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Analyse sociale et politique
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16.05.2009 - Les bouffons au pouvoir

Le bouffon du Moyen-Âge est l’ancêtre du joker des temps modernes.  L’ancêtre des ancêtres, Momos dans la mythologie grecque, était même considéré comme une divinité, divinité mineure peut-être mais tout de même une divinité. Plus tard, Triboulet et Brusquet sévirent dans la cour des rois de France au 15e et16e siècle où ils eurent une influence démesurée : ils sont partout, ils bougent beaucoup, ils parlent de tout, ils rient de tous ceux et celles qui gravitent autour du pouvoir royal.  Ils ont un accès privilégié à l’oreille du roi, de là leur pouvoir.  Beaucoup d’argent leur fut donnés pour acheter leur silence et leur influence. 

À lire les journaux, à écouter la radio, à regarder la télévision, nous serions portés à croire que les bouffons du roi de jadis se sont recyclés dans l’arène politique des temps modernes, ici et ailleurs.  Plusieurs d’entre eux tentent de nous convaincre de leur sérieux, de leur probité, de leur rigueur, de leur vigilance, de leur transparence et que sais-je ? 

Mais restons ici.  Nous avons un premier ministre, il n’y a pas si longtemps, qui nous jurait qu’il “était prêt“ et nous cherchons encore le quoi, le comment, le quand. Six ans et trois mandats plus tard, nous sommes en attente de cette promptitude. Mais il cause, il cause.

Nous avons un ancien premier ministre qui nous gratifient d’un scénario digne d’un “soap“  à  nous faire pleurer que les enveloppes brunes qu’il a reçu, ce n’est pas pour ce que l’on pense.  Mais il nous émotionne.

Nous avons un premier ministre, pas le même que tantôt, qui nous promettait rigueur administrative, transparence, respect du parlement, probité des structures et qui depuis joue au cow-boy dans les dossiers de la culture, les nominations partisanes, l’environnement, la sécurité publique et qui a fait perdre une grande crédibilité à son pays sur le plan international. Mais il SE croit.

Nous avons un maire d’une grande ville qui est le témoin d’une cascade d’actions, à tout le moins  douteuses et qui nous certifie qu’il n’a rien vu et rien entendu mais il enquête.

Ces quatre personnes, entre autres, sont des pierres angulaires de notre système politique.  Ils sont mandataires de notre mieux être, de notre bas de laine, de notre rayonnement, de notre réputation : ils sont nos représentants.  Force est de reconnaître que notre moyenne au bâton est en chute libre.

D’année en année, dans différents sondages, nos représentants politiques se disputent  avec les vendeurs d’autos usagées la dernière place dans le  thermomètre de la confiance que la population a envers certaines professions.  La situation actuelle  fait en sorte que les vendeurs d’autos usagées n’ont pas à craindre d’être relégués en dernière position. 

Pour remédier à cette perte de confiance chronique, nos politiciens à tous les niveaux : fédéral, provincial, municipal ont trouvé LA piste pour se refaire une virginité.  Depuis peu, ils nous racolent avec le thème de l’éthique.  Ils veulent décrire et décréter un ensemble de principes de bonne conduite et comment ils agiront mieux dans l’avenir.  Nobles intentions ?

Aussi faut-il admettre qu’un débat sur l’éthique ou la moralité apparaît toujours lorsque “le diable est aux vaches“ et que le “bordel est pris dans la cabane“.  C’est nous prendre pour des valises.  Vivement une nouvelle génération politicienne qui appliquera le GBS (gros bon sens) : transparence, écoute, équité.  Simple et plus compliqué que l’on pense. (B.F. – Le 16 mai 2009/La Voix de l’Est – Le 27 mai 2009)