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Analyse sociale et politique
   Accueil            18.11.2012 - Est-ce mieux

Est-ce mieux?

Dernièrement le député caquiste de Granby à l’Assemblée Nationale, Monsieur François Bonnardel, a accusé Daniel Breton, le ministre de l’environnement du Québec, d’être un émule de Vladimir Poutine et de Hugo Chavez.  Que de gros mots pour accuser le ministre de l’environnement de vouloir protéger NOTRE environnement et NOTRE patrimoine.

Est-ce mieux d’être l’émule de George W.,  de Nicolas Sarkozy ou de Margaret Thatcher qui durant des années ont saccagé leurs pays ? Est-ce mieux écouter les développeurs de l’industrie pétrolière et gazière et de vilipender les défenseurs de l’environnement ? Est-ce mieux de vendre nos richesses naturelles à certaines entreprises dont le seul objectif est plus d’engranger des profits pour leurs actionnaires que de planifier un développement durable aux profits de TOUS les Québécois ?

Pour le député de Granby, la cause est entendue et jugée. Son A.D.N. l’amène à défendre les intérêts de la grande entreprise au détriment de la population.  Le député de Granby s’inspire de la Légende du Bonhomme sept-heures. Qu’il voit en Daniel Breton un émule de Vladimir ou de Hugo, ça frappe l’imaginaire.  Mais comme le souligne Michel David dans sa chronique du 17 novembre 2012 dans Le Devoir, se pourrait-il que le ministre de l’environnement s’inspire de Jens Stoltenberg de la Norvège et de Fredrik Reinfeldt de la Suède? Dans l’argumentaire du député de Granby, ces deux Premiers ministres de deux pays hautement développés, c’est moins spectaculaire et ça fait pas peur au monde.  Rappelons à notre député de Granby que la Suède et la Norvège possèdent, développent et exportent leur pétrole tout en respectant leur environnement.  Mais ça, il ne le sait peut-être pas ou il ne veut tout simplement pas le savoir : ça ne s’inscrit pas dans son idéologie politique.

Le député de Granby, à l’écouter,  serait un émule de Maurice Duplessis qui a exigé la mirobolante somme “d’une cenne la tonne“ aux entreprises minières qui voulaient exploiter nos ressources de la Côte Nord.

Réinventez les boutons à quatre trous semble être une manie dans la gouvernance du Québec. Il nous semble difficile voir impossible de nous inspirer des réussites des autres pays et des autres provinces. Pourquoi faire simple lorsque l’on peut tout compliquer?  Que nous parlions de santé, d’éducation, de transport, de protection sociale, de justice et de bien d’autres champs de l’activité humaine, nous sommes réfractaire à reconnaître les réussites des autres et de les copier pour notre bien.  Sachons que le bouton à quatre trous a été inventé le 15 février 1829 par Alexandre Massé.  Ceci étant dit…

Le sous-sol du Québec recèle des ressources naturelles, c’est indéniable.  Loin de vouloir les laisser dormir sous nos pieds, il est incontournable que ces richesses doivent enrichir l’ensemble de TOUS les Québécois et non pas seulement quelques privilégiés qui s’empliront les poches à nos dépens. Trop de gouvernements ont permis que les autres s’enrichissent à même le patrimoine de TOUS les Québécois.

Qu’il faille les exploiter, les développer,  les exporter, je veux bien.  Mais en même temps, il faudra le faire dans le respect des communautés, des personnes et de l’environnement. 

Le sur-développement des ressources a ravagé notre planète.  Le sur-développement de notre planète la rend de moins en moins respirable et de plus en plus suffocante.  Le sur-développement des ressources a-t-il éliminé la pauvreté et la précarité?

Le sur-développement des ressources a permis aux riches d’être plus riches et aux pauvres d’être plus pauvres.  C’est ainsi que les émules du député de Granby ont géré NOS richesses.  Qu’un ministre de l’environnement et ses camarades veuillent mettre un frein à cette façon de faire, nous devons l’applaudir. (B.F. – Le 18 novembre 2012)