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Analyse sociale et politique
   Accueil            17.04.2014 - Nous évoluons, grossière erreur

Nous évoluons, grossière erreur

Nous nous faisons plaisir et nous nous donnons une petite jouissance en nous disant que nous évoluons comme individu, que nos sociétés évoluent, que les populations évoluent. L’individu a un intérêt à croire qu’il évolue. C’est une manière de se donner bonne conscience et de se donner un sentiment de supériorité par rapport aux époques précédentes. Aujourd’hui, on est évolué.  C’est une de nos  plus grandes supercheries. Nous aimons nous faire accroire que cette fausseté est vraie et nous l’entretenons.  À force de la répandre, nous espérons qu’elle deviendra une réalité. 

Nous confondons le changement et l’évolution, comme s’ils avaient le même sens. Nous parlons de “l’évolution des mentalités depuis les années 1960“, exactement dans le même sens où l’on parle du “changement des mentalités depuis les années 1960“.

Les mots n’ont pas la même signification : Un changement est un passage d’une chose, d’un état à un autre qui est neutre. L’eau se change en glace. La glace se change en eau. Cela n’a aucun sens de dire que l’eau évolue en glace, que la glace évolue en eau ; ce n’est qu’un changement d’état d’un composé chimique.

L’évolution est un processus plus complexe. On peut facilement soutenir que le monde change, mais que l’homme reste le même et qu’il n’a guère évolué socialement depuis la nuit des temps.  C’est une manière de nous rassurer sur nous-même, car nous souhaitons tous que notre vie évolue pour le mieux. Nous n’acceptons pas que le changement puisse être qu’une simple répétition qui n’apporte rien, et nous acceptons encore moins que le changement puisse être une détérioration, une dégradation. Nous manipulons notre pensée pour nous convaincre que nous avons évolué comme individu et comme société.  Nous nous mentons à nous même.

C’est vrai que depuis l’invention de la roue, l’humanité a fait des progrès.  L’homme s’est promené sur la lune, un vaisseau spatial tourne autour de la terre, nous pouvons nous parler et nous voir à distance.  Mais…  Globalement, pouvons-nous nous dire que TOUTE l’humanité profite de ces percées technologiques ? Pas sûr…, il nous est permis de douter et ce doute, malheureusement, n’est pas le début de la sagesse des hommes.  Durant que nous nous promenons dans les grandes villes, une partie importante de l’humanité n’a pas accès à l’eau potable, cette même partie de l’humanité crève de faim pendant que ceux et cclles qui parlent au téléphone portable font de l’embonpoint.  Les états dépensent plus pour les armements que pour la ccoopération internationale. Les fous d’un dieu quelconque s’amusent à égorger ceux et celles qui ne croient pas comme eux.  Les écarts de richesse ne cessent d’augmenter. L’égalité entre les hommes et les femmes est à géométrie variable. Près de la moitié de la population ne peut comprendre un texte et est  considérée comme analphabète.  Sans parler des guerres, des conflits de toutes sortes qui pullulent au gré des fantaisies d’un Poutine, d’un el-Assad ou d’un Bush, à l’époque, et n’oublions pas le saccage de notre environnement.  Mais nous aimons nous dire que nous évoluons…. Quelle mensonge, quelle absurdité.

Quelle différence y-a-t-il entre NOUS et les Barbares venus d’ailleurs qui envahissaient des pays pour s’y emparer des ressources dont ils ne disposaient pas ou plus dans leurs pays d’origine ?  Nous évoluons, disons-nous….

Les Goths, les Mongols, les Tatars, les Wisigoths, à travers les époques se sont appelés  Espagnols, Français, Anglais, Hollandais.  Aujourd’hui, il s’appellent Américains, Russes, Chinois.  Nous évoluons disons-nous….

L’Histoire se répète….. c’est l’invasion des temps modernes.   Nous exportons notre civilisation, nous faisons-nous dire….

Attila, était-il mieux ou pire que les Saddam Hussein, Bush, Poutine, Xi Jinping ou Netanyahou de notre époque ?  Nous évoluons, se fait-on accroire….

Tout comme la redistribution de la richesse, nous pouvons bien croire que le cerveau humain évolue, mais il y a des pays qui sont épargnés.  La chenille devient papillon, le cochon  jambon et l’homme de plus en plus con. Comme le disait Einstein: Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.

Ceci étant dit, bonne journée et constatons l’évolution de notre civilisation au journal télévisé de fin de soirée. (B.F. –Le 17 avril 2014)