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19.10.2009 - À 913$ - est-ce nécessaire de crier aux loups ?

Chaque québécois, en âge de respirer, avait en mai 2008 selon le journal Le Devoir une dette gouvernementale de 82,000$.  En additionnant les dettes du gouvernement canadien, du gouvernement du Québec et des gouvernements municipaux, s’il fallait ramener le compteur à zéro, tous les québécois devraient débourser “dret-là“ cette somme.  C’est sans compter ce que la récession actuelle laissera dans la colonne du passif. 

Ceci étant dit, messieurs Harper et Charest trouveront bien un scénario soit pour nous dorer la pilule  ou nous faire avaler des couleuvres. Globalement, c’est à ces deux paliers de gouvernement auxquels nous devons cette horreur financière.

Plus près de nous, à Granby, nous entendons à périodes fixes et particulièrement pendant une campagne électorale, les chantres de la pureté absolue nous claironner que la dette de notre cité frôle la catastrophe et qu’il faille absolument et immédiatement remédier à cette descente aux enfers.  Pour certains, mettre fin à la dette est devenue une obsession qui frôle la névrose.

La dette de 55 millions qui apparaît dans les états financiers 2008 de la ville de Granby est-elle exagérée, démesurée et incontrôlée comme certaines personnes aiment le prétendre ?  Avons-nous hypothéqué l’avenir des prochaines générations ?  À l’analyse, il est évident que rien ne justifie de hauts cris face à l’endettement de la cité. 

L’hebdomadaire L’Express du 30 septembre 2009 et le journal La Presse du 14 octobre dernier, présentaient des dossiers décrivant l’endettement de municipalités du Québec et de la région métropolitaine.  La situation de la ville de Granby, sans être un champ de roses, est loin d’être le sentier d’épines décrié par nos chantres de tantôt.  Allons-y de certaines comparaisons en prenant l’année 2008 comme référence: la ville – sa population - son endettement par habitant.  Ce sont des villes qui se retrouvent dans un même éventail au niveau des populations.

 

St-Hyacinthe (52,513) : 567$

Drummondville (68,841) : 780$

Granby (60,210) : 913$

Rimouski (43,097) : 1225$

Saint-Jean-sur-Richelieu (89,388) : 1332$

Saint-Eustache (42,944) : 1334$

Dollard-des-Ormeaux (49,940) : 1356$

Shawinigan (52,865) : 1542$

Victoriaville (41,318) : 1573$

Châteauguay (43,618) : 1633$

Salaberry-de-Valleyfield (40,477) : 1846$

Brossard (72,707) : 1969$

Blainville (47,504) : 2141$

Repentigny (77,744) : 2756$

Saint-Jérôme (65,048) : 3254$

Vous me direz que Granby a déjà eu, il y a quelques années, un endettement de plus ou moins 60$ par habitant, mais beaucoup d’experts et plusieurs élus de d’autres villes affirmaient qu’un jour ou l’autre la réalité nous rattraperait.  Même le maire de Québec, monsieur Régis Labaume, qui est présentement l’idole de plusieurs personnes, déclarait il y a quelques jours, que l’exemple de Granby de la fin des années 1990 n’était pas un modèle à  suivre dans la gestion d’une ville.  On ne peut indéfiniment remettre à demain ce qu’il fallait faire hier.

Et pour éviter toutes crises d’apoplexie à mes chantres de tantôt qui verraient dans mes propos une valorisation de l’endettement : une spirale vers un  endettement excessif n’est pas synonyme de développement.  L’objectif est de maintenir l’équilibre  entre développement – vision – qualité de vie et rayonnement.  Nous parlons alors de planification, de gestion, d’animation et non pas seulement d’administration.  Mais là, c’est un autre débat. 

Granby est une ville-centre importante du Québec. S’en limiter  à lui promettre l’extinction de sa dette et ainsi faire miroiter aux citoyens-électeurs  une diminution de son compte de taxes, c’est  faire preuve  d’un populisme électoraliste.   En tenant compte du taux de taxation  relativement peu élevé de Granby, à comparer avec d’autres villes similaires qui elles ont une dette par habitant beaucoup plus élevée, la situation financière de notre cité semble saine.

Nos chantres de l’anti-endettement ne font que réécrire à la mode granbyenne la fable d’Ésope  “Le garçon qui criait au loup“, écrite plusieurs siècles avant J.C. : un jeune berger qui s'ennuyait, se faisait un malin plaisir de crier inutilement au loup, histoire de voir les villageois venir les secourir, lui et son troupeau. Comme sa plaisanterie stupide avait très bien marché, il la recommença un peu plus tard avec le même résultat. Mais quand le loup commença réellement à attaquer son troupeau, il eut beau crier, plus personne ne bougea.

Il serait peut-être temps de passer à autre chose. (B.F. – Le 19 octobre 2009/La Voix de l'Est - Le 23 octobre 2009)