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Analyse sociale et politique
   Accueil            16.12.2012 - En attendant la prochaine...

En attendant la prochaine…

Ce n’est pas l’arme à feu qui tue… c’est la personne qui la manie, tout comme une bombe atomique n’est pas dangereuse, c’est celui qui appuie sur le bouton qui est dangereux. C’est la logique de la National Rifle Association (NRA), puissant lobby américain qui défend la possession des armes à feu chez nos voisins du Sud.  Puissant lobby américain qui a une très,  très grande influence au Canada surtout dans le royaume de notre Premier ministre originaire de l’Alberta.  Nous pouvons facilement présumer qu’il y a eu une fête chez les adeptes de la NRA lors de l’abolition du registre des armes à feu au Canada.

Énumérer les tueries aux USA et au Canada sont trop nombreuses pour en faire la liste.  De Columbine  au Connecticut en passant par Polytechnique et Virginia Tech, ces drames humains n’ébranlent en rien l’absurde logique des défenseurs du deuxième amendements de la Constitution des États-Unis qui garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes : c'est un droit inaliénable comme la liberté de religion, d'expression. Et pour souligner ce triste anniversaire, le 14 décembre 2012, 29 personnes y ont laissé leur peau. La fin du monde, pour eux, n’était pas le 21 décembre.

Les armes à feu aux États-Unis auront fait autant de victimes que la guerre civile en Syrie  en 2012.   C’est vous dire.

À part quelques larmes versées suite à ce nouveau drame, nous pouvons présumer que les décideurs politiques, surtout républicains, ne feront RIEN, et moins que RIEN pour enrayer cette violence gratuite.  Barack Obama, le maire de New-York, Michael Bloomberg, peuvent bien déchirer leur chemise; Stephen Harper peut bien sympathiser avec les familles endeuillées, rien et moins que rien ne sera fait en attendant la prochaine tuerie.   De toute façon au Canada on est déjà revenu au temps des “cowboys“. Pour ce qui est de nos voisins, combien de présidents se sont cassés les dents simplement en souhaitant vouloir modifier une Constitution qui date de la Révolution américaine au 18e siècle?

Je veux bien croire que le deuxième amendement garantit la possession d’une arme à feu, mais qu’elle est la justification de posséder un fusil du genre AK-47, qui plus est qui est en vente libre. Près de 300 millions d’armes à feu seraient en circulation chez nos voisins du Sud : la population totale tourne autour de 320 millions.  Il s’en vend plus de 4 millions par année.  C’est à croire que tous les bébés en possèdent une.

Cette culture est bien ancrée dans leur mentalité et leur quotidien. S’imaginer que la tuerie du Connecticut changera les choses, c’est croire au Père Noël. 

Ces folies meurtrières ne sont pas seulement l’apanage de nos voisins, j’en conviens, mais reconnaissons qu’ils sont passés maîtres à les propager.  Films, chansons, jeux vidéo, séries télévisées font en sorte de les entretenir et de les développer.  Combien de meurtres, de fusillades, d’attentats sont perpétrés aux heures de grande écoute sur tous les réseaux américains de télévision?  Il ne faut pas se surprendre des résultats.

Les armes à feu sont responsables d'environ 30,000 décès chaque année aux États-Unis. Ce sont les villes d’Alma, de Pointe-Claire et de Sainte-Julie au Québec qui sont disparues de la carte depuis trois ans. La National Rifle Association (NRA) affirme que le risque qu'un enfant meure d'un coup de feu  est d'un sur un million : leurs statistiques viennent d’en prendre un coup.

Nous sommes loin de la Guerre des boutons d’Yves Robert ou de la Guerre des tuques d’André Mélançon, sans oublier nos enfantins “pow-pow, t’es mort ou joue pus“.  (B.F. – Le 16 décembre 2012/La Voix de l'Est - Le 17 décembre 2012)