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Analyse sociale et politique
   Accueil            17.03.2014 - Me, myself and I

Me, myself and I

Est-ce une habitude ? Est-ce une récidive ? Est-ce une seconde nature ? Ou tout ça à la fois et en même temps ?

Après son show en Israël,  notre Canadian Prime minister s’envole dans quelques heures, entre autres, pour l’Ukraine où il rencontrera le président par intérim Oleksandr Tourtchynov à qui il offrira le soutien indéfectible de SON Canada au nom de tous les Canadiens pour une Ukraine libre, prospère et patati et patata.  Encore une fois, il parlera en notre nom. Il nous en fait dire des choses : un vrai ventriloque.

Paraît-il que sur le chemin du retour, il ferait un arrêt à Lutenblag,  capitale de la Molvanie pour y présenter nos salutations à leur président, pour déposer une gerbe de fleurs au monument  de Szlonko BusjBusj, le père de la Molvanie moderne, dont c’était l’anniversaire de naissance dernièrement.   En plus selon les experts, il en profitera  pour signer un accord commercial sur l’importation de la betterave. On sait tous que la Molvanie est la première productrice mondiale de la betterave.   Notre ineffable Premier ministre  réitérera  en même temps le soutien canadien à la candidature  de Lutenblag qui souhaite présenter le Jeux Olympiques d’hiver en 2039.

Durant cette tournée internationale, après la Molvanie, il pourrait  faire des escales en Bordurie, en Syldavie, pays qu’il a déjà  visités, ainsi qu’au pays d’Oz d’où il espère ramener quelques babioles pour ses ministres.  Toute cette mise en scène est loufoque, nous pouvons en convenir.  Mais depuis que Monsieur Harper est au pouvoir le 23 janvier 2006, son gouvernement ne cesse de faire perdre la crédibilité que le Canada avait acquise depuis des décennies sur la scène internationale.

Quand ce n’est pas monsieur Harper qui se donne en spectacle, c’est son Ministre des Affaires étrangères, Monsieur John Baird, qui assure la relève.  Lui aussi aime bien parader en Ukraine.  En fin de compte, c’est toujours le Canada qui est le dindon de la farce.

Sauf que depuis plus de 8 ans, cette plaisanterie fait en sorte que ce sont les Québécois, les Ontariens et tous les autres Canadiens qui sont les benêts de cette mise en scène diplomatique.  On ne peut plus mettre ces impairs sur les ereurs du débutant, d’une verte recrue.  Ça fait près de cent mois qu’il joue dans la  ligue majeure, comme les journalistes sportifs peuvent le dire.  À tout le moins, il pourrait s’informer auprès d’un ancien Premier ministre et ancien Ministre des Affaires étrangères pour éviter des dérapages.  Monsieur Joe Clark, tout conservateur qu’il a été, demeure un diplomate respecté.

À la décharge de notre Canadian Prime minister, il est vrai que le nouveau tsar de la Russie, Vladimir 1er, se rapproche plus de la définition du mot despotique que du mot démocratique. Qu’il rêve aux frontières de la Grande Russie d’antan ou de l’ancienne Union soviétique.  Mais ce n’est pas une raison pour monsieur Harper de se donner en spectacle.  Il y a des tribunes internationales pour traiter de ces situations explosives.  Mais il est aussi vrai, qu’il préfère un comptoir de beignets à la tribune des Nations Unies.  Rappelons que Monsieur Harper entretient un certain mépris face à l’ONU (note 1).

Rappelons-nous que la diplomatie entre les États,  c’est l’habileté, le tact dans les négociations d’une situation potentiellement explosive.

Nous pouvons reconnaître à notre Canadian Prime minister qu’il est un bon père de famille, un bon mari,  mais qu’il est aussi un piètre homme d’État : on ne peut avoir toutes les qualités nous dirons les psychologues.  Sauf que depuis janvier 2006, il est le PREMIER MINISTRE DU CANADA et à ce titre, il devrait refléter les positions traditionnelles du pays. 

Par contre, il est plus dans le moule “me, myself and I“. Il préfère plutôt le style “va-t-en guerre“ que le  style conciliateur développé par les gouvernements du Canada depuis le milieu du 20e siècle.  Lester B. Pearson, Pierre Elliot-Trudeau, Brian Mulroney, Joe Clark, Jean Chrétien, entre autres,  nous avaient habitué à plus de retenue.  (B.F. – Le 17 mars 2014)

Note 1 : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/vincent-marissal/200909/24/01-904953-de-lester-b-pearson-a-tim-horton.php