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Analyse sociale et politique
   Accueil            17.09.2015 - Pauvres de nous

Pauvres de nous

Le Télé-Journal du 15 septembre 2015 nous informait que les écarts de la richesse au Canada s’accentuent (note 1). Les partis politiques, durant la présente campagne électorale, se targuent de vouloir aider la classe moyenne. Au Canada, il y a de plus en plus de riches et aussi de plus en plus de pauvres : la classe moyenne est tout simplement une vue de l’esprit.  C’est la mode du jour : c’est du miel pour attirer les mouches que sont devenus les électeurs.  À écouter les Harper, Mulcair et Trudeau, ils ont la recette pour que la classe moyenne ait des lendemains qui chantent.  Sauf que notre appauvrissement a débuté sous le règne du Parti libéral et s’est poursuivi sous les gouvernements de Stephen Harper.  Le reportage de Radio-Canada l’a clairement démontré : les écarts se creusent. 

Après nous avoir claironné durant des décennies la liberté d’entreprise, la prédominance  et les bienfaits de l’entreprise privée, la logique du profit, la réussite en affaires, le moins d’État dans la gouvernance de la société, la déréglementation, le développement des marchés, la libre concurrence, le libre-échange, l’abolition des frontières et que sais-je ? Vous, moi et les autres sommes plus pauvres. 

Les entrepreneurs, développeurs, industriels, financiers, banquiers, spéculateurs  accumulent des profits faramineux en spéculant sur tout ce qui bouge.

Ces mêmes entrepreneurs, développeurs, industriels, financiers, banquiers, spéculateurs qui ne juraient que par le  modèle, qu’on l’appelle capitaliste, libéral, néo-libéral ou néo-conservateur, et qui nous promettaient d’assurer le développement optimal des ressources et de là, le bien-être de la société en général ont échoué lamentablement. Après avoir envoyé des millions de travailleurs au chômage pour maximiser leurs profits.  Après avoir délocalisé et  exploité à outrance les ressources humaines dans des pays en voie de développement pour satisfaire des actionnaires toujours plus gourmands.  Après avoir ravagé plusieurs pays en exploitant les matières premières à un prix dérisoire. Après avoir valoriser la surconsommation et l’endettement facile.

Pas qu’il faille que les gouvernements n’interviennent pas.  Pas qu’il faille que les gouvernements tentent, à tout le moins, de sauver les meubles pour assurer un minimum de stabilité.  Le rôle de l’État étant d’assurer l’équilibre de sa société, il est inévitable qu’ils interviennent. Les Harper, Mulcair, Trudeau nous promettent de nouvelles règles du jeu d’un modèle qui sera toujours, à n’en pas douter, capitaliste, libéral, néo-libéral ou néo-conservateur. Ils nous préparent un prochain gâchis.

Comment croire un Stephen Harper qui se fait le défenseur d’un développement ravageur des sables bitumineux ?  Comment croire un Thomas Mulcair qui dit une chose au Québec et son contraire en Alberta ? Comment croire  un Justin Trudeau dont son parti est à la source des écarts  entre pauvreté et richesse qui se creusent depuis des décennies et qui rendent  le Canada comparable à certains pays sous-développés ? 

Comment croire qu’un nouveau modèle émergera répondant aux besoins de tous les contribuables et non pas seulement à certains privilégiés ?

Nous pouvons toujours rêver.  Vont-ils remettre en cause le modèle capitaliste, libéral, néo-libéral ou néo-conservateur ? Vont-ils s’attarder non seulement à contrer les abus d’un modèle ?  Vont-ils contrer la cause : l’exploitation de l’homme par l’homme  à la recherche de profits démesurés et injustifiables pour le commun des mortels ?  Un miracle… on peut toujours l’espérer… mais y croire ???  Le passé est garant de l’avenir : business as usual.

Félix Leclerc a écrit dans une de ses chansons : La veille des élections,  il t'appelait son fiston.  Le lend'main, comme de raison,  y avait oublié ton nom.  Nous vivons présentement une campagne électorale, ne l’oublions pas.  Les Harper, Mulcair, Trudeau peuvent dire une chose et son contraire dans le même discours. 

Encore trente-trois jours à entendre les Harper, Mulcair, Trudeau nous promette n’importe quoi. Pauvres de nous, c’est trop injuste dirait Caliméro.

P.S.  L’histoire ou l’actualité ayant tendance à se répéter. Cet article reprend, en partie,  celui écrit le 31 mars 2009.  Plus ça change, plus c’est pareil. (B.F. – Le 17 septembre 2015)

http://hda-quebec.com/31-03-2009---Privatisons-les-profits%2C-SOCIALISONS-LES-PERTES.php

Note 1 : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2010/05/19/009-etude-ecart-richesse.shtml