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Analyse sociale et politique
   Accueil            16.04.2011 - ABC

16.04.2011 - ABC

Ce sigle peut servir à identifier“l’Americain Broadcasting Company“ le grand réseau de télévision des États-Unis.  Il peut aussi identifier l’Association du Barreau canadien ou l’Association des Banquiers canadiens.  Mais dans l’actualité que nous vivons présentement, il veut surtout dire “Anything but Conservatives“.  Expression anglaise dont la traduction française ne donne pas le même punch.  Nous pouvons la traduire par N’importe quoi d’autre que Conservateur ou Tous sauf Conservateur.

Cette expression qui a vu le jour,  il y a quelques années, au Canada anglais est devenue au fil des élections fédérales un mouvement qui a pour objectif de faire barrage au Parti conservateur de Stephen Harper pour l’obtention du pouvoir et surtout pour l’empêcher d’avoir un gouvernement majoritaire.  Initialement inspiré par Danny Williams, l’ancien premier ministre de Terre-Neuve,  lui-même ancien chef du Parti progressiste-conservateur de Terre-Neuve et du Labrador.  En 2008, Monsieur Williams suite à une chicane avec Stephen Harper, à propos des paiements de péréquation et des redevances sur l’exploitation pétrolière au large de sa province,  avait ordonné de retirer tous les drapeaux du Canada sur les édifices gouvernementaux de sa province.  En plus,  pour marquer le coup il avait lancé, avec succès,  le mouvement “Anything but Conservatives“.  Monsieur Williams a démissionné de son poste il y a quelques mois, mais son mouvement reprend du service pour la présente campagne électorale.

En 2011, on ne parle plus des redevances pétrolières et de la péréquation, mais le mouvement veut surtout attirer l’attention de la population canadienne sur la menace que représenterait un gouvernement Harper majoritaire pour la démocratie canadienne en tenant compte des nombreux abus de pouvoir, des demi-vérités et des attaques contre les institutions démocratiques menés par les gouvernements minoritaires  du même Monsieur Harper.

Le passé étant garant de l’avenir; il est facile d’imaginer ce  qu’il pourrait faire avec un gouvernement majoritaire. Pour le mouvement“Anything but conservatives “, les tendances autoritaires démontrées depuis 2006 par les conservateurs de Stephen Harper ne feront que croître plus fortement dans le cas où ils obtiendraient une majorité à la Chambre des Communes.  Pour le mouvement, il faut élever le discours politique au-dessus de la mesquinerie utilisée par les conservateurs depuis cinq ans : pour eux un gouvernement Harper nous conduit directement à l’américanisation du Canada style Sarah Palin ou George W. et  à l’emprise d’ultra-religieux dans le devenir des espaces démocratiques canadiens. 

En même temps où la population de certains pays se réveillent et se battent pour améliorer leurs régimes parlementaires, le Canada sombrerait dans les méandres des valeurs des années 50 : 1850 faut-il souligner. 

Le 2 mai 2011 marquera un tournant.  Ou bien nous irons à droite, à droite tout et droit devant ou nous reconstruirons les assises démocratiques qui faisaient la fierté et la renommée du Canada, il n’y a pas si longtemps et qui ont été dénaturées par les gouvernements minoritaires de Monsieur Harper.

Les dictionnaires nous rappellent qu’un gouvernement minoritaire est, en régime parlementaire, un gouvernement qui ne représente pas une majorité absolue, c'est-à-dire que les sièges de tous les partis d'opposition réunis sont plus nombreux que ceux du parti formant le gouvernement. Et qu’un gouvernement est majoritaire lorsque le parti au pouvoir jouit d'une majorité absolue de sièges au parlement et qu’il impose ses volontés.

Et comme le rapporte Pierre Foglia dans sa chronique du 16 avril 2011, dans le quotidien La Presse, “… le passé a été misérable, le présent est atroce, heureusement qu’on n’a pas d’avenir“.  À droite, à droite tout et droit dans le mur.  (B.F. – Le 16 avril 2011/La Voix de l’Est – Le 23 avril 2011)