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Analyse sociale et politique
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18.04.2010 - De mauvais “castings“

La démocratie, disait Winston Churchill, est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres.  Beaucoup de personnes s’interrogent sur l’évolution de notre système démocratique au Canada et au Québec.  Nous vivons présentement un louvoiement démocratique :  à Ottawa, nous subissons les lock-out à répétition  du Parlement imposés par Monsieur Harper et à Québec, la grogne populaire grandissante ne semble pas émouvoir outre mesure Monsieur Charest. Nos deux premiers ministres dirigent comme si l’État leur appartenait et que leur pouvoir leur était transmis par les dieux.

L’abstentionnisme  augmente d’une élection à l’autre, la crédibilité de la classe politique est en perpétuelle baisse, la désillusion populaire frise des sommets et la non-confiance envers nos dirigeants s’installe à demeure.

Nous avons  fait de mauvais “castings“ dans les dernières années, c’est une évidence. Mais les promesses faites à ces époques faisaient que nous pensions que des temps nouveaux nous attendaient.  Pourtant nous devions le savoir que les promesses d’hier ne seraient pas celles d’aujourd’hui. Nous nous sommes royalement mis les pieds dans les plats.  Les beaux emballages et les belles paroles ne sont pas toujours une garantie de qualité : c’est vrai dans notre consommation quotidienne et malheureusement trop vrai en politique.  Les preuves nous sont données depuis quelque temps sur les deux rives de la rivière des Outaouais.  Nous nous sommes faits leurrer, point final. 

Comme le soulignent les viticulteurs lors des vendanges, nous pouvons conclure que nous ne sommes pas dans une période de grands crus, il n’y a pas de millésimes qui passeront à l’Histoire. 

Fondamentalement, le rôle des institutions démocratiques est de garantir et d’assurer l’équilibre entre les partenaires et tous les acteurs sociaux.  Force est de reconnaître qu’une grande partie des acteurs sociaux  subit depuis un certain temps un perpétuel déséquilibre.  

Si nous retournons à nos ancêtres grecs, ceux qui ont expérimenté les premières institutions démocratiques, la démocratie est un régime politique ou une organisation sociale où le peuple détient le pouvoir. C’est un régime dans lequel tous les citoyens possèdent à l’égard du pouvoir un droit de participation et un droit de contestation.  C’est ce que nous avons appris dans notre cours de “Socio 101“.  Il est évident qu’une grande majorité de nos élus, messieurs Harper et Charest en tête, aurait un urgent besoin de s’inscrire à des cours de rattrapage et d’effectuer des stages de ressourcement.  À tout le moins une relecture des classiques grecs serait une priorité “prioritaire“.

La population perd un peu plus ses illusions à tous les jours et les premiers responsables de cette situation sont actuellement au pouvoir.  Le dernier sondage du journal Le Devoir, le 17 avril 2010, plaçait monsieur Charest en dernière position des premiers ministres québécois des vingt-cinq dernières années.  Si le même exercice se faisait pour le Canada, il est assuré que monsieur Harper trônerait allègrement en bas du classement.  Pourtant, ce sont eux qui gouvernent présentement. Comme mauvais “casting“  nous ne pouvions  faire pire.

Nous devrions peut-être nous transformer en des Diogène de l’ère moderne, prendre notre fanal, et partir à la recherche de l’homme ou de la femme qui saura y faire.  Il est possible de changer l’avenir : plus ou moins 40,000 personnes, dernièrement, ont commencé la démarche à Québec.  Comme l’aurait souligné un Michel Chartrand en verve “Continuons le combat“.  (B.F. – Le 18 avril 2010/La Voix de l’Est – Le 24 avril 2010)