hda-québec.com
Analyse sociale et politique
   Accueil            18.02.2013 - “Ben“ oui, “ben“ oui...

“Ben“ oui, “ben“ oui…

Depuis que les canadians ont élu les gouvernements conservateurs, le Canada est reconnu sur le plan international comme le pays se traînant les pieds au niveau de l’environnement et de sa lutte dans le dossier du réchauffement climatique.  Le Canada recueille année après années et d’une conférence à l’autre le Prix Fossile.  Ça été vrai à Copenhague et à Rio.  Le Canada, ou plutôt le gouvernement Harper devrions-nous dire,  collectionne ces “Prix Citron“ pour ses inactions au niveau du réchauffement climatique de notre planète.

Combien de sacs en plastique et de cannettes vides les citoyens devront-ils recycler pour redorer le blason canadien?  Combien d’autos hybrides devrons-nous acheter pour contrecarrer la construction de tous les pipelines envisagés par ce gouvernement?   Combien d’éoliennes le Québec devra-t-il ériger pour combattre les gaz à effet de serre provenant des sables bitumineux de l’Alberta?  À moins que nous érigions un quelconque mur sur les rives de la rivière des Outaouais.  Et encore…

Tous les ministres de l’Environnement à Ottawa n’avaient que le nom, ils  sont tous devenus des commis voyageurs pour nous convaincre des bienfaits de l’exploitation de ce pétrole sale que sont les sables bitumineux.  Tout ce qu’ils ont réussi, c’est d’accumuler les sarcasmes et les remontrances de l’assemblée des nations.

Et voilà maintenant que le ministre des Affaires étrangères se permet de donner des leçons aux États-Unis en déclarant que nos voisins du Sud devraient prendre exemple sur les actions du Canada pour faire face aux changements climatiques.  Rien de moins, il a dit tout ça sans rire. C’est à croire qu’il prend les citoyens pour des benêts. 

Tous les Maxime Bernier, Tony Clement, Christian Paradis ou Peter Kent de ce gouvernement n’ont de cesse de nous répéter que les sables bitumineux de l’Alberta sont économiquement rentables aujourd’hui pour notre beau grand pays.  Mais aucun d’entre eux ne s’attardent sur la facture que nous devrons payer en signes de piastres et en qualité de vie, nous simples citoyens, pour cette pseudo prospérité bien illusoire.  Le réchauffement climatique affecte notre quotidien : mauvaise qualité de l’air, inondations à répétition, fonte des glaces polaires, érosion des rives, périodes de canicule plus fréquentes sans oublier les effets économiques : leur entêtement nous coûtera 5 milliards de dollars par année au tournant de 2020 et plus ou moins 40 milliards de dollars en 2050. Ça fait pas mal de sacs en plastique et de cannettes à récupérer. C’est à croire que Jean de La Fontaine avait prévu cette fixation toute conservatrice en écrivant sa fable “Le chien qui lâche sa proie pour l’ombre“.

Depuis 2006, depuis la gouvernance conservatrice, en rien nos environnements sont plus sécuritaires.  Reniement du protocole de Kyoto, abolition du registre des armes à feu, protection des cours d’eau, exploitation des sables bitumineux sont des éléments  qui dégradent notre quotidien et nous ne parlons pas de leurs nombreux dérapages au niveau parlementaire. Faut-il nous rappeler qu’ils sont encore au pouvoir jusqu’en octobre 2015 : leurs saccages ne sont pas terminés.

Et pour notre ministre des Affaires étrangères, le modèle canadien  permettrait à nos voisins du Sud de combattre le réchauffement climatique. Pour le gouvernement conservateur, le réchauffement climatique est une fiction inventée par des scientifiques pour empêcher notre développement économique. Cette même fiction fait en sorte que le Sud subit des ouragans de plus en plus nombreux et virulents.  La Côte Est des États-Unis a connu sa pire inondation. Le Sud-est asiatique est témoin de typhons de plus en plus dévastateurs.  Nos ancêtres européens se débrouillent plutôt mal dans leurs épisodes neigeux, des îles disparaissent dans le Pacifique.  “Ben“ oui, “ben“ oui, c’est une fiction. (B.F. – Le 18 février 2013/La Voix de l'Est - Le 21 février 2013)