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Analyse sociale et politique
   Accueil            18.03.2009 - Bis... Bis... et re-Bis...

18.03.2009 - Bis... Bis... et re-Bis... 

Et ça se répète.  Chantal Vallée, journaliste à La Voix de l'Est, nous présentait  il y a quelques jours une manchette qu'elle a dû écrire je ne sais plus combien de fois depuis les années qu'elle couvre le secteur de la santé et des services sociaux.  "Les urgences de nos hôpitaux débordent et ne suffisent plus à la tâche..."  suivi de tout l'argumentaire de circonstance.  Répétition, redondance et larmes de crocodiles : ce scénario a été mis en scène, je crois, la même année que la pièce BROUE, c'est-à-dire, il y a plus de trente ans, si ce n'est pas plus.

Le journal La Presse, dans son édition du 16 mars à la page A11, soulignait : "Il ne s'agit pas de travailler plus fort, mais différemment..."  Et toujours dans la même édition, du même journal mais à la page A8, on titrait : "Le milieu de la santé craint de devoir réduire les services en fonction du budget déficitaire du gouvernement Charest".  C'est du déjà vu et entendu.

Le réseau de la santé et des services sociaux du Québec est malade des réformes dont la dernière, celle du bon docteur Couillard, est la cerise sur le "sundae".  Rarement on sera allé aussi loin dans l'amateurisme, l'improvisation et l'incapacité d'anticiper les effets d'une démarche concoctée par des technocrates en panne d'imagination et de lucidité.  Ces bouleversements administratifs n'ont  aucunement  amélioré la situation, pire, le délabrement est érigé en système et poursuit son œuvre de démolition. Félicitations pour votre beau programme.

Les administrations locales naviguent à vue et au son; les personnels sont démotivés, c'est le moins que nous puissions dire, et ne rêvent qu'à leur retraite; les clients, patients, bénéficiaires, résidants, usagers deviennent des numéros informatisés sur une liste d'attente allongée et la population se fait promettre, que bientôt, très, très bientôt le système s'améliorera. 

Si tout cela nous arrive, c'est à cause des méchants gouvernements précédents, surtout péquistes; c'est qu'il y a un manque de médecins, d'infirmières; c'est que le vieillissement de la population produit trop de "p'tits vieux" qui engorgent tous les systèmes; c'est que nous sommes en récession économique; c'est surtout, surtout, la faute "aux boutons à quatre trous" comme à la Caisse de dépôt et de placement.  Notre bon gouvernement, ayant seul les mains sur le volant, nous promettrait une nouvelle réforme d'ici la fin de son mandat qu'il ne faudrait pas être surpris.  Il est de notoriété publique que pour passer à l'histoire, un ministre doit imposer une réforme : nous n'en sommes pas à une près. 

Et pourquoi pas fusionner le réseau de la santé et des services sociaux avec le réseau de l'éducation, nous assurerions ainsi un continuum de services de la naissance à la mort et les gymnases  transformés en salle d'attente et d'observation libèreraient  les corridors des hôpitaux.  Simple mon cher Watson, il fallait y penser.

Ce n'est pas parce que l'on sourit que c'est drôle.  Force est de reconnaître que le mélange de mandat : première et deuxième ligne; ajouté un mélange de mission : médicale et sociale; plus l'addition de milieux différents au niveau de l'intervention : un milieu de soins et traitement écrasant les milieux de vie tout en ayant des cultures organisationnelles très différentes ne créent pas l'unicité de pensée et d'action  mais provoquent plutôt la sclérose et un éclatement des organisations.  Dans ce sens, le mur est très, très proche. (B.F. - Le 18 mars 2009/La Voix de l'Est - Le 20 mars 2009))