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Analyse sociale et politique
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18.12.2010 - Peuple à genoux attends ta délivrance

Les chantres d’un capitaliste recyclé, les ténors d’une droite fossile et bien pensante ne cessent de conjurer le bon peuple à travailler plus pour gagner plus, à améliorer la productivité pour  demeurer compétitif, à s’ouvrir à la mondialisation des marchés, à permettre la libre circulation des biens, des services – mais pas des personnes. Tout ça nous disent-ils, pour nous assurer un mieux être et une meilleure distribution de la richesse à la classe laborieuse.  

Ces belles paroles frisent l’insignifiance et l’arrogance lorsque l’on constate que les écarts de revenus entre les nantis et les autres s’amplifient au fil des années.  Une récente recherche effectuée en France démontre que la moyenne des revenus des grands patrons  en 2009 était  211 fois  supérieure au salaire minimum français.

C’est la réalité française. Nous pouvons présumer que le rapport qui sera déposé au début de l’année 2011 par le Centre canadien de politiques alternatives donnera sensiblement le même résultat.  Pour un salarié québécois gagnant le salaire minimum, ça lui pendra plus ou moins 140 ans pour gagner ce qu’un grand patron, au salaire moyen, gagne en 1 an.  Un tel scénario s’est déroulé pendant la présente crise financière et économique qui a poussé des pays et des millions de citoyens à la faillite.  Nous devons conclure que ce sont encore le moins bien nantis qui paient les factures des décisions douteuses de la classe dirigeante qui “manipule“ le monde économique. Rien de nouveau sous le soleil.

Peuple à genoux attends ta délivrance, ce n’est pas seulement dans le Minuit chrétien que nous le retrouvons et ce n’est pas demain que nous chanterons notre délivrance.   Nous serions en train plutôt de revivre, une autre fois, la comédie dramatique de Charlie Chaplin Les temps modernes où Charlot lutte pour survivre dans un monde industrialisé marqué par le chômage et les conditions de vie difficiles imposés à la population et exigés pour  des gains d’efficacité.  Rien de nouveau sous le soleil.

À l’aube de l’an 2011, nous entendrons assurément les Harper, Charest, Flaherty et Bachand de ce monde nous souhaiter les vœux d’usage en nous susurrant que l’année qui débute confirmera les bienfaits de leurs précédentes interventions  pour redresser l’économie.  Redressement qui permettra aux mieux nantis de creuser encore plus l’écart : 211 fois en 2009, c’était 174 fois l’année précédente.  Et si la tendance se maintient, comme aimait à le souligner Bernard Derome,  nous devrions friser les 250 fois lors d’un prochain rapport.

Mais soyons réconfortés troufions, pioupious, biffins, tourlourous de ce monde, les Harper, Charest, Flaherty et Bachand de ce monde  s'occupent de nous. N’ont-ils pas dit dernièrement qu’ils consacreraient la prochaine année è l’économie ?  Ça c'est rassurant pour la suite des choses et notre avenir !!!

Avant d’entonner le dernier couplet du Minuit chrétien et chanter notre rédempteur, pour qu’il brise toutes les entraves et que la terre soit libre et le ciel ouvert, il faudra encore tressaillir d’espérance : l’heure solennelle n’est pas encore arrivée.

En 2011, nous sommes assurés de vivre plusieurs autres Electrolux, Journal de Montréal et nous entendrons le discours de certains soi-disant lucides  exhorter le bon peuple à travailler plus pour gagner plus, à améliorer la productivité pour  demeurer compétitif, à s’ouvrir à la mondialisation des marchés, à permettre la libre circulation des biens, des services – mais pas des personnes.

Et surtout à rester à genoux en entendant notre rédempteur. (B.F. – Le 18 décembre 2010/La Voix de l’Est – Le 20 décembre 2010)