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Analyse sociale et politique
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19.03.2008 - Heureux qui comme... MAIS... 

Les membres du Parti démocrate font face  à un heureux, et en même temps, à un douloureux choix.  Qui d'Hillary Clinton ou de Barak Obama saura le mieux freiner la dérive américaine vécue depuis huit ans sous George W. Bush ?  L'élection  d'Hillary Clinton ou de Barak Obama comme candidat à la tête du Parti démocrate nous assure d'une personne ayant une plus grande crédibilité pour reconstruire l'image de la première puissance mondiale.  Image qui a été dramatiquement dénaturée par la politique de l'actuel président.  Dernièrement, un sondage  effectué dans plusieurs pays à travers la planète classait les Etats-Unis comme étant le pays le plus dangereux pour la sécurité mondiale.  C'est dire tout le gâchis à ramasser pour le prochain président. 

Il est évident que Barak Obama est actuellement l'étoile montante chez nos voisins du Sud.  Il est pour plusieurs un mélange de John F. Kennedy et de Martin Luther King.  Il est inspirant et charismatique.  Il soulève l'enthousiasme, mais en même temps son inexpérience politique est son plus grand handicap.  Il est sénateur depuis deux ans seulement. 

Hillary Clinton, autant inspirante mais moins charismatique, a l'avantage de pouvoir s'appuyer sur une plus grande expérience dans la conduite des affaires de l'État.  Elle n'a pas seulement été la Première Dame  sous la présidence de son mari.  Elle a mené plusieurs dossiers à cette époque qui n'ont pu malheureusement voir le jour à cause des dinosaures de la droite religieuse, financière et politique américaine.  Son rôle de sénatrice de l'état de New-York depuis huit ans multiplie ses champs de compétence. Hillary Clinton a su se détacher de l'aura de son époux pour démontrer son influence et son ambition.  Elle a une vision pratico-pratique de la politique alors  que Barak Obama surfe  sur les émotions, si nobles soient-elles.   Dans ce sens, je vote Clinton.

MAIS, si Hillary Clinton ou Barak Obama nous assure d'une gouvernance mondiale plus respectueuse des droits des individus, des peuples et des nations, il n'en demeure pas moins que la prochaine personne à occuper la Maison-Blanche  sera encore  la plus puissante du monde. Les Etats-Unis, pour quelques décennies encore, demeurent LA puissance économique, militaire, culturelle et politique à l'échelle mondiale. 

Les attentes et les défis sont très grands pour la prochaine présidence : mettre aux pas les dictatures alliées, il y en a plusieurs ; respecter les choix démocratiques faits par les populations de certains pays ; appuyer les décisions de l'O.N.U.; ratifier certains protocoles : changements climatiques, tribunal international, droits de la personne ; discipliner ses interventions au niveau culturel en évitant d'écraser les autres cultures.  Sur le plan intérieur, les défis sont aussi grands : combattre les inégalités et la pauvreté, assurer des soins de santé à tous les citoyens, intégrer ses minorités, redresser les finances catastrophiques héritées de l'administration Bush.

Pour plusieurs analystes, il n'y a guère de différences entre les Républicains et les Démocrates. Changer de parti politique au pouvoir ne veut pas dire modifier de façon significative la politique.   Les USA visent en premier lieu la préservation du modèle capitaliste  favorable aux entreprises américaines et à leurs riches actionnaires.

Enfin, ce pays prétendument riche compte aujourd'hui plus de quarante millions de personnes vivant sous le seuil de la pauvreté. La politique intérieure a conduit à une tiers-mondisation des États-Unis: le résultat est un fossé de plus en plus grand  entre les (très) riches et les (très) pauvres de ce pays.

Le seul espoir est la réalisation d'un nouveau "New Deal" pour refaire  le plus rapidement possible l'image ternie depuis huit ans.  Sans y croire réellement un tandem Clinton-Obama serait peut-être une source d'espoir pour la planète.  Osons y rêver. (B.F. - Le 19 mars 2008)