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Analyse sociale et politique
   Accueil            19.11.2015 - La chandelle du Ministre Coiteux
La chandelle du Ministre Coiteux
 
Plus ça change, plus c’est pareil.  Depuis l’affrontement mémorable du début des années 1970, le Front commun des employés de l’État et le gouvernement du jour s’affrontent à chaque renouvellement des conventions collectives.  C’est trop pour l’un et pas assez pour l’autre.  C’est toujours la même cassette.  Et la prévision probable est qu’une loi spéciale sera adoptée à l’Assemble Nationale.   Peu importe le gouvernement, c’est toujours la même conclusion.
 
Les journalistes n’ont qu’à changer les noms, le scénario est le même.  En bout de ligne, le contribuable verra les services diminuées ou ses impôts augmenter. 
 
Comme le disait Yvon Deschamps dans un de ses monologues “Les Unions quossa donne“.  Et le gouvernement en place s’inspire toujours de l’affirmation de Jean Lesage qui disait en 1962 : la Reine ne négocie pas avec ses sujets.
 
D’un décret à une loi spéciale, d’une grève à l’autre, depuis 53 ans le gouvernement qu’il soit péquiste ou libéral sortira toujours gagnant face au front commun syndical des employés de l’État : c’est une recette éprouvée.  Là aussi, ce ne sont que les dates qui sont modifiées.
 
Ce qui n’empêchera pas l’actuel gouvernement de continuer à sabrer dans les services à la population.  Les secteurs de la santé, de la petite enfance, de l’éducation, entre autres, verront leurs services passer à la moulinette de  l’austérité.  Pourtant Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie a  affirmé : l’austérité n’est qu’une idée toxique.  Même le très conservateur Fond Monétaire International dit que l’austérité est dangereuse et qu’il faut stimuler l’économie.  Mais les Barrette, Blais, Coiteux, Couillard, Leitao savent eux, ils “austérisent“ ; ils appliquent la recette en promettant à la population que les prochaines années seront plus agréables et reluissantes.  Mais cette même population sait très bien qu’il ne faut pas compter sur une telle promesse, ça aussi est un élément de la recette politicienne pour amadouer les électeurs que nous sommes.  Les électeurs savent très bien que l’avenir signifie la trahison des promesses.  Combien de fois la population a-t-elle vécu une telle réalité ?  Elle sait très bien  que les politiciens font des promesses pour le seul plaisir de ne pas les tenir.  Elle sait aussi que  la politique n'est pas l'art de résoudre les problèmes, mais surtout de faire taire ceux qui les posent : c’est une recette universelle.  C’est du miel pour attirer les mouches que nous sommes.
 
Au Québec, il y a l’expression promesse d’ivrogne qui signifie une promesse prise sur le coup de l’émotion et qui ne sera jamais réalisée. Mille et une excuses, ou une raison quelconque qui  seront inventées pour ne pas remplir la ou les promesses.
 
Le Québec, leader international, dans le développement de l’électricité, se voit revenir à l’époque de la chandelle.  Le parti libéral de Jean Lesage dans les années 1960 a été l’instigateur de la Révolution tranquille et de la modernité se voit maintenant projeter dans un déclin tranquille par un autre gouvernement du parti libéral.
 
“Avancez en arrière“ disait le chauffeur de tramway à l’époque des chandelles.  “Pôvres de nous“ se plaît à dire Caliméro. (B.F. - Le 19 novembre 2015)