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Analyse sociale et politique
   Accueil            16.09.2011 - De l'Afghanistan au Zimbabwe

16.09.2011 - De l’Afghanistan au Zimbabwe

“Le fossé entre riches et pauvres s'est creusé dans les pays les plus riches… L'écart de revenu entre les riches et les pauvres augmente plus rapidement au Canada qu'aux États-Unis… Le Canada a connu  la quatrième plus forte hausse dans l’inégalité des revenus sur les 215 pays évalués“.  Telles sont les conclusions contenues dans le rapport déposé par le “Conference Board of Canada“, il y a quelques jours.  Et on ne peut pas accuser cet organisme d’être à la solde d’un quelconque département de sociologie marxiste-léniniste d’une quelconque université.  Le “Conference Board“ est un organisme canadien sans but lucratif, qui veut développer le leadership en acquérant et en encourageant une meilleure compréhension des tendances économiques, des grands dossiers d’intérêt public et de la performance des organisations.

Comme le démontre le rapport de cet auguste organisme, le plus dramatique est que le écarts se creusent au fil des années et les récentes décisions prises par la plupart des gouvernements, surtout ceux qui se vantent de vouloir corriger les dérapages du système capitaliste, accélèrent l’appauvrissement des populations : ceux qui paient  taxes et impôts, la classe moyenne quoi.   

Les grands ténors de l’économie et leurs dévoués perroquets pourront persifler que les écarts sont moins grands au Canada qu’au Zimbabwe, on s’en doute, là n’est pas la question.  Depuis 20 ans, les riches sont plus riches et les pauvres sont plus pauvres au Canada.  En bout de ligne, les crises financières et économiques que nous subissons depuis les dernières décennies auront toutes été à l’avantage des mieux nantis de notre société. Rien de nouveau sous le soleil. 

Pour nous faire avaler ces couleuvres, on culpabilise les plus démunis, les salariés, les retraités, les assistés sociaux d’être trop exigeants envers la société.  Il n’y a qu’un pas et on les accuserait d’être des profiteurs et des tricheurs.  Rien de nouveau sous le soleil.  Par contre, selon le “Conference Board“, les revenus sont de plus en plus concentrés au sein d’un groupe très restreint de personnes. C’est peut-être là que l’on  retrouverait d’éventuels  profiteurs et tricheurs.  Ce n’est pas notre actuel gouvernement qui osera aller fouiller dans ces portefeuilles.  Il est plus facile de “démoniser“ ceux et celles qui  paient pour les crises provoquées par les mieux nantis. 

Combien  de milliards ont été consentis aux institutions bancaires qui ont trafiqué leurs comptes ?   Combien de milliards sont donnés aux pétrolières en subventions de toutes sortes pour qu’ils jouent au yo-yo avec les prix à la pompe ?  Combien de milliards sont donnés à certaines entreprises pour délocaliser les emplois vers des cieux plus propices pour maximiser les profits des actionnaires ?  Combien de milliards sont  consentis sous forme de parachutes dorés ou d’avantages fiscaux aux plus fortunés ? 

Nos ténors et nos perroquets de tantôt tergiversent en affirmant que ces menus privilèges consentis aux mieux nantis sont pour notre plus grand bien. Durant ce temps, certains pays sont en faillite, d’autres se saignent à blanc pour éponger les crises provoqués par ceux qui veulent notre bien.  Peut-on faire confiance à ceux qui nous ont entraîné dans le pétrin pour nous en sortir ?

L’indignation n’ayant pas encore atteint “le jadisss plus meilleur du monde“,   incrédules, nous continuons à “tripper“ sur les Méchants Mardis et Occupation Double en attendant la prochaine crise.  Ainsi va la vie.   (B.F. – Le 16 septembre 2011/La Voix de  l’Est – Le 17 septembre 2011)