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Analyse sociale et politique
   Accueil            16.04.2014 - La bien-pensance: à droite toute

La bien-pensance : à droite toute

Les Canadiens dans leur ensemble le sont depuis 2006 et les Québécois le sont devenus le soir du 7 avril dernier. Ceux et celles qui pensaient que les Canadiens et, plus particulièrement, les Québécois avaient un quelconque penchant pour une certaine idéologie de gauche réalisent maintenant que cette population aime bien se faire dire ce qui est bon ou mauvais,  quoi faire, quoi penser, comment agir. Les résultats des dernières élections à Ottawa et à Québec confirment le penchant à droite de la population.  Il ne faut pas être obnibulé par la vague orange de mai 2011.  C’était simplement une erreur de parcours, un show de boucane pour la galerie : il était sympathique ce bon Jack avec sa canne.

Messieurs Harper et Couillard sont les portes-étandards de cette nouvelle bien-pensance. Et ils ont obtenu le mandat de rééduquer une population qui avait une malencontreuse tendance à s’épivarder dans les méandres d’une gauche idéaliste et un tant soit peu sociale-démocrate. 

Depuis 2006 à Ottawa et depuis le 7 avril 2014 au Québec, les égarés que nous sommes ont droit à des leçons de bien-pensance.   Ainsi le tandem Harper-Couillard veillera à fomer notre jugement, notre raisonnement où le conformisme, la moralité, les valeurs  de ce tandem deviendront les nouvelles règles : la population aura droit aux leçons de politiquement correct et à la langue de bois  Ça sera le règne de la pensée unique et pour y arriver, ils ne reculeront pas pour utiliser un certain terrorisme intellectuel.  D’ailleurs, leurs campagnes électorales auront permis à la population de constater leurs habilités à utiliser des mots, des idées pour apeurer des électeurs.  Le Canada, le Québec sont devenus des royaumes de la copie conforme où l’ordre établi, la dictature des marchés et le pouvoir financier continuent à dicter la façon d’être et de vivre. 

Au diable le développement social ; bienvenue au plus fort la poche.  Le système n’est plus au service de la population, c’est maintenant et toujours  la population qui est au service du système. Rien de bien nouveau sous le soleil d’ici et d’ailleurs  C’est Einstein qui affirmait que la population avait le gouvernement qu’elle méritait.  Avec le bon docteur Couillard, c’est la nouvelle réalité québécoise jusqu’en octobre 2018.  Espérons que les Canadiens se donneront un espoir en indiquant la sortie à monsieur Harper en octobre 2015 pour s’éviter un nouveau désastre.

Si le Seigneur, le Grand Manitou ou Allah nous prêtent vie jusque là, nous verrons si les Canadiens auront un sursaut de lucidité.  Neuf ans de règne conservateur auront-ils démontré aux Canadiens qu’ils méritent mieux qu’une simple copie idéologique de George W. Bush ?  Les Américains sont passées à autre chose.  Les Français se sont départis de Sarkozy. Il n’y que que les Italiens qui n’ont pas coupé tous les liens avec Berlusconi. Mais rappellons qu’ils sont les maîtres de la commedia dell’arte : Berlu est leur Pantalone des temps modernes.  Les Canadiens auront-ils la volonté de retourner leur ineffable Stephen dans ses plaines du Far-West albertain pour qu’il puisse jouer au cowboy ? 

Thomas Mulcair ou Justin Trudeau, selon le choix des électeurs,  auront des travaux de reconstruction titanesque à faire tant à l’intérieur du pays que sur la scène internationale : rénover après un sinistre est toujours plus difficile.  Pourront-ils redorer le blason canadien ?  À la condition que les électeurs canadiens  fassent un tel choix, ce qui n’est pas assuré à ce jour. 

Les Canadiens et les Québécois se sont peinturés dans le coin droit.  Ils ont pris l’habitude d’un relatif confort.  Ils se font dire qu’ils doivent être heureux de vivre dans un pays où l’économie roule mieux qu’ailleurs.  Pansus, ventrus, oseront-ils, mettre en danger cette relative sécurité ? Oseront-ils s’affranchir d’une idéologie qui les rapetissent ? Pourront-ils redevenir le pays envié par beaucoup d’autres pays ? Redeviendrons-nous le pays des Pearsons, Pierre Elliot-Trudeau et Brian Mulroney ?

Pour y arriver, la population devra, en premier lieu, indiquer la sortie à l’actuel locataire du 24 Sussex Drive à Ottawa et lui annoncer que la récréation est terminée.  Les électeurs auront-ils ce courage un certain 15 octobre 2015 ou demeureront-ils les spectateurs du désolant spectacle à l’affiche depuis le 6 février 2006 ?  Tempore cognoscemus !!! (note 1)  (B.F. – Le 16 avril 2014)

Note 1 : Qui vivra verra