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Analyse sociale et politique
   Accueil            19.07.2010 - Here we go again my dear friend

19.07.2010 - Here we go again my dear friend

Doit-on ou ne doit-on pas abolir les primes au bilinguisme dans la fonction publique fédérale ?  Encore une fois, peut-être à cause du manque de nouvelles, les médias relance le débat.  Débat qui revient aussi régulièrement dans l’actualité  que  la crise des urgences dans les hôpitaux. 

Rappelons pour les plus jeunes que la Loi sur les langues officielles au Canada a été adoptée en 1969, il y a donc quarante et un ans.  Elle découlait des conclusions de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.  Elle devait permettre  au français et à l’anglais  un statut, des droits et des privilèges ÉGAUX.  Elle devait favoriser l’épanouissement et le développement des minorités francophones hors Québec  et de la minorité anglophone au Québec.  Finalement, elle devait promouvoir la reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais “coast to coast“.  La question du bilinguisme était au cœur de l’action politique de Pierre Elliot Trudeau.

En prenant 20 ans comme étant la durée moyenne d’une génération, nous devons constater que deux générations plus tard la question du bilinguisme au Canada est encore un sujet très sensible et que la grande illusion développée par Pierre Elliot Trudeau  ne s’est pas matérialisée.  Sans refaire la chronologie des événements,  cette utopie canadienne demeure, 40 ans plus tard, un vœu pieu.  À l’exception du Québec et de la partie acadienne du Nouveau-Brunswick, le bilinguisme n’est qu’un trompe l’oreille permettant à notre gouvernement “canadian“  de  semer la confusion sur la scène internationale. Vous avez plus de chances d’être accueilli en français à Ogunquit ou à Kennebunk dans l’état du Maine aux USA que dans les “Rockies Mountains“, aux “Niagara Falls“ , aux “Thousands Islands“ ou au “Calgary Stampede“  où vous devrez vous armer de patience et de tolérance pour trouver le caractère français du Canada.

Combien de premiers ministres anglophones au Canada peuvent s’exprimer dans un français acceptable ?  Stephen Harper, Dalton McGuinty, Shawn Graham : 4 sur 11  en incluant le premier ministre du Québec.

Combien de ministres dans le gouvernement du Canada peuvent communiquer convenablement en français pour être compris ?  7 ministres dont 5 francophones; 6 ministres anglophones parviennent à baragouiner en français et 23 ministres unilingues anglophones. Ne parlons pas  de tous les autres députées de la Chambre des Communes, le décompte serait désastreux. Le Canada, un pays bilingue ?

Il faut aussi savoir qu’un débat est en cours dans ce même Parlement sur l’exigence que tous les juges nommés à la Cour Suprême, le plus haut tribunal du pays, soient bilingues.  La grande majorité de nos parlementaires jugent cette exigence inutile et farfelue : on retrouve même des députés et sénateurs francophones qui jugent cette exigence non essentielle.  On est toujours au Canada, dans un pays officiellement bilingue ?

Nous passerons sous silence les nombreux rapports de Graham Fraser, le commissaire aux langues officielles, qui signale année après année les défaillances, les faiblesses, les manquements de toutes sortes dans l’application de la loi sur les langues officielles : un pas en avant, deux pas en arrière. 

Vous me direz tous les bienfaits de la classe d’immersion en français à Whitehorse, à Vancouver ou à Gravelbourg : c’est touchant.

Mais la “réalité réelle“ est que le Québec et l’Acadie se “bilinguisent“ and the rest of Canada is rooted in a monolingual in English.  Souvenons-nous des Gaulois !   (B.F. – Le 19 juillet 2010/La Voix de l’Est – Le 23 juillet 2010)