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Analyse sociale et politique
   Accueil            17.06.2012 - Non mais...

Non mais…

Dresser un bilan positif de l'action de son gouvernement lors de la session parlementaire qui vient de s'achever à l'Assemblée nationale, c’est prendre la population québécoise pour des canards de bois.   Notre P.M. québécois fait vivre à cette population la plus importante crise sociale depuis la Révolution tranquille et il s’autocongratule  devant les caméras de la télévision.  C’est loufoque. Notre P.M. québécois se retrouve dans la catégorie des politiciens qui pour briller mangerait du cirage à chaussures.

Tout ce qui survient est dû à l’intransigeance des leaders étudiants, aux partis de l’Opposition et à Madame Marois en particulier, aux gauchistes extrémistes, aux associations syndicales, aux parents et grands-parents qui se sont joints  au mouvement étudiant au son des casseroles.  Il a tout fait pour régler cette crise qui n’en finit plus, dixit notre P.M. québécois.

Il se vante qu’une partie  de la population appuie sa façon de faire, mais il oublie le taux d’insatisfaction envers son gouvernement qui se maintient  au-dessus de 70% depuis belle lurette. 

Son bilan législatif de la dernière session est anémique et là aussi, c’est la faute aux partis de l’Opposition. Mais notre P.M. québécois est satisfait de la session. Il y a au moins un Québécois heureux. 

Tout souverainiste que je puisse être, je peux reconnaître que le Parti Libéral du Québec et ses gouvernements, à d’autres époques, ont construit un Québec moderne.  Mais du même souffle, force est maintenant de conjuguer le tout au passé. 

L’improvisation, l’intransigeance, la langue de bois, la séduction et ses boniments nous  ont mené là où nous sommes aujourd’hui : désillusion et désenchantement envers la classe politique, taux de participation microscopique.  Cette désespérance ne peut que provoquer une plus grande méfiance envers les institutions publiques et citoyennes : c’est vrai au Québec, au Canada.

Michel C. Auger, maintenant correspondant à Radio-Canada, déclarait il n’y a pas si longtemps que les exigences de qualité au niveau politique étaient fortement en baisse depuis quelques décennies.  Nous subissons actuellement cette baisse de qualité.  À moyen et long terme, cette situation ouvre la porte à d’autres apprentis sorciers et charlatans en quête de pouvoir. 

Pierre Elliot Trudeau, Jean Drapeau, René Lévesque, nous pouvions les haïr ou les aimer selon notre idéologie sociale et politique, mais ils présentaient des projets qui se voulaient rassembleurs.  Aujourd’hui nous avons Stephen Harper, Gérald Tremblay, Jean Charest et leurs approximations.   L’affirmation de Michel C. Auger est confirmée. 

L’actuelle crise sociale provoquée par le mouvement étudiant sera peut-être le prélude du réveil d’une population qui s’est endormie face à ses responsabilités et ses devoirs tout en défendant haut et fort ses droits. 

La démocratie exige un réel engagement de la part des citoyens sinon nous nous retrouvons dans un système  politique où le pouvoir est exercé par un seul homme qui l’impose d’une façon absolue à l’ensemble de la population.  Nous revenons à l’époque du Roi-Soleil qui déclarait que “L’État, c’est moi“. Nos P.M.  québécois et canadien en sont des exemples : autoritaires et paternalistes.

La démocratie est le moins pire des systèmes, mais encore faut-il que la population soit vigilante et ne succombe pas à confier le pouvoir à n’importe lequel “politicailleur“ qui  pense plus à sa prochaine réélection, qu’à la prochaine génération.

L’actuelle crise nous fait peut-être prendre conscience que la politique n’est pas un jeu et qu’il faille confier NOTRE pouvoir à des représentants qui feront avancer notre société et non à la faire reculer.  Il y sûrement des hommes et des femmes qui peuvent relever ces défis.  Il nous est permis d’espérer et de rêver… la nature ayant horreur du VIDE. (B.F. - Le 17 juin 2012/La Voix de l'Est - Le 20 juin 2012)