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Analyse sociale et politique
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18.09.2008 - Les dérapages à l'américaine : non merci

Nos voisins américains pas plus riches que nous vivent depuis des mois un naufrage financier et économique sans pareil.  Il ne se passe pas une journée sans que nous apprenions la faillite ou le sauvetage in extremis d'une institution financière.  Il serait trop long d'en faire la liste.

Nos voisins américains, petits et moyens propriétaires de leur maison, comme nous, vivent depuis près de deux ans la hantise de se retrouver sans un toit la nuit venue car une grave crise immobilière a été fabriquée de toutes pièces par des apprentis sorciers qui vendaient du rêve.

Nos voisins américains cols bleus ou cols blancs, comme nous, qui travaillent depuis des années ne savent pas si le jour de la retraite venue, ils pourront profiter de ces moments de grâce ou si une entreprise, style Enron, n'aura pas trafiqué ses résultats et dilapidé leurs avoirs.

Nos voisins américains s'inquiétant d'un éventuel problème de santé, comme nous pouvons l'être aussi, ne savent pas s'ils ne seront pas obligés d'y laisser leur peau ou leur vie à cause de puissants lobbies s'opposant à tous systèmes d'assurance maladie publique.

Nos voisins américains, ardents défenseurs de la libre entreprise et de la libre concurrence, comme beaucoup de nos concitoyens, ne savent plus si demain ou après-demain ils pourront se "pointer" à l'usine.

Nos voisins américains, fanatiques partisans de la libre possession des armes à feu, comme plusieurs de nos concitoyens, ne savent quelle école sera ciblée par un illuminé.

Nos voisins américains puritains dans l'âme, comme plusieurs de nos ayatollahs, s'insurgent contre le sein de Janet Jackson dans un Super Bowl, mais continuent à être les plus gros producteurs de pornographie au monde.

Et nous pourrions ajouter rapidement d'autres éléments qui se retrouvent chez nos voisins américains et que personne ne leur envie.  Que l'on pense à la violence urbaine, En 2005, à Washington 39 personnes par 100,000 habitants étaient victimes d'un meurtre; la même année à Montréal 1,8 personne par 100,000 habitants.  Nous avons eu l'épisode de nos accommodements raisonnables, mais des voisins américains vivent la ségrégation raciale depuis des siècles. 

D'une façon générale sur le plan financier et économique, les USA entraînent depuis quelque temps le reste du monde vers la catastrophe.  Ils sont où nos gourous financiers qui nous vantaient  la manière de faire de l'entrepreneurship à l'américaine ?  Ils sont où nos apôtres du capitalisme et de la déréglementation à la mode Reagan ou Bush ?  Les dégâts aux USA seraient encore plus dramatiques si l'État n'était pas intervenu : capitaliste dans les profits, socialiste dans les pertes.  Ces mêmes gourous faisaient les gorges chaudes et criaient au scandale lorsqu'un gouvernement au Québec perdait des millions dans la Gaspésia ou supportait à perte Québécor.  Mais sur les centaines de milliards donnés aux diverses institutions financières par le gouvernement des USA : motus et bouche cousue.  Vive le modèle américaine...

Il en est de même pour nos vaillants propagandistes du développement du privé dans le domaine de la santé.  Un système à plusieurs vitesses qui n'aurait aucune incidence sur la prestation des services : c'est le conte de fée vécu par des dizaines de millions de nos voisins américains  qui se retrouvent dans la mauvaise vitesse.  C'est plutôt un film d'horreur : vive le modèle américain.

C'est aussi le discours, de plus en plus à la mode, tenu par une droite religieuse qui combat fermement tout développement social qui ne s'inscrit pas  une doctrine datant des siècles passés.  On a vu ce que cela a donné depuis huit ans chez nos voisins américains : des mensonges pour se donner raison.  Vive le modèle américain.

Et certains de nos valeureux politiciens  canadiens et québécois, que nous ne nommerons pas, continuent de nous claironner le modèle américain comme étant l'exemple que nous devrions suivre.

Dénoncer les dérapages de la société américaine ce n'est pas faire de l'anti-américanisme, c'est  vouloir nous éviter de vivre tous ces excès.  Un style de vie à l'américaine : NON MERCI.  (B.F. - Le 18 septembre 2008)