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Analyse sociale et politique
   Accueil            17.05.2012 - Les matières premières, ça se paie

Les matières premières, ça se paie

L’actuel gouvernement du Québec est “pogné“ avec une crise sociale qu’il a lui-même créée, amplifiée et qu’il entretient.  Des droits de scolarité, la crise est passée à la gouvernance des universités pour finalement devenir une crise politique et sociale majeure.

La rigidité de l’actuel gouvernement nous conduit directement dans le mur et c’est la population dans son ensemble qui subit cette intransigeance à travers les manifestations quotidiennes.  Le va-t-en-guerre du gouvernement Charest n’augure rien de bon pour l’avenir de la société québécoise.  À part quelques chroniqueurs inféodés au régime, les plus clairvoyants dénoncent le premier ministre pour son incapacité à trouver les avenues pour solutionner cette crise.  Après avoir  blâmé les leaders étudiants, après avoir utilisé des moyens de répression démesurés, après la démission de sa ministre de l’Éducation, après avoir dénoncé les partis de l’Opposition, après avoir utilisé les  injonctions, après avoir obligé les maisons d’enseignement à faire respecter ces mêmes injonctions, il ne trouve rien de mieux que de brandir une loi spéciale pour mettre fin à la crise sociale.  S’imaginer qu’une loi spéciale ramènera la paix sociale, c’est la pensée magique d’un gouvernement usé, dépassé et d’un premier ministre qui n’a plus aucune crédibilité. 

On ne peut lui demander aujourd’hui d’avoir une vision de l’avenir ou un projet de société emballant pour la population qu’il représente. Il ne faut pas oublier que ses origines politiques émanent du Parti conservateur, ce parti qui s’inscrit dans l’idéologie sociale ultra conservatrice de Stephan Harper à Ottawa et qui s’inspire de l’inoubliable George W. C’est vous dire le cul-de-sac dans lequel nous nous retrouvons. Il ne faut pas oublier qu’il est libéral par accident et qu’il n’a aucun atome crochu avec le parti des Bourassa et Lesage. 

Pour le développement d’un Québec prospère, l’alternative est d’établir, à moyen terme, la gratuité scolaire de la maternelle à l’université : c’était la vision de l’Équipe du Tonnerre de 1960. 

Résumons globalement et rapidement.  Les entreprises auront à défrayer les coûts de la main-d’œuvre qu’elles engagent et emploient comme elles défraient les matières premières qui composent leurs produits.  Plusieurs entreprises québécoises prospères et à la fine pointe du développement vantent la qualité de leur main-d’œuvre, c’est sûrement que leurs travailleurs ont reçu une formation de qualité.  Alors… Si elles paient le prix pour les composantes entrant dans leur production, pourquoi ne devraient-elles pas payer pour la qualification de leurs employés ?    Les connaissances, l’expertise, la formation ont un prix, il revient à ceux qui les utilisent d’en défrayer les coûts.  Ne font-ils pas d’énormes profits à partir du savoir de leurs personnels ? Alors…

Si dans le quotidien, “Monsieur et Madame Tout’le Monde“ font appel à un “patenteux“,  ils risquent un service comme-çi, comme-ça.  S’ils font appel à un professionnel, ils auront probablement un service de qualité supérieure.  Mais ils  paieront le prix, ainsi est fait notre système.   Si c’est vrai pour le commun des mortels, ça doit être vrai pour les entreprises.  Pourquoi le commun des mortels financerait-il les entreprises qui font des profits à leurs frais ?  La qualité d’un produit, ça se paie.  La qualité des personnels, ça se paie aussi.

Il est évident que les apôtres de la bien pensance néo-libérale démoliront une telle vision comme ils sont présentement à détruire  la paix sociale au Québec.  À droite toute, disions-nous il y a quelque temps. Le mur se rapproche dangereusement, il est devant nous. (B.F. – Le 17 mai 2012/La Voix de l'Est - Le 30 mai 2012)