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Analyse sociale et politique
   Accueil            18.09.2013 - Des étoiles filantes

Des étoiles filantes ???

Ils n’auront duré qu’un temps, il n’auront fait que passer.  À quelques exceptions près, il n’auront pas  le temps d’accumuler assez d’ancienneté pour avoir droit à une pension.  Par contre, ils auront droit à quelques lignes dans les livres d’histoire comme ayant été un accident de parcours, tout comme l’Action Démocratique de Mario Dumont à Québec qui a vécu les montagnes russes en quelques mois.

De 59 au Québec, le 2 mai 2011, combien en restera-t-il le 15 octobre 2015 ?  Le bon Jack n’étant plus là, tout au plus auront-ils été des figurants ou des plantes décoratives sur une scène qui rappelle la commedia dell’arte.  Ils complètent une distribution en manque de vision : à un Premier ministre qui se voit l’apôtre d’une droite religieuse démodée, ils s’improvisent les adeptes d’une gauche bo-bo. 

Avec un tel “casting“, nous ne sommes pas sortis de l’auberge : c’est à regretter les gouvernements de Jean Chrétien.  C’est vous dire le bordel dans lequel nous nous retrouvons.  Les seuls qui peuvent s’en réjouir sont  les caricaturistes qui ont du matériel de premier ordre pour gribouiller leurs journaux.

La nature a horreur du vide, dit l’adage. Nous pouvons simplement nous dire que ça ne peut être pire, qu’une nouvelle génération de politiciens verra le jour.  D’ici-là, entre Justin, Stephen et Thomas, choisir le moins pire n’est pas une alternative pour notre avenir.  Qu’est-ce qu’on a fait “au bon dieu“ pour mériter ça ?

Vous me direz qu’il reste Les Canadiens de Montréal pour nous  raccrocher aux plaisirs de  la vie.  Les quelques matches avant-saison ne nous annoncent pas un printemps rempli d’enthousiasme : les lendemains enchanteurs ne sont pas pour demain.

Pour en revenir à la royale Opposition de sa majesté à la Chambre des Communes, rappelons-nous que le NPD valorise le multi-culturalisme, un “melting-pot“ à l’américaine ; qu’il est considéré comme étant un parti centralisateur au niveau des pouvoirs et que sa percée au Québec en 2011 est due en grande partie à la sympathie des Québécois que le bon Jack a suscitée lors de son passage à l’émission “Tout le monde en parle“.  Son décès prématuré a provoqué  une lente dégringolade dans les sondages.

Tant  la crise du verglas en 1998, l’ADQ  en 2007-2008, la vague orange au Québec en 2011 n’auront été que des phénomènes, selon les experts, ne se produisant qu’une fois à tous les 150 ans.  Les Québécois ont donc vécu des moments historiques que pourront lire nos descendants.

Dans la réalité de tous les jours, le paysage politique sur l’autre rive de la rivière des Outaouais ne s’annonce pas des plus radieux.   Entre Justin, Stephen et Thomas, c’est la courte paille ou choisir le moins pire : le Québec joue perdant, la tradition sera maintenue.

Faut-il alors se surprendre de la désillusion grandissante des électeurs envers la politique ?  Faut-il se surprendre que les populations descendent dans la rue montrer leur insatisfaction envers leurs gouvernants ?

Au bulletin de vote traditionnel, il faudrait penser à ajouter un autre endroit où le citoyen pourrait indiquer : ni un, ni l’autre.  Il faudrait aussi penser d’instaurer un deuxième tour pour les candidats ne recueillant pas 50% + 1 des votes tout en introduisant la notion “d’impeachment“ pour que les citoyens puissent destituer un élu qui ne représente plus ses électeurs et qui se voit plus gros que nature.  Enfin, limiter le nombre de mandats ferait en sorte de nous épargner les politiciens de carrière qui ne savent faire autre chose que de la “politicaillerie“.

Le phénomène orangé au Québec démontre qu’une révision de notre processus électoral tant au Canada qu’au Québec devra être envisagé à très court terme.  Au Québec, Claude Béland a déjà fait un travail. Malheureusement son rapport s’est retrouvé sur une tablette, le remettre à l’ordre du jour serait peut-être approprié.  Une mise à jour du processus électoral n’empêchera évidemment pas l’impondérable émotivité humaine.  Ça n’arrive qu’une fois au 150 ans nous disent les experts. 

Pour paraphraser Clémenceau, nous pourrions dire que la politique, c’est trop important pour laisser ça entre les mains des politiciens.   Einstein n’a-t-il pas dit que nous avions les gouvernants que nous méritons.  Bonne chance une prochaine fois.  (B.F. – Le 18 septembre 2013)