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Analyse sociale et politique
   Accueil            16.06.2013 - Une marche lente et irréversible

Une marche lente et irréversible

Le bon docteur Couillard veut laver plus blanc que blanc.  Ce bon docteur a été membre d’un gouvernement qui a toléré la collusion et la corruption.  Ce bon docteur a abandonné ce même gouvernement pour arrondir ses fins de mois.  Durant de longues années, il a été un témoin important des reculs que ce gouvernement a imposés au développement du Québec. 

Aujourd’hui, il veut imposer un tournant à ce parti,  une nouvelle éthique susurre-t-il.  Comme Paul de Tarse, il s’est reconverti.  Il a eu la révélation sur un chemin quelconque. 

Mais plusieurs aspects de sa vie politique demeurent mal expliqués. Il aurait filtré avec la souveraineté du Québec.  Il a décrété une réforme improvisée au secteur public de la santé et des services sociaux pour aller, par la suite, s’épivarder dans le secteur privé.  Il a été un acteur important d’un triste gouvernement. 

Aujourd’hui, il se voit comme le nouveau Messie. Remarquons que le Parti Libéral du Québec est habitué avec les “sauveurs“. Il est à des années lumières du renouvellement que proposait Jean Lesage en 1960: il veut faire du neuf avec du vieux 

Pour démontrer son engagement, il nous ressort le cliché que le Québec est notre patrie et le Canada notre pays.  Si pour lui, la souveraineté est un projet d’un autre siècle, comment peut-on appeler sa fixation fédéraliste datant du 19e siècle ? 

Le bon docteur est un brillant neurochirurgien, mais il a dû faire l’école buissonnière durant ses cours d’histoire.  Je lui rappellerais un extrait du discours prononcé par un autre Premier ministre libéral, le 4 avril 1893 au Parc Sohmer à Montréal.  Honoré Mercier déclarait alors :  Quant à la confédération, personne ne peut nier, car c'est de l'histoire, qu'elle nous fut imposée sous la forme fédérative, mais qu'elle n'était en réalité, dans l'esprit de ses auteurs et dans la centralisation qui y domine, que la véritable union législative recommandée par lord Durham comme propre à faire disparaître notre race. Au lieu d'être souveraines comme les États sont souverains dans la république voisine, nos provinces ont cédé la souveraineté qu'elles possédaient avant I867, pour ne garder que la dépendance vis-à-vis du pouvoir central.

Dans ce sens historique, il est vrai que la souveraineté du Québec est un projet d’un autre siècle.  Cette lutte pour l’indépendance remonte à la Conquête de 1760.  Rappelons lui aussi que les Canadiens Français sont devenus des Québécois grâce à Jean Lesage et que Robert Bourassa déclarait en juin 1990 : Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement.  Nous refaire le coup des “Rocky Mountains“ en 2013, c’est du folklore. 

Il est vrai que des gouvernements du Parti Libéral du Québec furent, à travers certaines périodes de plus en plus lointaines, des  moteurs  de développement pour un Québec moderne, l’Histoire le reconnaît. Mais le dernier gouvernement libéral a plutôt été synonyme de marche arrière et le bon docteur était un acteur important de ce gouvernement.  Que faisait-il à cette époque ?

La souveraineté du Québec est une marche lente.  Rappelons-nous que la Norvège a été envahie par la Suède et que les Norvégiens ont mis plus ou moins 100 ans pour se donner un pays.  La Norvège compte à peine 5 millions d’habitants et est  considérée comme un des pays les plus avancés socialement.

Que la souveraineté du Québec soit un projet d’un autre siècle, je veux bien.  Nos petits-enfants auront un pays bien à eux vers 2060 ; trois cents ans après la Conquête.  (B.F. – Le 16 juin 2013/La Voix de l'Est - Le 18 juin 2013)