petite gêne, nous pouvons affirmer que le Canada dans son ensemble et le Québec en particulier se retrouve à vivre en démocratie autoritaire.  Bon, vous me direz qu’il y a pire ailleurs, mais ce n’est pas une raison pour se consoler.

Nous pouvons toujours, à la limite, nous plier aux règles du jeu de cette démocratie.  Les députés élus ont été élus, c’est une chose.  Mais se farcir les déclarations tonitruantes de personnages non élus, c’est trafiquer les règles.  

Notre Sénateur de tantôt se plaint que le procès de la famille Shafia a coûté 10 millions de $.  C’est beaucoup de sous, mais c’est le coût à payer pour maintenir un système impartial et désintéressé.  Le présent gouvernement se fait un plaisir à décrier les pays qui ne respectent pas l’état de droit s’inspirant de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Alors, il faudrait savoir… Qu’est-ce qui est mal ? Qu’est-ce qui est bien ?

Pour ce qui est des coûts, il serait pertinent que ce Sénateur non élu nous dise ce qu’il en coûte annuellement à TOUS les canadiens pour maintenir en opération une institution obsolète comme le Sénat ?  Combien lui,  Sénateur non élu, nous coûte pour écouter ses  déclarations fracassantes, si nous voulons rester poli ?

Le présent gouvernement est passé maître dans le processus d’abolition : abolition de la Commission canadienne du blé, abolition du registre des armes à feu, abolition de certains services de la garde côtière, abolition du financement des partis politiques… 

Abolir le Sénat canadien serait une  SAGE proposition.  Ça nous éviterait une moins grande compression au niveau des pensions de la vieillesse.  Ça ferait disparaître une institution remontant à Jules César.  Ça nous éviterait d’entendre les divagations de certains individus tout en économisant des sous.  Comme le disait je ne sais trop qui : ce serait une décision gagnant-gagnant.  Mais ne comptons pas sur le présent gouvernement pour y donner suite.  (B.F. – Le 2 février 2012/La Voix de l'Est - Le 4 février 2012)