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Analyse sociale et politique
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17.01.2011 - Le problème n’est pas économique, il est politique : ici comme ailleurs

À l’exception des nantis qui sont plus nombreux aujourd’hui, tous les “Monsieur et Madame Tout-le-monde“ de cette terre ont subi et subissent les effets de la crise économique des dernières années. Tous les pays se sont empressés à allonger des centaines, des milliers de milliards de dollars pour rescaper le système économique qui a été la cause et le responsable de cette crise.   Tous ces sauvetages et l’austérité qui en découle, pour Joseph Stiglitz, gagnant du prix Nobel d’économie en 2001, ne font que retarder la solution du problème. “Les économies seront plus faibles, les rentrées fiscales aussi, et le chômage sera plus élevé… C’est intenable, sauf à prier que quelque chose arrive qui modifie la situation, une guerre par exemple ! En fait, par les tensions qu’elle génère, l’austérité est une menace pour les démocraties“. Et même pour les dictatures, il s’agit de voir ce qui se passe ailleurs.

Pour lui, il fallait investir “dans l’éducation, les infrastructures, la santé et les technologies. Ils [les États] obtiendront un retour sur investissement supérieur au coût de la dette“, et même emprunter si nécessaire.

Les interventions des États ont protégé les nantis et les empires financiers plutôt que les simples citoyens, conclut-il : “C’est un renoncement à taxer les plus riches, le 1 % des citoyens qui concentrent 40 % de la richesse. Je crois qu’un moment politique important,  favorable à une réforme de fond du capitalisme, a été raté“.

Rappelons que Joseph Stiglitz a été responsable des conseillers économiques de l’administration Clinton.  Il a été vice-président et économiste en chef à la Banque mondiale. Il a été très critique  envers George W. Bush qu’il considérait comme une menace et un danger pour l’économie mondiale. 

Pour avoir vécu le système de l’intérieur, ses critiques envers la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et les politiques de George W.  lui confèrent une crédibilité certaine.  Mais pour les tenants du système capitaliste actuel, Joseph Stiglitz est devenu un altermondialiste ou pour ne pas dire “un méchant socialiste“.  Ses luttes pour combattre les inégalités et pour un renouvellement du système financier actuel le rendent suspect pour les adeptes de la bien-pensance de droite : il ne fait plus partie du cercle très restreint de la  finance mondiale et globale. 

Et Joseph Stiglitz et Warren Buffet, entre autres, réclament de la part des décideurs politiques un réel virage dans les solutions qu’ils apportent à la présente crise financière.  Ils dénoncent la cupidité d’un système économique et politique qui a toujours rejeté les principes d’égalité, d’équité ;  rejet  qui remet en causes les fondements même de la démocratie où un homme égale un vote. Là aussi, il faut voir  ce qui se passe ailleurs.  Mais pour Stiglitz “Hélas, aujourd’hui les banques disposent de 51 % des votes, car elles achètent les gouvernements. Les États-Unis et l’Europe retrouveront leur place dans le monde lorsqu’ils auront non seulement rebâti leurs économies, mais aussi renoué avec leurs idées fondatrices“.

Mais lorsque l’on constate la façon de faire de nos décideurs politiques actuels au Canada et au Québec  face à la crise qui perdure, il faudra beaucoup d’autres Stiglitz, Buffet pour faire entendre raison aux ténors, aux chantres du système capitaliste qui s’égosillent à convaincre les “Monsieur et Madame Tout-le-Monde“ des bienfaits de leurs décisions. 

Payer plus pour avoir moins, est  la nouvelle devise du “Harperland“ et du “Charestkistan“ où les nantis paient moins et les pauvres paient plus. (B.F. – Le 17 janvier 2011/La Voix de l’Est – Le 18 janvier 2011))