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Analyse sociale et politique
   Accueil            19.03.2013 - Heureux qui comme...

Heureux qui comme….

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage a écrit Joachim Du Bellay au 16e siècle.  Nous pourrions parodier ce célèbre poème aujourd’hui en écrivant Heureux qui comme les Libéraux, s’imagine aux portes du pouvoir.

En choisissant le bon Docteur Couillard comme nouveau chef, les membres du  Parti Libéral du Québec s’imaginent avoir fait la trouvaille du siècle.  Si brillant et photogénique soit ce bon docteur, avouons qu’il traîne quelques casseroles et squelettes avec lui.  En plus d’avoir abandonné un navire  qui bourlinguait sans véritable boussole, il y a quelques années, pour se concocter un avenir plus doux alors qu’il était encore ministre.  Après avoir décrété une réforme du réseau de la santé et des services sociaux qui est sortie d'on on ne sait où.  Après avoir tergiversé dans le dossier des CHU de Montréal, ce bon docteur a pour mission de relancer le PLQ vers le pouvoir.  Comme le soulignait un autre chroniqueur sera-t-il plutôt le fossoyeur de solennelles funérailles pour le PLQ?

Tous les autres partis politiques auront un plaisir fou à en découdre avec le bon docteur.  L’image et le paraître peuvent séduire nombre d’électeurs, c’est une évidence : la dernière élection fédérale en a fait la démonstration.  Les québécois aiment beaucoup les images, héritage de notre éducation judéo-chrétienne.

Beau parleur, reconnaissons lui cette qualité. Il devra redéfinir la signification de certains mots : loyauté, amitié, intégrité, transparence, vision pour ne citer que ceux-là.  En regardant son  parcours politique, nous devons reconnaître certaines ambiguïtés lorsque nous nous attardons au mot loyauté.  Pour le bon docteur, le mot amitié est élastique, ça dépend de l’individu, des circonstances et des années. 

Pour ce qui est de l’intégrité, de la transparence et de la vision, le PLQ a ses définitions bien à lui.  Si le passé récent est garant de l’avenir,  la population québécoise deviendra spécialisée en étymologie : l’origine de ces trois mots n’ont pas la même signification pour le PLQ et le commun des mortels.  Ces trois mots sont devenus des MAUX de l’héritage politique laissé par le dernier gouvernement du PLQ.  Le bon docteur devra faire appel à toutes ses connaissances pour guérir son parti avant de vouloir reconquérir une certaine crédibilité populaire.  S’enfermera-t-il dans la continuité de son prédécesseur?  S’inspira-t-il de ce que fut jadis le PLQ de Jean Lesage?  Allez savoir.

Le bon docteur est maintenant chef du PLQ, grand bien lui fasse, son ego est sûrement à son comble.  Il ne lui reste plus qu’à proposer  des avenues qui assureront le rayonnement du fait français, un développement économique respectueux de l’environnement, une redistribution équitable des richesses tout en satisfaisant les besoins primaires de la population québécoise.  Rien de moins.

Comme le soulignait dernièrement le député du comté de Granby, le passage du bon docteur, durant cinq ans, comme ministre de la santé et des services sociaux ne représente aucunement un indice de réussite pour NOTRE avenir collectif, loin de là.  L’improvisation qu’il a démontrée en imposant des fusions à ce réseau se rapproche plus de la pensée  magique que d’une vision éclairée.

Ceci étant dit.  Néanmoins, l’engagement politique du bon docteur permettra aux Québécois un choix plus grand face à NOTRE devenir.  La dernière élection nous a donné  une gouvernance multicolore, c’est peut-être le prix à payer pour satisfaire  notre ambivalence légendaire.  Plusieurs pays s’accommodent relativement  bien de la pluralité dans leur Parlement. Par contre, il faudrait revoir en profondeur tout notre processus électoral.  Monsieur Claude Béland et son groupe de travail sur ce sujet  ont fait plusieurs propositions, il y a quelques années.   Son rapport a été “tabletté“.  Le dépoussiérer serait une TRÈS bonne idée.  (B.F. – Le 19 mars 2013/La Voix de l'Est - Le 20 mars 2013)