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16.10.2022 - Bush, Dumont, Sharon et les autres

L'actualité et nos personnages politiques nous fournissent présentement des pièces d'anthologie : des événements et des prises de position qui ont le mérite d'alimenter notre suspicion face à la manière dont notre gros village est gouverné.  Faisons rapidement un tour d'horizon.

Bush II

À chaque fois que notre ami (sic) Bush II voit une photo de Sadam Hussein, il fait une crise d'urticaire.  Le président irakien, comme dans le temps du "Far-West", trône en tête de liste des personnes les plus recherchées : il dépasse même Ben Laden.  Tous les maux de la planète passent par Baghdad.  Le pdg des USA est prêt à lancer une croisade universelle pour abattre ce régime.  Par contre, nous devons nous souvenir que c'est Reagan, alors cowboy-président des Etats-Unis, et Bush Premier, du temps qu'il était le grand patron du C.I.A. qui armèrent notre ami Sadam pour combattre les méchants ayatollahs d'Iran.  Atre temps, autres mœurs : il faut maintenant abattre le régime irakien.  Il faut instaurer un régime démocratique à Baghdad, régime qui respectera les résolutions des Nations-Unies et qui assurera la main-mise des américains sur le pétrole irakien.  Car c'est beaucoup plus le pétrole irakien dont veut s'approprier Bush II que d'obtenir la tête de Sadam.  Et notre premier ministre canadien, dans un moment de lucidité, qui mettait en garde les USA contre leur aveuglement guerrier s'inscrit maintenant dans ce qu'il connaît le mieux : la valse hésitation... peut-être bien que oui, peut-être bien que non.  Et sous peu, nous enverrons notre puissante armée défendre les intérêts américains.

Dumont Premier

Plus près de nous, un autre expert en valse hésitation nous démontre ses habilités et dans ce domaine, il a eu un professeur hors-pair.  Mario Dumont émule de Robert Bourassa nous gratifie d'un spectacle passé date.  Son taux unique d'imposition à 20%, ce n'est plus un objectif en soi, mais une tendance à évaluer alors que dans le programme c'est écrit noir sur blanc que cet objectif sera appliqué le lendemain de la prise du pouvoir par l'A.D.Q.  La même chose pour son bon scolaire; vous avez mal compris qu'il nous fait dire : nous appliquerons cette géniale idée de Bush II sous la forme d'un projet pilote à la Commission scolaire de St-Honoré-des-Pompons, après nous verrons.  Le système de santé à deux vitesses, là aussi nous n'avons rien compris : c'est un système de santé en deuxième vitesse que nous appliquerons, c'est toute la nuance.  Le déséquilibre fiscal entre les provinces et Ottawa, ça n'existe plus depuis sa visite à Toronto.  C'est la même chose pour son manteau souverainiste, il l'a sûrement perdu sur la route 401 entre Baie-Comeau et Toronto.  En plus d'avoir comme émule Robert Bourassa, se peut-il que le chef de l'A.D.Q. soit atteint du syndrome "Stockwell Day" ?  Vous vous souvenez de ce chef de l'Alliance canadienne (Reform Party), populaire comme c'est pas possible avant les élections fédérales qui disparut aussi vite le lendemain de son naufrage électoral.  Une similitude entre les deux personnages : ils voguent allégrement vers l'extrême-droite de l'idéologie politique.  À suivre.

L'inénarrable Sharon

Notre ami Bush II ne peut plus supporter Sadam, ça nous le savons.  Mais il y a pire encore, et c'est possible.  Quitte à passer pour un antisémite et anti-tout, le bonnet d'âne universel revient à Ariel Sharon, le premier ministre israélien.  Lui c'est Arafat qu'il ne peut "blairer".  Sharon joue au cowboy au Proche-Orient : on a le "Far-West" que l'on peut.  Il déchire sa chemise parce que Sadam ne veut pas se plier aux résolutions des Nations-Unies, mais lui, il ne fait aucun cas des centaines de résolutions passées depuis 1967 : oui, oui, oui depuis 1967, par ces mêmes Nations-Unies condamnant sa guerre ethnique contre les palestiniens.  Et notre premier ministre canadien qui est atteint d'une amnésie totale face à ce conflit, c'est vous dire.

Et les autres...

Vous avez sûrement remarqué le renouveau qui se produit depuis peu en politique québécoise.  Le Parti libéral de Jean Charest a ressuscité Claude Ryan pour doter ce parti d'une certaine idéologie; l'A.D.Q. a ressuscité Claude Castonguay pour  rendre plus crédible son programme en santé en deuxième vitesse et le Parti québécois a ramené Guy Chevrette pour nous expliquer l'entente avec les autochtones.  Nous sommes vraiment entre de bonnes mains.  Il ne reste plus qu'à ressusciter Karl Marx, au moins lui, il avait du contenu.

Je vous le dis et le répète, vivement JoJo Savard comme premier ministre, au moins nous savons que c'est loufoque.  (B.F. - Correctement incorrect - La Nouvelle Revue - Le 16 octobre 2002)