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Analyse sociale et politique
   Accueil            19.03.2014 - Se prépare-t-on un autre désastre ?

Se prépare-t-on un autre désastre ?

La population du Québec est dure à suivre; nous le savons déjà.   Elle a admiré Pierre Elliott –Trudeau, celui pour qui un NON voulait dire OUI.  Elle vénérait René Lévesque qui voulait faire du Québec un pays indépendant.  Qui plus est, en même temps, la population de Montréal maintenait au pouvoir comme maire, Jean Drapeau qui  a accompli de grandes réalisations: métro, Expo universel de 1967, les Expos, les Olympiques de 1976: mais il ne supportait aucune oppposition à son Hôtel de ville de Montréal.  Après Dieu le Père, c’était lui ou l’inverse.

Ce trio: Trudeau-Lévesque-Drapeau était pour le moins disparate. Au niveau politique, aucun atome crochu ne les unissait.  Par contre, les membres de ce trio avaient en commun une chose: il nous proposait une vision: que nous les aimions ou non.  Trudeau a été un chef d’État qui rayonnait au niveau international.  René Lévesque a inscrit le Québec dans la modernité.  Drapeau, avec ses réalisations, a fait de Montréal une grande ville internationale.  L’ère Trudeau-Lévesque-Drapeau représente une période faste pour tous les Québécois.

Cela n’empêche pas que  les Québécois sont difficiles à suivre sur le plan politique. Fédéralistes et souverainistes en même temps.  À gauche et à droite en alternance avec un vieux fond social-démocrate.  L’élection fédérale de 2011, avec le courant NPD, n’est qu’une illusion. Les Québécois ne sont pas de la gauche, pas du tout.  Fondamentalement, la population du Québec aime bien ses vieilles pantoufles: la population du Québec se situe à droite sur l’échiquier politique.

Le sondage du jour confirme cette position d’ambivalence traditionnelle.  Le sondage Crop-La Presse laisse entrevoir, si les élections avaient eu lieu dans les derniers jours, que la population aurait porté le Parti libéral du Québec au pouvoir avec “Flip-flop“ Couillard comme Premier ministre.

Dans tout ce méli-mélo politique, une poule n’y retrouverait pas ses poussins.  Le Québec se dirige tout droit vers un méli-mélodrame.  Ce n’est pas tant de porter le Parti libéral du Québec au pouvoir qui est dramatique, c’est de reporter le Parti libéral du Québec avec Philippe Couillard comme éventuel Premier ministre qui est un drame existentiel pour le Québec. 

Il nous reste à prier le Saint Frère André, la Bienheureuse Marguerite Bourgeois, la Sainte Kateri Tekakwitha, la Bonne Sainte-Anne pour qu’ils interviennent auprès du Seigneur, du Grand Manitou ou d’Allah pour qu’ils insufflent un vent de sagessse à la population québécoise dans les trois prochaines semaines.

Le Québec a vécu son lot de désastres dans les dernières années. La tempête du siècle en 1971, le déluge du Saguenay en 1996, la crise du verglas en 1998, l’accident ferroviaire de Lac Mégantic en 2013 sans oublier  le pont Champlain qui est en train de s’écrouler, il n’est pas nécessaire d’en ajouter un autre.  Surtout que les Canadiens de Montréal ne gagneront pas la Coupe Stanley cette année.  Aucune réjouissance à l’horizon. C’est la morosité totale et complète.

Le sport, surtout le hockey, la religion et la politique sont les trois sujets de prédilection des Québécois.  Les Canadiens de Montréal nous font faux bond depuis 1994.  Les églises se vident depuis la Révolution tranquille en 1960, mais les Québécois sont toujours attachés à leurs valeurs religieuses. Ils ne sont plus pratiquants, mais ils sont toujours croyants : ils ne veulent pas que l’on enlève le crucifix à l’Assemblée nationale du Québec.

Nous pouvons convenir que nos désastres ne sont rien à comparer avec la situation en Ukraine ou en Syrie, mais il ne faut pas oublier nos hivers rigoureux ; celle de cette année est mémorable. Et en plus, depuis 2006 nous devons endurer Stephen Harper comme Premier ministre du Canada.  Ajouter le tandem Harper-Couillard à notre paysage politique, c’est un prix à payer démesuré pour les quelques fautes que nous aurions pu commettre. 

C’est à regretter le “p’tit gars“ de Shawinigan. Au moins nous pouvions toujours nous dire qu’il était peut-être du centre avec un petit penchant à gauche, il a refusé d’aller faire la  guerre en Irak et il a déjà traité George W. de moron.  Était-ce une insulte ou la triste réalité ?

Mais avec “Flip-flop“ Couillard et Gaétan Barrette, en prime,  il n’y a rien de drôle. Un Québec indépendant dans un Canada fort, disait Yvon Deschamps : la ceinture et les bretelles en même temps. C’est à désespérer des Québécois.  (B.F. – Le 19 mars 2014)